En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Rentrée littéraire 2008

Jeudi 20 mars 2008 4 20 03 2008 06:12

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Amok habite un immeuble où il entend souvent son voisin brutaliser sa femme. Un soir, il finit par se résoudre à appeler la police tellement cela devient inquiétant. Cela lui rappelle son enfance avec sa soeur Ajar et la violence de leur père...
Aux yeux de Schrapnel, son meilleur ami, Amok est un mélancolique qui est trop tourné vers le passé. Schrapel , qui bénéficie d'une bourse d'études qui lui permet de renouveller régulièrement son titre de séjour, est un rebelle.
Amok retrouve au sein de "La fraternité" - une organisation dont le but est de s'occuper de "tout un peuple à redresser, dont les enfants naissent enchaînés, par une dette qu'ils n'avaient pas contractée" - Amantla, une jeune femme métisse.
 
Qu'ont en commun ces trois personnages ? Ils ont tous la même couleur de peau : ils sont noirs.

"Tels des astres éteints" est construit autour de ces trois personnes. Plus qu'un roman, je pense qu'on peut parler d'essai, voire de pamphlet qui pose une question essentielle  : Qu'est ce qu'être noir aujourd'hui sur "le continent" ? Et être noir n'est pas la même chose qu'on s'appelle Amok, Schrapnel ou Amantla. Pourtant tous les trois ont une difficile hérédité en commun à assumer.

De l'apparition d'un présentateur noir à la télévision en passant par la lutte contre l'esclavage, l'apartheid, Léonora Miano connaît très bien l'histoire de son peuple et surtout de ses souffrances. On sent qu'elle a à coeur de nous faire prendre conscience du poids de cette hérédité sur la vie des Noirs mais aussi sur le regard que nous pouvons parfois, nous les Blancs, y porter : "Des vigiles noirs lui tournaient le dos. Il était inutile d'entrer  pour s'apercevoir qu'ils étaient tous les deux grasouillets, incapables de courir après le moindre voleur à l'étalage. Ils étaient noirs, cela suffisait à effrayer, dans ce magasin comme dans d'autres". 

Ce livre est un livre ambitieux, qui pose beaucoup de questions. Mémoire, crise identitaire, héridité, il existe plusieurs façons de se penser noir mais toujours une même difficulté à le vivre. Ce livre est prenant, il contient une certaine violence et lorqu'on le referme on ne voit plus les choses de la même façon. On y apprend aussi beaucoup de choses.

Ce n'est pas un livre gai que je vous propose en cette veille de printemps et pourtant je pense que c'est un livre qui comptera. Et malgré sa difficulté, on le lit rapidement tant  la force de l'écriture nous pousse à tourner les pages.

Une très intéressante vision de ce livre est proposée par l'auteur elle même.

Pour ma part, je l'ai reçu gracieusement grâce à l'opération Masse critique à laquelle je me suis inscrite et organisée par Babelio. Un principe plutôt sympa qui consiste à recevoir un livre de son choix parmi une liste proposée en s'engageant à en publier une critique sur son blog et sur le site de Babelio, qu'elle soit bonne ou mauvaise. C'est donc chose faite ! Voici encore un livre de plus qui passe de ma PAL à mes étagères. undefined  Mais comme ma PAL est régulièrement alimentée par vos supers billets amis bloggeurs et bloggeuses , elle ne désemplit pour autant pas !
Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Samedi 19 avril 2008 6 19 04 2008 00:10

"La femme de Lancelot est morte cette nuit"

Alors qu'elle est censée être à l'aéroport où il vient de la déposer, Lancelot reçoit un coup de fil de la police pour lui annoncer que sa femme Irina vient d'être victime d'un accident près du port et qu'elle est décédée !

C'est le choc ! Terrible en effet d'apprendre en même temps que la mort de sa femme qu'elle vous a menti. De plus, cette mort semble plutôt douteuse. La voiture dans laquelle elle a été retrouvée n'est en effet pas la sienne. L'inspecteur Schneider, une femme obèse, est chargée de mener l'enquête et l'interroge. Mais Lancelot n'est pas au bout de ses surprises... Il reçoit en effet peu après la visite du père d'Irina alors que cette dernière lui avait dit qu'elle n'avait plus de père...

Ce roman est d'une grande originalité, très différent de ce qu'on peut lire d'habitude, très déconcertant. On y découvre des personnages décalés et attachants, une intrigue policière pour le moins fantaisiste. J'ai beaucoup aimé ce livre à l'écriture originale et qui m'a rappelé  l'univers japonais que j'affectionne particulièremnt avec ses mystérieuses disparitions -les meubles notamment qui disparaissent des maisons sans qu'on sache qui les a enlevés et pourquoi-, et des  personnages au comportement étrange et inexplicable, des événements sortant de l'ordinaire, à la fois étranges -les avions ne décollent pas la nuit, et banals.

Fable aussi à la fois légère et grave sur la vie de couple -sait-on jamais avec qui l'on vit, connaît t-on vraiment les gens dont on est les plus proches ?

Prix France Culture-Télérama 2008, belle récompense pour cette jeune auteur au parcours atypique. dont c'est le cinquième roman et dont on entendra certainement reparler.

Les avis de Clarabel et de Florinette

La chronique de Bernard Lehut sur RTL avec des réflexions de Véronique Ovaldé, super intéressante, que  je vous recommande et que vous pouvez écouter en cliquant ici

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 07 2008 06:11

Doug, 29 ans,  se retrouve veuf après la mort de Halley dans un accident de voiture . Inconsolable, il n'arrive pas à tourner la page et se sentirait d'ailleurs incapable de remplacer Halley. Pour couronner le tout, il est muni d'une famille on ne peut plus disjoncté . pour commencer, son beau fils Russ, en conflit avec le monde entier et surtout son père biologique.  Ensuite, sa soeur jumelle Claire, qui ne trouve rien de mieux que de quitter son mari alors qu'elle est enceinte de lui. Sa plus jeune soeur enfin, qui s'apprête à épouser l'ex meilleur ami de Doug, rencontré à l'enterrement de Halley. Sans compter la femme d'un de ses meilleurs potes qui passe un peu trop souvent chez lui sous couvert de l'aider à assumer le quotidien et à faire son deuil mais qui ne serait pas contre un flirt poussé...

J'ai découvert Jonathan Tropper grâce au génial Livre de Joe. Ici c'est plutôt famille au bord de la crise de nerf. Mais derrière l'humour et le rire, de vraies questions : comment réussir à avoir une nouvelle relation sentimentale alors qu'on vient de perdre la femme de sa vie, en a-t-on seulement le droit ? Comment réussir à être à nouveau amoureux sans se sentir coupable ? Peut-on être heureux quand on vient de perdre sa compagne ? Comment  vont réagir nos proches ? Le sujet est grave et contre toute attente Jonathan Tropper réussit le tour de passe passe d'en faire un livre divertissant où on rit même beaucoup ! Alors sans égaler  Le livre de Joe,  je dois dire que j'ai vraiment trouvé ce roman plaisant :  il se lit super vite, il est drôle,  il est idéal pour la plage,et on a presque honte de rire d'un  sujet aussi douloureux à la base. Mais c'est aussi une question de survie. Il y a bien une vie après la mort et la compagne de Doug n'aurait  pas souhaité autre chose que du bonheur à  son compagnon. Voilà qui déculpabilise la lectrice que je suis qui ne se donne pas toujours le droit de rire de tout ! On retrouve aussi la patte de l'auteur, découverte dans son premier roman avec les difficiles relations familiales et notamment père-fils, la maladie, et le qu'en dira-t-on.  Sans être un chef d'oeuvre, ce roman fait vraiment passer un très bon moment.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Jeudi 7 août 2008 4 07 08 2008 00:19

"Le jour où les hommes disparurent commença comme un dimanche ordinaire à Mariquita".

Un village de veuves, voilà ce qu'est Mariquita depuis que les guérilleros ont emporté tous les hommes un dimanche de novembre 1992, laissant les femmes dévastées, abasourdies et folles de chagrin. Le padre Rafaël est le seul  que les guérilleros n'ont pas enrolé. Sinon tous les hommes sans exception de plus de 15 ans sont contraints de partir en une journée.

Rosalba, la femme du brigadier, qui a le "derrière le plus imposant de toutes les femmes de Mariquita" promue  voire auto promue maire du village, fait rapidement la liste des priorités : ramener l'eau courante, rétablir l'électricité, remettre le téléphone en service et rouvrir l'école malgré le départ de l'instituteur : "Je vais le transformer en un village bien meilleur que ce que les hommes ont jamais pu créer. Je suis un leader né".

Mais très vite se pose le problème de la reproduction : en effet,  comment assurer un avenir à l'espèce sans homme. Alors le padre Rafaël, malgré sa condition de prêtre, se dévoue...


Loufoque, burlesque, ce livre est en premier lieu un conte qui met en scène des personnages féminins particulièrement savoureux. Ces femmes font penser aux figures féminines peintes par Botero, dont l'une est d'ailleurs représentée sur la première de couverture du roman, à l'image de la veuve Morales et de ses trois filles : Orquidea, l'aînée, , toujours vierge en raison d'un physique plus qu'ingrat ou Gardenia, qui transporte avec elle une odeur particulièrement désagréable qui fait fuir tout le monde.  Mais ce livre est aussi une chronique qui rend compte de la guerre civile et de la violence de la Colombie et de ses guerilleros. Les chapitres racontant la vie à Mariquita sont d'ailleurs entrecoupés de billets relatant la dure et cruelle vie des guerriers.

Ce roman est aussi une violente critique de la religion et des croyances avec un padre Rafaël dont le portrait est particulièrement savoureux, et qui m'a personnellement fait mourir de rire. La religion est tournée en dérision, et la référence de ce point de vue à l'arche de Noé est particulièrement drôle. Proche de l'univers rabelaisien,  ce roman est à la fois réaliste et magique, et la fin du livre est particulièrement bien réussie.

C'est un premier roman. Et James Canon est un écrivain plus que prometteur. Beaucoup le comparent déjà aux grands écrivains latino américains. Il faut savoir que cet homme encore jeune et très sympathique vient d'un petit village de Colombie, mais il vit maintenant à New York.  Il confie volontiers que sa  mère, femme  à qui il voue une grande admiration,  lui a raconté beaucoup d'histoires lorsqu'il était petit. Ce roman est inspiré de sa grand-mère,  femme à la très forte personnalité, à qui il aurait aimé que sa mère plus discrète ressemble. Le roman leur est dédié ainsi qu'à toutes les femmes de la terre.

Un grand merci à la librairie Sterling, à qui je dois ce livre. En effet, je fus fin juin l'heureuse internaute gagnante du bon d'achat de 30€ lors du géniallissime prix du biblioblog, ce qui m'a permis de recevoir ce livre gratuitement. Il ne me reste plus qu'à aller rendre visite à cette librairie, paraît-il super, lors de ma prochaine escapade parisienne.

Dans la ville des veuves intrépides de James Canon.- Belfond, Mars 2008, 379 p., 21€


L'interview -passionnante- de l'auteur.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Mardi 12 août 2008 2 12 08 2008 02:35

Le jour de la rentrée, Ruth, professeur d'éducation sexuelle, se pavane en minijupe. Divorcée, mère de deux filles,  elle enseigne l'éducation sexuelle depuis plus de 10 ans au lycée et démystifier le sexe est pour elle un véritable sacerdoce... Mais au lycée et dans la ville, le climat s'est détérioré depuis l'installation d'une Église nommée "le Tabernacle de la vérité évangélique", menée par un jeune prédicateur fougeux, qui part en croisade et s'oppose à toute relation sexuelle hors mariage. Et Ruth ne sent pas le vent tourner... Choquée par sa liberté de ton,  des plaintes s'élèvent de la part de parents faisant partie de cette église traditionnaliste concernant certains propos de Ruth en cours...Pour calmer le jeu, le directeur du lycée fait appel à JoAnn Marlow, une consultante pronant la virginité. Ruth trouve ainsi dans son casier un tract annoncant une conférence intitulée "L'abstinence : le choix de dire non"  proposée par l'association dans laquelle  travaille cette jeune femme, conférence destinée à apaiser les membres du Tabernacle. Ruth s'y rend, curieuse de voir la réaction des étudiants avec qui elle a noué des liens d'amitié et de confiance. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises... Il va lui falloir faire front, pas facile d'autant qu'elle  traverse depuis quelques années un vide affectif  , a pour seuls amis un couple d'homosexuels et n'a plus de confidente depuis le départ de sa soeur qui s'apprête à convoler en justes noces. Pour couronner le tout, l'entraîneur de football de ses filles, le très séduisant Tim, est membre de cette église très influente dans la petite cité,  et fait faire des prières aux enfants pendant les entrainements... Ainsi, mine de rien, petit à petit, les puritains gagnent du terrain... Alors Ruth décide de réagir face à l'adversité, refusant de voir ses filles embrigadées dans cette mascarade...


Vous aimez les livres drôles ? Vous savez comme moi qu'ils sont rares ? Alors jetez vous sur celui ci. Sur fonds d'analyse et de critique de l'Amérique puraitaine, voici une réflexion pleine d'humour sur la sexualité et des portraits d'individus en lutte avec leurs contradictions : Ruth, professeur d'éducation sexuelle qui donne des conseils mais est incapable de se trouver un mec et d'avoir une vie sexuelle épanouie, Tim, membre de l'église puritaine, plus pour échapper à un passé d'ex dealer que par réelles convictions et qui subit sa vie plus qu'il ne la choisit, les parents d'élèves qui doivent choisir entre deux camps, Ruth en célibattante  accro aux joggings, j'en passe et des meilleures. Malgré les clichés et je dirais même grâce à ces clichés à mourir de rire, ce roman fonctionne à merveille. On voit la fin venir mais elle fait tellement plaisir ! C'est percutant, plein d'humour, avec une critique à peine voilée des excès en tout genre. Il me faut maintenant lire autre chose de cet auteur qui a déjà à son actif le très populaire Les enfants de choeur".

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Lundi 18 août 2008 1 18 08 2008 00:25

La rentrée littéraire 2008 c'est :

- 676 romans
- 466 titres français
- 91 premiers romans - 210 romans étrangers



C'est aussi l'occasion d'une belle effervescence. Avec 100 parutions de moins que l'an dernier et au delà des chiffres que tout le monde connait et qui sont diponibles d'un simple clic sur la toile, quels sont les romans à ne pas manquer et les auteurs qui feront partie de l'édition 2008. Pour ma part j'ai déjà sélectionné quelques romans sur lesquels je m'arrêterai, car leurs auteurs m'ont déjà fait vibrer. Au palmarès des heureux gagnants de ma LAL :

1. Amélie Nothomb et  Le fait du prince, certes controversée, il n'en reste pas moins que son écriture me plaît, que j'ai déjà lu et aimé un extrait de ce dernier opus et que son précédent roman Ni d'Eve ni d'Adam m'a beaucoup plu. Il a d'ailleurs remporté le prix de Flore 2007. En plus ses livres sont sympas et se lisent vite. C'est son 17ème roman.

2. Alice Ferney et son Paradis conjugal car j'ai adoré cette femme passionnante rencontrée en juin 2007 tout autant que son précédent roman Les autres qui fait partie de mes coups de coeur de la décennie. Voilà c'est dit ! Si je ne devais donc en acheter qu'un, ce serait celui là. Sortie le 20/08/2008, je suis née 4 jours trop tôt pour me le faire offrir ! Info de dernière minute : Mon amie Marie vient de me l'offrir ! Merci ! Merci !

3. David Lodge ensuite, parce que j'ai tout lu de lui -et tout aimé- et que je vais donc me jeter sur La vie en sourdine, publié le 03 septembre. Cela me fait penser qu'il faudrait bien que je lui consacre un billet dans la rubrique Un auteur à l'honneur

4. Lauret Gaudé et sa Porte des enfers car depuis La mort du roi Tsongor je suis de près toutes les parutions de cet auteur talenteux .

5. Murakami, mon écrivain préféré, et bien que ce soit un recueil de nouvelles au titre enchanteur "Saules aveugles femme endormie" et que je n'aime pas du tout les récits courts, je vais les ouvrir et les lire en espérant y trouver autant de bonheur que dans ses romans magiques.

6. Catherine Cusset dont j'ai adoré Le problème avec Jane et qui revient avec Un brillant avenir, au titre prometteur et  je l'espère prémonitoire.

7. Arkansas de Pierre Mérot, parce que j'ai adoré Mammifères, prix de Flore 2003, et que je souris encore face à ce portrait d'un homme déprimé et cynique aux prises avec l'alcool, les femmes, les aberrations de l'éducation nationale et ses démons. Info de dernière minute : Je viens de le finir, et j'ai eu bien du mal !

Je ferai aussi certainement la découverte d'écrivains anciens ou nouveaux mais que je n'ai jamais lus comme Régis de Sa Moreira dont j'ai très envie de découvrir Mari et Femme ou Elif Shafak dont La batarde d'Istanbul est toujours emprunté à la bibliothèque mais qui revient avec Bonbon Palace.

D'autres sélections bien alléchantes, celles de Kathel, Solenn, ou Marie  


D'ici là, n'hésitez pas à me faire partager vos premiers coups de coeur de cette rentrée qui précède une rentrée bien plus importante... la rentrée scolaire. Alors qu'elle soit littéraire, sportive, musicale  ou scolaire, bonne rentrée à tous.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 09 2008 02:27

"Nous avons tous des tiroirs secrets"


Erik Davidsen, le narrateur de ce récit, est psychiatre. C'est un homme divorcé, sans enfant, hanté par les histoires de ses patients, qu'il ressasse indéfiniment.  Il est très proche de sa soeur, Inga, seule elle aussi car veuve, son écrivain de mari venant de décéder. Il lui laisse Sonia, une jolie jeune fille de 18 ans, traumatisée par les défénestrations auxquelles elle a assisté le 11 septembre 2001, en regardant par la fenêtre de sa classe. Leur père, Lars Davidson,  fils de paysan, professeur d'histoire, vient de mourir . Ils se rendent ensemble à son domicile pour trier ses affaires et sont intrigués par la lettre d'une dénommée Lisa, qu'ils ne connaissent pas et qui implique leur père dans une mort mystérieuse...

Parallèlement aux recherches qu'ils effectuent suite à la découverte de ce courrier, ils rencontrent tous les deux des difficultés dans leur vie quotidienne  : Érik, qui souffre de solitude, est séduit par Miranda, sa voisine, qui vit seule avec sa fille mais semble en proie à un homme qui la "harcèle" en déposant au pied de sa porte de mystérieuses photos. Sa fille, Eggy, se rend souvent chez Érik. Quanrt à Inga, elle est contactée par une journaliste qui lui apprend l'existence de lettres salissant son mari -ce dernier aurait en effet eu une liaison adultère dont serait né un enfant...

Le récit est émaillé des carnets de leur père, qui sont pour la plupart des récits de guerre avec des descriptions particulièrement horribles - et qui sont les propres carnets du propre père de Siri Hustvedt, décédé avant l'écriture du roman.

Secrets de famille, étude du rôle de la mémoire dans  nos vies, évocation de la souffrance , amours contrariés, séparation, mort, analyse de la nature humaine, avec mis en exergue en chacun de nous des personnalités différentes au cours d'une vie et même simultanément. Ce texte ambitieux est magnifique, je me suis régalée en le lisant. J'ai aussi beaucoup aimé le profond lien qui unit ce frère à sa soeur, lien encore resserré à mon sens par la mort du père et leur solitude affective à tous les deux, puisque l'un comme l'autre sont sans compagnon.

Il paraît que les couples en vieillissant se ressemblent. Et beaucoup se sont plu à dire que ce  roman était  d'inspiration austérienne, c'est à dire qu'il aurait pu être écrit par cet homme  avec qui vit la romancière depuis plus de 20 ans. Ce livre est d'ailleurs dédié à leur fille. Il est vrai que j'y ai retrouvé l'ambiance de certains romans de Paul Auster.

C'est un très beau livre, profond, grave, un texte ambitieux qui s'intéresse à la mémoire, à ce que l'on laisse.  Un roman sur l'identité aussi, qui s'interroge sur ce que nous sommes  vraiment. C'est un roman passionnant,  dont les pièces du puzzle s'imbriquent  petit à petit, avec des histoires parallèles qui nourissent ce magnifique récit. Un roman sur le deuil aussi et sur les traumatismes de la guerre .

J'ai trouvé ce livre tellement sublime que j'ai emprunté un roman précédent de la romancière "Tout ce que j'aimais", qui m'a envoûtée également. J'en publierai bientôt un compte rendu de lecture.

 Sibylline est comme moi elle a beaucoup beaucoup aimé.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 09 2008 06:00

Danielle, qui vit à New York mais est de passage en Australie,  passe sa dernière soirée à Sydney chez des amis. Elle y rencontre Ludovic, qui s'apprête à s'installer à Manhattan, où il va prendre la direction d'un nouveau magazine. New-yorkaise dans l'âme et quelque peu séduite par ce jeune homme, elle échange ses coordonnées avec lui. Elle le revoit donc une fois rentrée à New-York, et le présente à sa meilleure amie  Marina. Marina est la fille du célèbre Murray Thwaite, professeur de faculté, homme charismatique, à qui sa fille, qui vit toujours chez ses parents ,  voue d'ailleurs une dévotion aveugle. Elles ont un ami commun Julius, "né gay". Tous les trois sont trentenaires, à la recherche de l'âme soeur et d'un vrai travail. Julius est pigiste,  quant à Marina, elle essaie d'écrire un livre tout en s'occupant du secrétariat de son père. L'arrivée de Ludovic, qui va séduire Marina et lui proposer un emploi dans son journal et de Bootie, jeune homme oisif qui vient d'arrêter ses études au grand désarroi de sa mère, neveu de Murray à qui il voue une admiration sans borne et chez qui il débarque lorsqu'il arrive à New-York, vont bouleverser la vie de ce petit microcosme.

Ce livre est une petite merveille. Il démarre comme une banale histoire de trentenaires plutôt privilégiés, qui ne se sont pas encore trouvés,  mais deviennent suffisamment vieux pour commencer à se dire qu'il faudrait qu'ils fassent quelque chose de leur vie. Et puis petit à petit, insidieusement, les situations et les relations évoluent,  créant des quiproquos qui font que ce  roman devient de plus en plus drôle. Les personnages font des choix qui les entraînent dans des situations scabreuses ou difficiles à assumer. Après les premières pages où il m'a fallu noter le nom des protagonistes -tous plus géniaux les uns que les autres-, je n'ai plus lâché ce roman dont j'essaie de ne pas trop vous en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture.

C'est le récit de la trentaine, vous savez cet âge où les autres et vous mêmes ne trouvent pas normal que vous n'ayez pas de travail ou de fiancé, c'est un roman sur New-York et ses drames -le récit démarre en mars 2001 et le 11 septembre n'est pas loin-, c'est un roman sur l'amitié, sur les relations familiales, sur les faux semblants et l'hypocrisie, sur la vie qui n'est jamais si simple, sur les choix qui obligent à renoncer  à certaines choses qui semblaient essentielles, sur le passage à l'âge adulte. Chacun va au final se révéler différent de ce qu'il est, à moins que ce ne soit le regard que portent les gens sur autrui qui évolue. Bref c'est à la fois léger et profond, tout simplement génial et mon dernier gros coup de coeur !

La critique de Télérama, très élogieuse, et avec laquelle je suis en osmose totale

La critique de la SFL, que je rejoins également.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 09 2008 06:17

Ilan, 48 ans, professeur d'astrophysique, rentre deux heures plus tôt que prévu de son travail à cause d'un mal de gorge et surtout parce qu'il a envie de passer l'après midi avec sa femme qu'il adore. Marié depuis deux ans, il a rencontré Naomi, qu'on prend souvent pour sa fille car elle n'a  que 22 ans, chez sa mère où elle était  aide ménagère. Il quitte donc le travail impatient de la retrouver. Mais à son arrivée chez lui, Naomi n'est pas là et il s'inquiète. Il se dit qu'elle est peut-être partie chez le garagiste car leur voiture est en panne. Mais le garage ferme à 16 heures et il est déjà 17 heures. Alors il se dit que Naomi doit le tromper .  Très rapidement ses doutes se confirment car il aperçoit à deux reprises, alors qu'il boit un café avec son seul ami, Anton, commissaire de police, la voiture de sa femme dans un endroit où elle n'a rien à faire . Devenu très suspicieux, il surveille aussi ses communications téléphoniques.  Il finit par la suivre et la surprend dans les bras de son amant. Désemparé, il décide de ne rien dire à Naomi, de peur qu'elle le quitte. Mais il rend visite à cet homme, qu'il finit par tuer.


Ce livre est tout simplement génial. Nous suivons les pensées intérieures du narrateur, ses doutes, ses interrogations et cela rend ce récit très drôle. Angoisse, jalousie, tourments intérieurs, tout est magnifiquement disséqué et restitué avec une justesse qui nous régale. On se demande comment le narrateur va se sortir de cette situation dans laquelle il s'enfonce de plus en plus. Le dénouement est d'ailleurs très réussi et j'ai vraiment apprécié cette fable désopilante, à la fois analyse psychologique de l'âme humaine et roman d'amour. Je vous la recommande chaudement, les personnages sont tous excellents, et en plus cela se lit très vite -250 pages seulement.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 09 2008 01:13

Aline et Jean-François ont rendez vous avec le docteur Drouin, pour inscrire leur mère et belle-mère à la maison de retraite Les Bégonias, située en région parisienne. Ils ont emmené avec eux une liste de questions pratiques du style : "Les résidents ont-ils le droit d'apporter leur décoration ? Ont ils une ligne téléphonique personnelle ? Est ce qu'ils peuvent garder leur médecin traitant ?"

Nous plongeons ainsi rapidement dans le quotidien de cette maison de retraite qui ressemble à beaucoup d'autres : un portrait des résidents et notamment de Louise, née en 1912, qui a connu toutes les guerres, trois républiques, et qui a consacré sa vie à son mari, ses deux amies  Marthe et Jocelyne qui se détestent,  l'excentrique Nini et sa petite fille Camille -bien connue de la romancière !-, qui vient lui rendre visite. Geneviève, que son mari a dû se résoudre à placer en raison de sa maladie d'Alzheimer. Mais aussi Christiane, l'infirmière ou Josy, l'auxiliaire qui tire les cartes et prédit l'avenir. Sans oublier les nombreuses visites qui ponctuent les journées de ces personnes âgées et de leurs proches.

Camille de Peretti réussit le difficile pari de nous plonger dans l'ambiance d'une maison de retraite.Ce roman restitue à merveille la vie qui s'y écoule en retraçant le quotidien  de ses résidents et en revenant sur leur passé aussi bien professionnel que privé, mais aussi en s'attachant à décrire la vie et les préoccupations du personnel et  des visiteurs.  En s'emparant de ce sujet d'actualité, étant donné notre société vieillissante, la romancière  réussit un récit vraiment plaisant, qui se lit très vite,  sur un sujet sensible et difficile. Écrit sans complaisance mais en même temps sans se poser en donneuse de leçon, avec une acuité extraordinaire, elle réussit à faire de ce roman un excellent  documentaire tant il analyse bien ces lieux de vie et dévoile avec pudeur l'humanité de ces personnes âgées.

J'ai partagé avec beaucoup de plaisir cette lecture avec Maryannick, qui a elle aussi aimé et lu très vite ce livre. Un livre sur nos vies, tout simplement.

D'autres bloggeuses ont aimé, allez vite lire leurs notes de lecture très sympas qui complètent la mienne : Anne,   Cathulu,    Lily


Nous vieillirons ensemble de Camille de Peretti .- Stock, 2008, 336 p. .- 20€, ISBN  978-2-234-06124-8 .

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2008
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Ce blog ne regroupe que les romans
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