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En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

Mai 2013
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Crée ton Blog

Bd/Manga

Lundi 21 décembre 1 21 /12 /Déc 00:05



L'Ikigami, c'est un préavis de mort qui vous annonce que vous allez mourir 24 heures plus tard.

Dans l'univers où se déroule ce manga, un jeune sur 1000 entre 18 et 24 ans est en effet abitrairement condamné à mort. Tous les enfants sont vaccinés à leur entrée à l'école et dans 0.1 % des vaccins sont introduits des nano capsules spéciales qui éclateront entre 18 et 24 ans,  provoquant ainsi la mort de ces jeunes. Mais ce n'est que 24 h avant le décès qu'ils apprennent qu'ils sont les tristes victimes de cette macabre loi. Le pays entend ainsi assurer la prospérité de la nation, en rappelant la valeur de la vie. Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, les actes de suicide et de délinquance ont d'ailleurs diminué. Quant aux  familles des décédés, elles  reçoivent de l'état une "pension de prospérité nationale".

Le problème, c'est que quand vous apprenez qu'il ne vous reste que 24 heures à vivre, vous pouvez être amené à vous venger de camarades qui vous ont martyrisés, comme le fait Yosube, qui garde encore les séquelles des sévices qu'il a subis, et qui entend bien de ce fait obtenir réparation avant de mourir. Ou alors de trouver rapidement un sens à son existence, en essayant de s'amender de certaines erreurs ou maladresses du passé.

Nous suivons Fujimoto, fonctionnaire apathique, dont le travail est de livrer ces ikigamis. Ainsi, deux à trois fois par mois il se rend chez les malheureux qui ont reçu en injection cette capsule mortelle. Il a le droit d'étudier leur dossier, sans doute pour pouvoir "amoindrir" le choc de la nouvelle, en fonction des personnes à qui il a affaire.

Oeuvre d'anticipation, ce manga est un très bon seinen. J'ai été séduite et passionnée par cette bande dessinée qui fait la part belle à la science fiction, et que j'ai trouvée de grande qualité : suspens, scénario bien ficelé, réflexion sur le sens de nos actes,  j'ai dévoré les trois premiers tomes et je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin !

C'est donc vous le voyez un gros coup de coeur  pour moi !

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Jeudi 10 décembre 4 10 /12 /Déc 00:29



J'ai emprunté cette bande dessinée en bibliothèque, attirée par le graphisme que je trouvais sympa, séduite par le titre aussi et par le format novateur (entre manga poche et bd classique), souple et facile à manipuler. Et temps qu'à faire, j'ai emprunté aussi le tome 2 "Celle que je voudrais être". Mais il me faut patienter pour mettre la main sur le tome 3 "Celle que je suis", qui n'est pas encore sorti. J'ai été emballée par ces deux premiers volumes qui m'ont replongée dans mon adolescence !

Valentine est en 3ème (mais parait avoir 17 ans) et c'est la rentrée, elle retrouve ses camarades de classe et mène sa vie au lycée entre ses copines, les cigarettes grillées en cachette de la pionne, les relations avec les garçons, les cours et les interros où on compte sur sa voisine, les premières boums. Mais Valentine comme toutes les ados se cherche, a envie de plaire et soigne son look, elle rêve la nuit  dans son lit (formidables dessins), mange en regardant la télé, sous le regard bienveillant de sa mère qui aimerait l'emmener lui acheter un nouveau manteau et s'inquiète de son bien être.

Valentine est amoureuse en secret de Félix, personne ne le sait, au lycée elle le croise et elle n'espère qu'une chose : qu'il la remarque, qu'il lui parle, qu'il l'embrasse...

J'ai eu l'impression d'être revenue 30 ans en arrière, j'ai trouvé beaucoup de moi dans cette attachante Valentine, qui vit sans le savoir des années d'insouciance, les premiers émois, le début des véritables relations humaines, les premiers questionnements aussi sur "qui suis je ? où vais je ? et surtout avec qui ?".

30 ans après, je garde beaucoup de nostalgie de cette heureuse période, et de nombreux moments oubliés me sont remontés à la surface à la lecture de cette bande dessinée.

L'auteur a créé le personnage de Valentine alors qu'elle était encore aux Beaux Arts et c'est avec bonheur qu'elle le reprend pour faire de cette fille à la jupe à carreaux une superbe histoire pleine de tendresse et d'authenticité (vous vous souvenez quand on retournait notre verre à la cantine pour voir quel âge on avait ?!), bourrée de charme, avec des graphismes en noir et blanc magnifiques.

A proposer d'urgence aux lycéennes, à mon avis succès garanti !

Ma copine de jogging Karine a elle aussi beaucoup aimé !

Je dédie cette critique à mon amie Brigitte, 45 ans aujourd'hui, avec qui j'ai partagé tant de récréations et d'amours cachés, et avec qui je partage encore toujours, 30 ans après, beaucoup de petits et grands secrets !

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Vendredi 27 novembre 5 27 /11 /Nov 00:08



Un manga qui m'a fait penser à "Death Note", une série que j'ai vraiment adorée !

Yukiteru Amano est un collégien solitaire, pas du genre à se lier, bien au contraire. Il passe la majeure partie de son temps à tenir son journal intime sur son portable. Plutôt pas banal comme activité d'autant que comme il ne fait rien de ses journées, il n'a pas grand chose à raconter, si ce n'est par exemple des choses banales comme "le conseil de classe est fini". Il se réfugie dans un monde imaginaire qu'il s'est construit avec des copains virtuels, au premier rang desquels "deux ex machina", une espèce de dieu qui a une influence sur tout, ou "murmur", une drôle de fille, qui est en quelque sorte le bras droit de Deux.

Le récit bascule quand Deux décide de lui faire don du futur. Amano découvre alors sur son portable les événements qui vont avoir lieu les jours suivants, par exemple que son prof leur prépare une interro surprise. Ce journal va ainsi lui permettre de connaître tous les détails de son avenir. Mais maintenant plus question de le perdre et encore moins de le casser, car cela le condamnerait à briser son futur donc à une mort certaine...

Yuno Gasaï, aussi brillante que jolie, qui fait l'unanimité au collège rentre alors dans sa vie, car elle aussi possède un journal qui prédit l'avenir. En fait plus exactement son journal à elle c'est le futur de Amano ! Il lui est entièrement dédié dans la mesure où, follement amoureuse de lui, elle y inscrit la destinée  de l'homme qu'elle aime ! En résumé, elle tient le destin de Amano entre ses mains. Ce qui n'est pas forcément très rassurant. En effet,  comment vont faire ces deux jeunes pour ne pas abuser de tels pouvoirs ? D'autant qu'ils ne sont pas les seuls à en être dotés... Ils sont en effet 12 à avoir été sélectionnés par Deux Ex Machina, le roi du temps et de l'espace, pour participer à un jeu pour lequel leur est fourni à chacun un chronographe, à savoir un téléphone portable dans lequel les données ont été modifiées pour pouvoir connaître l'avenir.

J'ai tout de suite été séduite par ce manga, dont on m'avait dit grand bien. J'ai aimé le fait de mettre le portable au centre du récit et l'idée d'un futur qu'on connaisse ! L'action se met super rapidement en place, ce qui rend le récit très vivant et prenant. Beaucoup de suspens aussi et de beaux portraits de personnages, dont on ne sait s'ils vont devenir des méchants ou des gentils. Bref, un manga original et captivant, à rajouter d'urgence dans votre mangathèque. Il fait un tabac chez les lycéens.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Mardi 25 août 2 25 /08 /Août 00:15

Une bande dessinée super sympa en 3 tomes enchanteurs !

Vincent habite un petit appartement en dessous de chez sa mère, dont il s'occupe. Agée de 70 ans, cette femme excentrique et possessive lui prend pas mal de temps.  Peu après la mort de son père, elle a eu une attaque et c'est lui qui s'occupe d'elle car il est fils unique. Il tient un salon de coiffure et mène une vie assez solitaire car son amie Marianne, dont on pressent qu'il ne la reverra pas, est partie à Paris. Il voit beaucoup son cousin, un type sympa mais excentrique avec qui il a été élévé, et qui a plusieurs maitresses, toutes des femmes mariées. Agé de 30 ans, il a comme il le dit lui même "une petite vie simple, triste, sans projet", jusqu'au jour où il rencontre Rosalie, une épicière chez qui il va par hasard, et dont le visage lui dit quelque chose. Alors il se met à la suivre... Il ne pense plus qu'à elle, en rêve, devient obsédé par cette femme.

Dans le second tome, la parole est donnée à Rosalie qui a remarqué qu'un homme la suit. Plus intriguée qu'effrayée, elle demande à sa nièce Aude de le suivre à son tour, car elle aimerait savoir qui il est et ce qu'il veut. Aude et Rosalie s'apprécient mais ne se connaissent pas beaucoup car leurs parents se sont brouillés avant même la naissance d'Aude et ce n'est qu'au moment de son adolescence que cette dernière prendra contact avec sa tante. Ce second tome est rythmée par la vie de la nièce et de ses copines, de son original co locataire, et de leur filature. Jusqu'au jour où Rosalie, qui boit beaucoup (trop) décide de prendre Vincent à son propre piège en forçant le destin et en provoquant une rencontre de façon fortuite, dans sa vie faite de solitude et de souffrance.

Un troisième tome en forme de dénouement, vient clore cette agréable trilogie.

Une super jolie histoire, un graphisme délicat et qui m'a charmé, des envolées oniriques, bref cette petite bd en trois tomes fut un vrai régal pour moi, je l'ai découverte grâce à Marie (décidément que ferais-je sans Marie !). Une bonne pause dans toute mes lectures  estivales où j'ai avalé pas mal de pavés !

Secrets de famille, souffrance, tristesse, solitude sont au rendez vous de ses trois volumes. Mais aussi beaucoup d'optimisme et de sentiments.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Samedi 4 juillet 6 04 /07 /Juil 00:55

Hier j'étais à la Japan Expo. Une façon de terminer l'année avec les élèves et de démarrer les vacances. Ce fut tel que je l'imaginais : grandiose, bon enfant, avec des tas de personnes déguisées et ravies de se faire prendre en photo ! Je ne m'en suis donc pas privée ! Parmi mes meilleurs souvenirs de la journée :  la rencontre d'une geisha, plus vraie que nature, l'omniprésence de Naruto et un stand de massage assis auquel je me suis volontiers prêtée. Bref un très bon moment passé en compagnie d'Hélène et d'Annick et des quelques élèves des clubs mangas de nos lycées.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Lundi 26 janvier 1 26 /01 /Jan 05:12

Après avoir découvert le roman graphique grâce au sublime Gemma Bovery, j'ai sauté sur Tamara Drewe quand je l'ai aperçu en exposItion sur les grilles de ma bibliothèque avec la mention "Sélection du festival de bande dessinée d'Angoulême", d'autant que Marie en avait fait un article élogieux sur son super site Lecture et Cie.

Je me suis plongée avec délice, en une agréable soirée d'hiver, dans ce merveilleux récit, librement inspiré d'un roman de Thomas Hardy "Loin de la foule déchainée", que je n'ai pas lu.

De quoi s'agit-il ? Nous revoilà dans la campagne, mais cette fois ci l'héroïne n'est plus Gemma Bovery mais une magnifique jeune fille, sexy à souhait, depuis qu'elle s'est fait refaire le nez. Pigiste dans une revue qui fait la part belle aux ragots, elle est volontiers allumeuse et fait tourner la tête des hommes.

Ces hommes vivent  à Stonefield, une résidence située dans une charmante bourgade anglaise, sorte de gite rural où les écrivains viennent chercher calme et refuge auprès de la très accueillante Beth, aux petits soins pour eux. A ses côtés, un mari, Nicholas, auteur à succès, avec une tête grosse comme un melon et volontiers volage, Glen un universitaire en panne d'inspiration, Andy aide jardinier, enfant du pays et employé de Beth. Tous tomberont sous le charme de Tamara.  Ajoutez à cela une rock star dont Tamara va tomber amoureuse et deux adolescentes qui gravitent autour de ce petit monde et vous aurez un coktail détonnant et une histoire savoureuse.

Que ce soit le graphisme ou le récit, tout est délicieux. S'entremêlent avec bonheur  textes, cases de bandes dessinées et illustrations en noir et blanc et en couleur. Bref c'est mon dernier gros coup de coeur bd. Un livre à ne pas louper, tant par l'originalité de sa forme que par la qualité de son intrigue.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Mercredi 10 décembre 3 10 /12 /Déc 06:45

Le boulanger du village est ravi quand il voit débarquer un couple d'étrangers dans son village. Pour lui, ce sont des clients potentiels et c'est toujours bon à prendre.

Mais ces clients ont comme un air de déjà vu...

Gemma Bovery, suite à la mort de son père, quitte Londres et achète en effet une maison en Normandie, pensant y trouver le bonheur. Malheureusement, la maison se révèle ne pas être du tout celle des ses rêves,  elle est en effet froide, humide et de nombreux travaux sont nécessaires. Elle envie les autres qui ont une situation finanicère bien plus confortable que la sienne. Pour finir, son mari Charlie, l'exaspère. Alors, comme elle s'ennuie, elle va prendre un amant. Cela vous rappelle quelque chose ?

Seule différence notable entre Charlie et Charles Bovary, Charlie est divorcé, père de deux enfants et il a fort à faire avec son ex femme Judith, qui lui rend la vie infernale. Quant à Gemma, elle pense toujours à son ancien ami Patrick qu'elle ferait mieux d'oublier car il a une nouvelle copine !

Ce récit est absolument génial. Le boulanger, fasciné et secrètement amoureux de Gemma, est le narrateur de ce récit. Librement inspiré du chef d'oeuvre de Flaubert et avec de multiples références au classique -Hervé son amant est le clone de Rodolphe-,  ce livre est en même temps d'une originalité extrême. De nombreuses caricatures émaillent l'intrigue  : la divorcée revancharde, la femme qui s'ennuie, les gens qui vous épient,  tout cela sous forme d'une bande dessinée qui n'en est pas une puisque cela se rapproche plutôt du roman graphique, mélange de  roman, de bd et d'album.

Ce livre est un petit bijou d'humour, de fantaisie, avec de nombreuses références littéraires absolument jouissives. Bref, je me suis régalée et je vous invite à en faire autant.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Dimanche 12 octobre 7 12 /10 /Oct 02:39

"La chaleur de l'explosion fit fondre la peau de ceux qui étaient dehors. Les gens habillés en noir furent plus gravement brûlés. Les gens se retrouvèrent quasiment nus, le soufffle ayant arraché leurs vêtements"


Japon - Avril 1945 -

Tome 1 

Tous les habitants du Japon vouent une haine féroce aux Américains, qui bombardent leur pays et contre qui ils sont en guerre. Seul le père de Gen, pacifiste convaincu, s'oppose à cette guerre. Considéré à ce titre comme un traite, il sera arrêté par la police et emprisonné. Mais cela vaudra aussi beaucoup d'ennuis à ses enfants, maltraités à l'école. Le chef de quartier leur mène aussi la vie dure.  Koji, le grand frère de Gen, au grand dam de son père, veut s'engager comme volontaire dans les Marines. Quant à son autre frère, Akira, en raison de son jeune âge, il a  l'opportunité de partir à la campagne pour échapper aux bombardements.

Relatant la vie quotidienne au Japon pendant la seconde guerre mondiale -les attaques aériennes, le manque de nourriture, la difficile intégration des Coréens, le travail dans les champs, les alertes, la peur-, cette bande dessinée est criante de réalisme. Elle restitue admirablement la vie quotidienne en temps de guerre. Le tome 1 se termine le 06 août 1945, juste après l'explosion atomique survenue à 8h16 provoquant une destruction totale de la ville d'Hiroshima et la mort instantanée de 700000 habitants . Comme le dit si bien Art Spiegelmann, l'auteur de "Maus", un autre chef d'oeuvre, cette bande dessinée "aborde le traumatisme de la bombe sans détour". Autobiographique à 80 %, elle revient sur l'enfance de l'auteur, ce Gen absolument adorable dont on va vite partager la tragédie. Mieux que n'importe quel reportage ou quel documentaire ce livre dit les choses et nous laisse sans voix face à cette catastrophe sans précédent.


Tome 2

Gen voit son père, sa soeur et son petit frère mourir sous ses yeux, coincés sous leur maison. Son père l'exhorte lui et sa mère à s'enfuir, ce qu'ils finissent et non sans mal par faire. La bibliothécaire de Saint Marceau m'avait prévenue :  elle n'avait pa pu aller au delà du tome 2 tellement les vignettes de cette bande dessinée sont insoutenables : les corps brûlés, les gens qui ont soif, les tas de cadavres partout, les civils anonymes victimes de la guerre, les dizaines de milliers de morts, blessés et brûlés, les radiations, les cheveux qui s'enlèvent, le manque de médicaments, les vers, les mouches, les gamins orphelins qui se regroupent entre eux et forment de véritables bandes. Un seul point positif : la naissance du bébé, la petite soeur de Gen, minuscule espoir de vie en ces temps si horribles.

Une description sans complaisance du traumatisme  vécu par le peuple japonais avec un graphisme qui dit plus que ne saurait le faire un texte et qui sert la narration.

Superbe témoignage et formidable travail de mémoire, ce tome 2 revient sur les cent jours qui ont suivi le bombardement. Gen et sa mère trouvent refuge chez Kimié, une amie de sa mère. Mais la belle mère est hostile à leur venue et  les accueille si mal qu'ils finiront par partir. Arpès avoir été traumatisés par la mort de leurs proches, Gen et sa mère se heurtent à l'incompréhenison et  à l'indifférence des habitants des villes voisines.

"Beaucoup de survivants parcoururent la région en versant des larmes de douleur"


Tome 3

Après être partis de chez son amie dont la belle mère leur rend la vie infernale, les traitant de voleurs, Gen et sa mère cherchent sans succès une chambre à louer.  Mais ils se font refouler de partout. Kyo, son amie, revient les chercher et leur propose de les loger dans la grange avoisinante. Gen trouve alors du travail qui lui permet d'avoir un peu d'argent pour acheter à manger : il s'occupe  d'un blessé couvert de pansements, rongé par les vers et dans la chambre de qui règne une insoutenable odeur.  Il va se prendre d'amitié pour cet homme victime de la guerre et de la cruauté des autres.



Tout le monde devrait lire cette bande dessinée qui comprend encore de nombreux tomes. Elle dit mieux et plus que n'importe quel discours. Elle permet de prendre conscience de l'horreur de la guerre et du traumatisme vécu par le peuple japonais suite aux deux bombes atomiques. Porté par Gen, clone de l'auteur, adorable petit garçon,  modèle de courage dans ce monde et ces visions d'horreur. L'humanité peut devenir folle, ses habitants m'étonneront toujours par leur capacité à se relever de tout.

Un grand grand livre.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Jeudi 19 juin 4 19 /06 /Juin 07:06

Le jour de la rentrée, la maîtresse fait le tour des élèves en leur demandant de se présenter et d'indiquer la profession de leurs parents. Jean attend avec angoisse son tour en se demandant ce qu'il va dire. Juste avant lui il écoute son voisin et apprend ainsi qu'il s'appelle Alain, que sa maman est infirmière et que son père peint des soldats de plomb. Quant vient son tour, il est soulagé de réussir à dire que son père est patron et sa mère secrétaire.

A la sortie de l'école, ce n'est pourtant ni son père ni sa mère qui viennent le chercher contrairement aux autres enfants mais Yvette. Cette femme habite chez eux et s'occupe de lui et de son petit frère Paul. C'est en quelque sorte une nourrice à domicile. En effet, son patron de père rentre tard bien que son travail soit proche de son domicile, mais du travail justement il en a beaucoup. Cependant une question obsède Jean : "Elle est où ma maman ?".

C'est sa voisine Jeanne, qui a deux ans de plus que lui, qui lui donnera la réponse, en lui disant que sa mère est en voyage et en lui lisant les cartes postales qu'elle lui envoie. Alors Jean la retrouve avec plaisir pour écouter les différentes escales de sa maman qui ne l'oublie jamais et lui envoie toujours un petit mot. Mais Jean n'est tout de même pas complètement naïf et il ne peut s'empêcher de se poser beaucoup de questions d'autant que  "Les souvenirs de ma maman ont quitté ma mémoire. Je ne me souviens plus de rien, plus aucune chose d'elle. Pourquoi est-elle partie en voyage ? Pourquoi suis je le seul à qui elle écrit ?".


Cette bande dessinée est tout simplement un petit bijou de tendresse et d'humour. Le quotidien de Jean fait de complicité avec son frère -les bagarres le soir dans le lit, l'interdiction de regarder la télévision qu'on enfreint mais qui reste malheureusement chaude alors qu'on l'éteint dès qu'on entend papa rentrer, la visite chez le copain Alain, les convocations chez le psychologue à l'école, etc... avec entre chaque chapitre de magnifiques interludes.

Le graphisme est magnifique -le dessinateur est d'ailleurs le même que celui de la série Jules que j'adore aussi, le récit est sensible, à la fois triste et drôle, original aussi, bref je suis vraiment sous le charme et ne trouve pas suffisamment de mots pour dire tout le bien que je pense de ce livre qui prouve qu'on peut évoquer des sujets douloureux et tragiques sans pathos.

Mais je ne suis pas la seule à avoir aimé. Cette bande dessinée fait l'unanimité, lisez la vite et faites la lire.

Je l'ai découverte grâce à Marie

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Bufallo Bill.- Jean Regnaud (Scénario) et Émile Bravo (Dessin).- Gallimard Jeunesse, 2007.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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Samedi 17 mai 6 17 /05 /Mai 06:25


"Ma famille se composait de mon père, de moi, son fils unique, et d'une femme de ménage, au visage couvert de taches de rousseur. Avec moi, mon père faisait toujours preuve d'une grande gentillesse. Quant à la femme de ménage, c'était ma mère."

Fils d'un instituteur, Anh-Do vient d'avoir dix sept ans. Alors qu'il est lycéen, il interrompt brutalement ses études et se fait engager comme commis de cuisine et livreur dans un restaurant chinois. Auprès du cuisinier, il apprend à préparer les nouilles Tchajang avec de la viande, des légumes et des oignons qui le font pleurer. L'occasion pour lui de découvrir la vie, le monde et de devenir adulte. L'occasion de partager avec nous ses souvenirs d'enfance, de revenir sur les rapports avec et entre ses parents, de nous faire le récit d'anecdotes savoureuses comme celle  de son apprentissage du dessin et des conseils de son professeur d'arts plastiques qui nous vaudra une magnifique aquarelle de mer. L'occasion aussi de découvrir le monde du travail, la vie de livreur dont les journées consistent bien souvent à uniquement dire "Bonjour" ou "Merci", la difficulté que peuvent connaître les petits commerçants, les rivalités entre anciennes boutiques et magasins plus novateurs, l'amitié, l'amour et le passage de l'adolescence à l'âge adulte. Sous forme de tranches de vie, ce très bel album au graphisme magnifique, m'a beaucoup plu. Il est en couleur ce qui est plutôt rare pour le manga - même s'il s'agit à proprement parler d'un manhwa puisque cette bande dessinée est coréenne-, et en un seul volume, autrement dit un "one shot".

Cettte autobiographie, adaptée d'un roman à succès -hélas non traduit à ma connaissance- de Ahn-Do Yuhn, est une vraie réussite. Elle m'a fait penser aux magnifiques albums de Taniguchi dont le sublime Quartier lointain. Elle a d'ailleurs le même format que les bandes dessinées de Taniguchi et est publiée dans la même collection que "Le sommet des dieux" que je n'ai toujours pas trouvé le temps de lire !

Un très beau récit initatique à découvrir et à posséder en lycée ou au rayon jeunesse de sa bibliothèque.

Pour en savoir plus, une très intéressante  interview des deux auteurs réalisée au festival d'Angoulême en 2006.

Par clochette - Publié dans : Bd/Manga
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