En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Littérature Etrangère

Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 14:42

Framboise Dartigen retourne vivre dans son village natal à l'âge de 65 ans. Elle rachète la ferme de sa mère abandonnée depuis longtemps.

Mais personne ne sait qu'elle est la fille de Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l'exécution de onze villageoix pendant l'occupation allemande. Pour l'instant elle est la veuve Simon et d'ailleurs personne ne la reconnaît : "Quand je revins aux Laveuses, j'étais presque certaine de n'être reconuue par personne. Sans faire le moindre effort pour me cacher, je me montrais dans le village avec une sorte d'imprudence délibérée car si quelqu'un me reconnaissait, s'ils réussissaient à retrouver en moi les traits de ma mère, je voulais en être immédiatement consciente."

Il lui faudra d'ailleurs un certain temps pour être adoptée mais elle le sera grâce à une crêperie qu'elle ouvre après son retour au pays et qui aura beaucoup de succès grâce aux recettes qu'elle tire de l'album que sa mère lui a légué à sa mort : Em mourant, ma mère légua la ferme à mon frère Cassis, à ma soeur Reine-Claude elle laissa le contenu de notre cave -une fortune sous forme de vins fins- et à moi la cadette elle donna son album".

Le récit de sa vie dans ce village - ses problèmes de famille, la jalousie que suscite sa réussite actuelle- est entrecoupé par la lecture de l'album de sa mère qui permet de nous faire revivre l'enfance de cette famille pendant l'occupation. Que s'est-il réellement passé à cette époque ? C'est tout le suspens de ce récit dont l'intrigue est très bien ficelée et la forme (alternance passé/présent) originale font de ce roman une lecture captivante.

Pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que sa mère Mirabelle était allergique aux oranges, denrée extrêmement rare sous l'Occupation. Ne serait ce que l'odeur d'une orange la rend malade et l'oblige à rester au lit. Framboise use donc de ce tratagème et cache le cinquième quartier de l'orange sous l'oreiller de sa mère afin de la rendre malade et de pouvoir de ce fait sortir librement. C'est toute la cruauté du monde de l'enfance qui est montré dans ce livre mais l'insouciance et l'innocence aussi car pas plus qu'elle ne réalise la cruauté de son geste, Framboise, son frère et sa soeur ne se rendent pas compte des événements et des conséquences dramatiques de leurs actes pendant cette période de guerre.

Du même auteur on peut lire "Chocolat", une fois de plus un livre dont la cuisine est le fil conducteur. L'héroïne arrive avec sa fille dans un village. Excentrique, anticonformiste au grand coeur, elle ouvre une confiserie aux vertus thérapeutiques. Mais ce n'est pas de l'avis du curé du village qui voit en elle une rivale... et la part du diable. Ce livre a été adapté au cinéma avec Juliette Binoche.

L'avis d'Annette : "Le style est agréable. J'ai aimé les descriptions des mentalités campagnardes, qui sont toujours d'actualité, et la personnalité de cette mère, fière, digne, ne se coulant pas dans le paysage, offrant à ses enfants tout son amour à sa façon".

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:53

 

 

 

Londres, de nos jours. Dan et Isabelle sont mariés depuis 15 ans et ont une fille, Sylvie, qui est adolescente. Bert, vieil ami de Dan, rentre de New York. Ils fêtent leurs retrouvailles autour d'un bon repas chez Dan et Isabelle, et invitent aussi l'amie d'Isabelle, Carlotta,  célibataire de 36 ans.

Alors commence la valse des sentiments : Gilbert tombe amoureux d'Isabelle, quant à Carlotta, elle a toujours eu un faible pour le mari de son amie...Tout cela sous l'oeil de Gwen, la femme de ménage. Ce pourrait être une pièce de théâtre mais c'est un roman tout en douceur que nous propose ici Angela Huth. L'intérêt du récit réside dans le fait que tout ce petit monde livre ses pensées secrètes au lecteur. Cette complicité nous permet de connaître les pensées les plus intimes de chacun des personnages et d'être complices des jalousies, des désirs, des faux semblants, des doutes qui animent chacun d'entre eux.

De toutes les couleurs d'Angela HUTH, quai Voltaire/La Table ronde, 2005, 268 p., 20 euros.

Du même auteur, je vous recommande aussi Les filles de Hallows Farms, l'histoire de trois jeunes citadines qui se portent volontaires pour aider dans une ferme pour remplacer les hommes partis à la guerre. Leur arrivée bouleverse la vie des fermiers, et notamment celle de Joe, leur fils.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:58

Le fait de renverser et de blesser un lièvre alors qu'il rentre en voiture avec un ami vers  Helsinki agit comme un détonateur dans la vie de Vatanen. Journaliste proche de la quarantaine, marié, déçu, trompé, il s'aperçoit que sa vie ne ressemble pas à ce qu'il espérait. Il quitte alors brutalement sa femme, son travail, et vend même le bateau auquel il tenait plus que tout et s'enfonce dans la campagne finlandaise pour d'extravagantes aventures avec son lièvre fétiche en guise de Sésame.

Un roman revigorant, original, plein d'humour.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 17:00

"Professeur, arrivé de Berlin 1933, enfants 3-14, recherche aide, réinstallation NY. Répondre Mitwisser, 22 Westerley". C'est en répondant à cette petite annonce que Rosie, âgée de 18 ans,  entre au service des Mitwisser,  une famille de juifs allemands qui a fui son pays face au nazisme. Nous sommes en 1935, dans le Bronx.

 Cet emploi lui permet aussi de quitter son cousin Bertram, qui l'hébergeait jusque là. Mais il vient de tomber foux amoureux de Ninel, révolutionnaire dans l'âme, qui n'a que faire de Rose. Mais c'est une drôle de famille qu'elle va découvrir : le père, spécialiste des Karaïtes, secte juive née au IXème siècle, se noit dans les livres, la mère ne peut se résoudre à cette nouvelle vie et semble sombrer dans la folie, les cinq enfants sont livrés à eux mêmes entre Annielese, l'aînée, qui fait quelques rares confidences à Rose et Waltraut ,la plus jeune, qui souffre cruellement du manque d'affection de sa maman. Pour parfaire ce tableau, ils vivent dans un grand dénuement jusqu'à l'arrivée de leur bienfaiteur attendu avec impatience, l'énigmatique et riche James. Et dans ce "monde vacillant", tous ces individus essaient de vivre malgré le destin qui les frappe.

Une galerie de personnages à la fois attachants et redoutables, difficiles à cerner, un regard sans concession sur le déracinement, la douleur de l'exil et la difficulté de vivre et de survivre des réfugiés qui oscillent entre tragédie de l'histoire et drame personnel et enfin un conte merveilleux grâce au personnage de James, figure énigmatique, dont le père a créé un personnage de contes de fée le Bear Boy.

Ce livre est une des très agréables (et très rares !) surprises de la rentrée littéraire 2005 avec une fin comme on les aime et qui nous laisse ébloui jusqu'à la dernière page par le talent de Cynthia Ozick, l'auteur de ce magnifique roman.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 17:02

 

 

Jack et Joe, deux jumeaux britanniques, ont rencontré Rudolf Hess en 1936 lorsqu'ils ont remporté une médaille de bronze en aviron aux Jeux Olympiques de Berlin. Ils avaient alors 19 ans et déjà s'opère entre eux une "séparation" qui ne fera que s'accentuer au fil des années. Joe, après leur victoire, veut en effet quitter au plus tôt l'Allemagne nazie ; quant à Jack, il  ne réalise pas encore que l'Allemagne est en train de devenir un pays antisémite.

Lorsque la guerre éclate, Joe devient objecteur de conscience et sert la Croix Rouge comme ambulancier. Pacifiste convaincu, il est remarqué par Churchill qui le sollicitera pour une négociation secrète entre l'Allemagne et l'Angleterre devant aboutir à un traité de paix entre les deux pays. Pendant ce temps, Jack, amoureux de Birgit,  une jeune juive allemande que son frère a épousé et qui a fui son pays, s'engage comme pilote de guerre au sein de la Royal Air Force. Mais le 10 mai 1941, il surprend une escadrille de chasseurs allemands tirant sur leur propre avion, un ME110...

Il est certain livre dont il vaut mieux ne pas révéler trop de choses. C'est le cas de celui ci. Difficile à définir et à classer dans un genre, "La séparation" oscille toujours entre fiction et réalité et nous entraîne dans une aventure passionnante sur fond de seconde guerre mondiale.

Christopher Priest est paraît-il très connu pour un livre de science fiction "Le monde inverti" que j'ai sur ma table de nuit et qu'il va me falloir découvrir très vite.

"La séparation" a obtenu entre autres le prix de l'imaginaire 2006 à Nantes, catégorie Roman étranger ce qui n'est pas étonnant tant ce livre est différent de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent, dense, riche, original et dont le suspens vous pousse à tourner toujours plus vite les pages.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Jeudi 8 juin 2006 4 08 06 2006 12:15

Sakutaro est un adolescent qui tombe amoureux d'Aki avec qui il va partager beaucoup de moments de bonheur . Ayant tissé des liens d'amitié avec elle en classe de quatrième, il est toujours attiré par cette jeune fille dont il va se rapprocher au lycée jusqu'à vivre une histoire d'amour avec elle, qu'il imagine éternelle. Mais Ayi va mourir, foudroyé par un cancer. Comment se relever et quel sens donner à sa vie  après un tel drame ?

Ce livre aborde de façon sensible et poétique, avec beaucoup d'émotion et de retenue le thème de la mort d'un être cher, mais aussi le thème de la mort tout court. Que devenons nous après notre vie sur terre ? Au delà des convictions de chacun, ne restons nous pas vivants surtout à travers le souvenir que les autres gardent de nous ?

De belles paroles prononcées par le grand-père de Sakutaro, confronté lui aussi à la perte, l'aideront à continuer à vivre...

Ce récit, malgré le thème, n'est pourtant pas larmoyant. Je pense qu'il touchera particulièrement les personnes qui ont eu à vivre un deuil. Il se démarque de la production actuelle par sa grande sobriété : une jeune fille malade et qui va mourir, ses parents, un jeune homme amoureux d'elle et son grand père. Très peu de personnes dans ce roman épuré qui est un grand cri salutaire d'amour mais aussi de vie. Car il faut bien se relever après un tel drame.

Décidément j'aime de plus en plus littérature japonaise, dont la production de qualité permet de découvrir des récits souvent intimistes comme c'est le cas ici ou avec une dimension plus fantastique.

"Un cri d'amour au centre du monde" de Kyoichi KATAYAMA, Presses de la Cité, 2006

"Je fus alors saisi d'une certitude terrible. Aussi longtemps que je vivrais, je ne voulais pas être plus heureux que maintenant. Je ne voulais aspirer qu'à une chose : tenter de conserver ce bonheur précieusement aussi longtemps que possible. Car j'étais effrayé par ce que je ressentais. Si la quantité de bonheur attribuée à chacun d'entre nous est limitée, alors j'étais peut-être en train de dépenser la part de toute ma vie."

"J'écoutais d'un air distrait leur dispute. Je ne comprenais pas comment ils pouvaient continuer à se chamailler comme si de rien n'était. En même temps, je savais qu'ils s'efforçaient de me changer les idées. Mais à quoi bon ? Aki n'était plus là. A quoi bon parler, se disputer ? Plus rien n'existait."

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Vendredi 23 juin 2006 5 23 06 2006 12:18

David Zimmer est anéanti : sa femme Helen et leurs deux fils sont morts dans un accident d'avion. Il se réfugie alors dans la solitude de sa maison et boit une demi bouteille de whisky chaque jour. Mais un soir, alors qu'il regarde la télévision, il voit  un extrait d'un vieux film d'Hector Mann. Et pour la première fois depuis l'accident, il se surprend à rire : "Cela peut sembler sans importance mais c'était le première fois depuis juin que je riais de quoi que ce fût et en sentant ce spasme inattendu monter dans ma poitrine et se mettre à chahuter mes poumons, je compris que je n'avais pas encore touché le fond, qu'il restait en moi quelque chose qui souhaitait continuer à vivre".

Il se lance alors dans la biographie d'Hector Mann, cinéaste méconnu du cinéma muet, disparu depuis 1929Mais Hector Mann est en fait toujours vivant : il se cache au Mexique où il vit de façon anonyme, en continuant de produire des films. Et une étrange jeune femme va forcer le narrateur à le rencontrer...

J'ai adoré ce livre où les récits s'enchaînent sans jamais perdre de vue l'intrigue initiale. Chaque récit fait écho au précédent, ainsi le narrateur et Hector Mann ont de nombreux points communs : tous les deux ont vu leur vie détruite par un événement dramatique, tous deux ont perdu un fils et tous deux ont sombré dans la douleur avant de s'en sortir grâce à la création. David Zimmer se sauve en effet de son chagrin en s'intéressant au mystère de la vie d'un homme qui lui ressemble.

Ce roman nous tient en haleine du début à la fin et nous invite à nous poser des questions sur l'amour et la séparation, la vie et la mort, l'illusion et le réel. Quelle est la place de la création dans la vie d'un artiste ? Comment surmonter la perte d'un être cher ? Foisonnant de personnages au destin exceptionnel et tragique, ce livre est d'une grande richesse et certainement un des meilleurs de Paul Auster, par ailleurs écrivain de grand talent.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Samedi 1 juillet 2006 6 01 07 2006 07:49

"Cette histoire ne m'appartient pas, elle raconte celle d'un autre". Ainsi débute le récit de la vie d'Ossyane Ketabar, que le narrateur suit pendant quatre jours dans les rues de Paris en 1976 après l'avoir reconnu d'après une photographie dans son livre d'histoire.

Né au Liban, mi turc mi arménien, Ossyane va s'engager dans la France résistante. Sa biographie est l'occasion pour l'auteur de revenir sur des événements historiques dramatiques. Mais c'est l'histoire du personnage principal qui prend le dessus sur l'histoire avec un grand H et ce roman montre aussi comment les tragédies de l'histoire touchent les gens ordinaires et ont une incidence sur les destins individuels.

Ainsi, fou amoureux de Clara, une juive autrichienne, résistante comme lui et rencontrée en France, Ossyane l'épousera et lui fera un enfant. Mais le conflit israélo palestinien le séparera de sa femme, ce qui va bouleverser sa vie.

Ce roman, un des plus courts d'Amin Maalouf, est magnifique. Très riche, rempli d'émotions, il aborde de nombreux thèmes : l'amour fou, la folie, la séparation, les relations filiales, la guerre, les répercussions de l'histoire sur la vie des hommes.

J'espère que vous serez vous aussi sous le charme de ce récit et qu'il vous donnera envie de découvrir d'autres titres d'Amin Maalouf, auteur prolifique et de grand talent. Je vous recommande notamment "Origines", son dernier livre paru à ce jour, "Le rocher de Tanios" ou "Le premier siècle après Béatrice".

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Lundi 24 juillet 2006 1 24 07 2006 10:12

 

Kathleen  De Burca aura bientôt 50 ans. Or, "la cinquantaine, c'est l'adolescence qui revient de l'autre côté de la vie adulte –le serre-livre correspondant- avec ses troubles de l'identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu'il faut pour s'en accommoder" confie la romancière irlandaise de ce roman.

 

 

 

L'héroïne de ce livre décide un jour de retourner en Irlande, son pays natal, après avoir vécu longtemps comme journaliste en Angleterre. Elle veut se documenter sur une affaire qui a fait grand bruit au 19ème siècle : la liaison amoureuse de Marianne Talbot,  aristocrate anglaise avec un palefrenier irlandais. Car Kathleen de Burca s'intéresse à l'amour, à celui de Marianne pour Mullan mais aussi à la passion amoureuse en général : "Oui je m'intéresse à l'amour ! m'écriais je dans le téléphone. Les gens s'intéressent à l'amour. L'amour est ce qui peut arriver de mieux dans la vie de la plupart des gens, qu'ils soient riches ou pauvres".

 

 

 

En se replongeant dans les archives du procès,  elle se replonge aussi dans ses propres souvenirs, ses relations familiales, sa tendresse et son amitié pour Alex et Jimmy, deux collègues masculins, sa première histoire d'amour gâchée, ses amants d'un soir, son rapport aux hommes jusqu'à sa rencontre avec Shay. Elle fait le point avec beaucoup de lucidité sur sa vie, avec d'incessants allers retours entre son enfance, sa vie de femme passée, sa vie actuelle et bien sûr l'affaire Talbot. Mais aussi sur les raisons qui l'ont amenées à quitter si longtemps l'Irlande.

 

 

 

Ce premier roman, qui fait suite à une autobiographie à succès, est très réussi. Parfaitement mené de bout en bout, sans jamais un moment d'ennui malgré ses 700 pages, il aborde de nombreuses questions et notamment la place de l'amour, de la sexualité, de la fidélité mais aussi de la solitude et de la vieillesse qui pointe dans ce magnifique portrait de femme. Pas une seconde on ne s'ennuie, c'est émouvant, c'est honnête, c'est poignant. Et on referme ce livre conquis par cet auteur qui réussit à cinquante ans alors qu'elle n'a jamais écrit d'œuvre romanesque un livre admirable.

 

Classé par la rédaction de "Lire" comme l'un des meilleurs romans de l'année 2003, cela faisait longtemps que je voulais le lire. C'est fait. Je ne l'ai pas regretté.

 

Edité chez Sabine Wespieser.

 

Un autre avis à découvrir, celui de Papillon

 

 

 

 

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Mercredi 2 août 2006 3 02 08 2006 14:08

Un club de lecture autour de Jane Austen, pourquoi pas ?

 

 

 

Jocelyn, célibataire, chez qui a lieu la première rencontre est celle qui a eu l'idée de ce club.

Elle a réuni cinq personnes autour d'elle et en tout premier lieu Sylvia, qu'elle connaît depuis 40 ans et qui est en train de se séparer de Daniel après 32 ans de mariage."Il était possible que Sylvia ait été la raison d'être du club, et que Jocelyn ait simplement cherché à l'occuper pendant cette période difficile. Elle en était tout à fait capable. Sylvia était sa plus proche et sa plus vieille amie.". Allegra, la fille de Sylvia et Daniel, fait aussi partie de ces réunions ainsi que Prudie, professeur de lycée et authentique passionnée de Jane Austen "Ce que nous sommes censés voir, dit Prudie, n'est pas tant le manque de passion que le pouvoir de la contrôler. C'est l'un des thèmes favoris de Jane". A 28 ans, elle est la plus jeune de ce groupe. Face à elle, Bernadette, 67 ans, est la plus âgée. Elle ne se regarde plus dans la glace et regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt ! Elle ne souhaitait que des femmes dans ce club, pourtant Grigg, la quarantaine que personne ne connaissait hormis Jocelyn qui l'a rencontré à une convention de science fiction, va se joindre à elles. "Nous connaissions Jocelyn depuis assez longtemps pour nous demander à qui Grigg était destiné. Grigg était trop jeune pour certaines d'entre nous, trop vieux pour les autres. Son entrée dans le club nous laissaient perplexes."

 

 

 

Mais bien sûr le récit de la vie de ce club n'est qu'un prétexte pour revenir sur la vie de ses six membres, leurs parcours, leurs déceptions, leurs amours passées, présentes et à venir...

 

 

 

J'ai beaucoup aimé ce livre. D'abord la forme de rencontres littéraires m'a séduite. Je fais moi-même partie d'un comité de lecture et il est vrai qu'une "vie" existe à travers les membres de ce comité, un lien se crée au fil des rencontres (chez les unes ou les autres comme dans ce roman, mais pas d'homme dans le nôtre !) et des événements personnels en ponctuent la vie, parfois heureux, parfois malheureux. Ensuite se référer aux romans de Jane Austen est intéressant: il n'est pourtant pas nécessaire d'en connaître l'oeuvre (un récapitulatif à la fin du livre peut aider), cela donnerait plutôt envie de la lire ou de la relire même si ce livre n'est pas à proprement parler une "thèse" sur son oeuvre mais plutôt le fil conducteur qui permet de revenir sur des événements importants de la vie de chacun. Enfin bien que ce soit un récit lent et intimiste comme je les aime, le suspens n'est pas absent de cette histoire, on se demande comment cela va finir et ce qu'il va se passer dans la vie des protagonistes. Et effectivement certains événements auront lieu et la vie de certains membres sera transformée à la fin du livre.

 

 

 

Je l'ai découvert sur le biblioblog de Laurence :

 

 

 

 http://biblioblog.fr/index.php/2006/07/03/297-le-club-jane-austen-karen-joy-fowler

 

 

 

 

Merci à elle car  ce fut vraiment une douce et agréable lecture pour moi. Certainement le livre que j'ai lu le plus rapidement ces derniers temps, un bon indice de ma cote d'amour.

Le club Jane Austen/Karen Joy FOWLER, Quai Voltaire/La table ronde, 2005, 335 pages.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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