"L'ombre de l'oiseau lyre" de Andrés Ibanez *****

Publié le par clochette



Tous les 20 livres , on tombe sur un petit bijou, un livre surprenant, passionnant, bourré de talent, original, qu'on déguste à la fois vite et lentement.

Celui là je suis tombée dessus par le plus grand des hasards car je n'en avais jamais entendu parler.  Mêlant merveilleux, fantastique, science fiction, aventure, il met en scène des personnages tous plus extravagants et décalés les uns que les autres.

Un livre délirant, qui vous fait voyager sans avoir besoin de prendre l'avion, c'est-y pas génial ? Dans des contrées imaginaires et avec des personnages sortis de l'imagination foisonnante de ce talenteux auteur espagnol que je viens de découvrir.

Mais revenons à ce récit qui m'a véritablement épatée :

Monsieur Aguanopulos a un métier pour le moins déconcertant : il est gérant de la lune. Mais ne vous y trompez pas : la lune n'est pas dans ce roman merveilleux cet astre sur lequel Armstrong a mis le pied dans les années 60 mais "le nom amical et plaisant qu'on a coutume de donner, dans la cité de Floria, à ce qu'ailleurs on appelle "folie" "aliénation" ou, plus techniquement encore, "maladie mentale". C'est donc un médecin des âmes et il est à la tête d'une des cliniques de santé mentale les plus importantes de la ville. Pour se déplacer, il utilise un vélocipède. Sa fille préférée Ana Sofia (il en a 5) a fugué pour travailler dans une radio plus ou moins clandestine au grand désespoir de son père, éminent membre du gouvernement, qui ne peut se permettre une telle chose. C'est donc avec sa famille et en cachette qu'il l'écoute animer l'émission  Radio psyché, occasion pour lui de ne pas perdre le contact avec elle dans cette émission dont le but est de renverser l'ordre établi, en inondant la ville de Floria d'idées neuves.

Un de ses patients est un des personnages principal de ce roman, un jeune garçon singulier prénommé Adenar, qui dispose à la fois d'une mémoire formidable tout en souffrant  d'amnésie. Au début de l'histoire, il est âgé de 16 ans bien que "Il n'y avait pas moyen de savoir  s'il avait exactement cet âge car, en Amaule, personne ne prend la peine de compter le temps, ni les heures, ni les jours, ni les années. Disons qu'Adenar se sentait comme s'il avait 16 ans". Il vit dans le palais de Yöl, où son père, Léopold,  est un roi de la mer. Adenar souffre d'une grave maladie, une maladie dégénérative  très dangereuse qui a pour conséquence l'ennui. Sa vie est rythmée par ses discussions avec sonc  chat Marasquin. Ses deux meilleurs amis Erable et Marigot ne le reconnaissent plus. "Etait ce bien leur ami Adénar, ce garçon craintif et plein d'idées noires ?" De plus Adenar ne ressent plus d'amour pour son amie Malie. Il est bien mal en point et semble souffrir de ce que notre siècle moderne appelle la dépression. Malie s'inquiète d'ailleurs pour lui et pense qu'il a été piqué par un insecte. Et elle confie au roi qu'elle pense qu'il est en train de devenir fou, il tient en effet des propos étranges  "Il m'a raconté qu'il y avait des créatures qui rentraient dans ses salons et mettaient le désordre dans ses coffres d'images, des ombres étranges qui changeaient les statues de place, qui effaçaient les symboles et les couleurs de portes... Il m'a dit qu'il les avait vus faire plus d'une fois, et que c'étaient des créatures horribles, dont le seul propos était de détruire sa mémoire, de faire en sorte qu'il s'oublie lui même".

Le prince a avec lui un objet qu'il ne quitte pas : un livre que lui a offert sa mère, morte. Mais il ne sait pas si ce qui est le plus important dans ce livre constitue le texte ou les images.

Le mage Sansnom est chargé par le roi de s'occuper d'Adenar. Il va essayer de discuter avec lui pour comprendre ce qui lui arrive. Il pense qu'Adenar a perdu son âme et lui recommande donc de partir à sa recherche.  Mais ce n'est pas sur un tapis volant comme il a l'habitude de le faire qu'il devra se déplacer mais sur un cheval.  Et Adenar quitte ainsi sa planète pour partir à la recherche de lui même...

Magie, réflexion pleine d'allégories sur le monde qui nous entoure et dans lequel on vit : la famille, la vie, les relations parents-enfants, les enfants rebelles, les enfants tristes, l'amour, l'amitié, l'aventure. Ce livre est une pure merveille, ne passez surtout pas à côté. C'est aussi un merveilleux hommage aux absents, ceux qui nous ont quittés ou ceux que la vie a éloignés de nous,  et à la littérature de l'imaginaire.

Je ne l'avais pas fini que je commandais  un autre roman de cet auteur "Le monde selon Varick" que j'ai réussi à trouver d'occasion sur internet.

Mon plus gros coup de coeur depuis "La voleuse de livres".

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Moïse, un sourire ironique aux lèvres... 04/01/2015 11:46

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Karine:) 30/05/2009 21:32

Ce livre fait partie de mon challenge ABC... mais en 2008!  Je n'ai jamais réussi à mettre la main dessus!  Tu donnes le goût de faire à nouveau des efforts!!

liliba 28/05/2009 22:33

Impossible de ne pas courrir se le procurer après avoir lu un tel article !!! C'est noté, bien évidemment !

Sabine 26/05/2009 21:43

j'ai adoré  "la voleuse de livres"  que j'avais découvert par hasard. Si vous estimez que celui-ci est aussi bien, je vais le chercher.Merci!

Marie 26/05/2009 21:07

Wouah, ça a l'air génial !! Je ne connais pas du tout ! Merci pour la découverte !