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En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Littérature Etrangère

Mardi 29 décembre 2 29 /12 /Déc 00:06



"Isabel était intelligente et généreuse, dotée d'une belle et libre nature, mais qu'allait-elle faire d'elle même ?Cette question était contraire aux règles car elle n'avait pas lieu d'être posée à propos de la majorité des femmes. La plupart des femmes ne faisaient rien d'elles-mêmes ; elles attendaient passivement, dans des attitudes plus ou moins gracieuses, qu'un homme croisât leur route et leur offrit une destinée. Isabel était originale parce qu'elle donnait l'impression d'avoir des projets personnels."


Alors celui là il était depuis un bon moment sur ma PAL (plus d'un an), depuis que je m'étais régalée en lisant L'excuse de Julie Wolkenstein, qui reprenait la trame de ce roman qu'elle m'avait donné envie de lire.

Dès les premières pages, j'ai été envoûtée par ce talentueux récit qui ne raconte pas grand chose si ce n'est l'histoire de cette cousine américaine, dont tout le monde tombe sous le charme. Oui mais voilà c'est si bien raconté que cela est un vrai plaisir à lire. Les dialogues sont frais, drôles, les personnages bien campés et savoureux.

Le titre du roman retrace d'ailleurs bien cette histoire, puisqu'il s'agit en effet avant tout d'un "Portrait de femme" : Isabelle, qui se retrouve orpheline,  rejoint l'Europe à la demande de sa tante suite à la mort de son père. Elle vient y chercher le "bonheur" et aucun homme n'est insensible à son charme : Ralph, son cousin, Lord Warburton, l'ami de son cousin, et bien d'autres. A peine arrivée, elle a déjà deux demandes en mariage qu'elle repousse.  Tout cela dans la bonne société anglaise où il est interdit de passer ne serait ce qu'une heure en présence de deux hommes !

Mais elle plaît aussi aux femmes, et se lie d'amitié avec quelques unes. Malheureusement ce destin qui s'annonçait plutôt prometteur, notamment après qu'elle hérite de son oncle alors que sa pauvreté aurait pu être une entrave, se délite...

Un "classique" que j'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire et qui vient de rejoindre les rangs de ma bibliothèque. De ma PAL à ma BAL (bibliothèque à lire), il n'y a qu'un pas mais parfois beaucoup de pages...

Je n'ai pas vu l'adaptation cinéma mais il est vrai qu'en général je suis déçue par les transpositions en film, donc...

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Jeudi 1 octobre 4 01 /10 /Oct 00:04


"Nous sommes génétiquement enclins aux accidents, l'accident de la circulation et l'explosion étant les plus fréquents"

Cette histoire débute le jour de la conception de Ruby Lennox, dans le lit conjugal de ses parents. L'héroïne s'adresse à nous du ventre de sa mère, alors que personne ne sait qu'elle a été conçue ! Elle assiste ainsi aux premières nausées dûes à sa grossesse.

 Née en 1952, c'est un des premiers bébés qui voit le jour sous le règne de la nouvelle reine. Début pour le moins original et qui nous plonge d'emblée dans une ambiance un brin sordide- ce n'est pas une enfance de princesse que l'héroïne va vivre- loin s'en faut. Voilà donc un livre féroce et cruel, qui démarre tambour battant et dont l'originalité est bien sûr cette petite voix du ventre de sa mère.

Une fois quittée le corps maternel, elle ne peut plus connaître les pensées de sa mère ni ses rêves. Et voilà qu'elle nous raconte l'histoire de ses parents : sa mère Bunty, déçue par le mariage et confrontée aux misères de la vie domestique, et de son père Georges, qui a 10 ans de plus. Ils tiennent une boutique d'animaux et ils habitent avec leurs enfants au dessus : Gillian, sa soeur de 3 ans son aînée, qui mourra d'un accident de la route, et Patricia son autre soeur.

Mais elle remonte aussi à ses ancêtres, et à la vie de sa grand mère, ce qui nous permet de revenir sur la totalité du 20ème siècle, et notamment la guerre 1914-1918, avec les hommes partis au front.

Un style alerte et décapant, l'originalité du récit tient en grande partie à sa forme et à ce point de vue particulier qui nous permet de suivre la vie de cette famille sous l'oeil perfide de la benjamine.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Vendredi 18 septembre 5 18 /09 /Sep 00:29

Lors d'un malaise en raison d'une jaunisse, le narrateur, âgé de 15 ans, est pris en charge par une femme dans la rue, qui l'aide et le raccompagne jusque chez lui. Lorsqu'il raconte l'anecdote à sa mère, celle ci lui demande d'aller remercier cette femme en lui déposant un bouquet de fleurs, acheté sur son argent de poche. Fasciné par elle, il retourne la voir et en  tombe amoureux. Une liaison démarre, au cours de laquelle il prend l'habitude de lui faire la lecture. Jusqu'au jour où elle disparaît brutalement, sans prévenir. Le narrateur la retrouvera quelques années plus tard, alors qu'il est étudiant en histoire, sur les bancs des accusées lors du procès de cinq criminelles nazies. Mais Hanna a un secret que Mickaël découvrira au cours de ces semaines d'audience. L'occasion pour lui de reprendre contact avec elle pendant sa détention.

Un très beau récit, superbement écrit. Un hommage à la lecture, et un regard sur l'incommunicabilité entre les êtres.

Ce roman, j'en ai entendu parler par Nathalie, avant qu'elle ne me l'envoie avec une belle dédicace pour mes 45 ans, me faisant ainsi une très belle surprise.

Nathalie pour cette belle découverte.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Lundi 7 septembre 1 07 /09 /Sep 00:36

Je continue avec toujours le même bonheur ma découverte de l'oeuvre de Richard Russo.

Après mon coup de coeur pour "Le pont des soupirs", mon engouement pour "Un homme presque parfait", me voilà plongée dans ce troisième roman où je retrouve la patte de cet admirable écrivain, cette façon bien à lui de faire du quotidien le plus ordinaire une histoire magique. On y retrouve sa prédilection pour la douceur de vivre et les difficultés de la vie de tous les jours dans une petite ville où tout le monde se connait .

Ici le héros se prénomme Miles et tient le restaurant de Mrs Whiting, une riche héritière, qui a promis de lui léguer ce commerce à sa mort. Il est séparé de Janine, qu'il croise pourtant souvent et qui s'apprête à se remarier avec Walt, un camarade de classe. Leur fille Tick est en plein déboire sentimental. Ajoutez à cela David, son frère ;  Max, son père et d'autres savoureux personnages comme Zack, qui gravitent autour de ce commerce.


Bref, la vie d'une petite bourgade comme sait si bien les décrire Russo, avec ses relations familiales, ses divorces, ses séparations, ses relations de voisinage, ses rencontres autour d'un bar. Et comme à chaque fois la seconde partie est encore plus prenante que la première, qu'elle éclaire comme par magie en révélant des secrets de famille ou des secrets tout court, me laissant scotchée par le talent de l'auteur.


Russo a aussi le chic et le grand privilège de pouvoir évoquer la vie de tous les jours, et réussir à faire un livre en évoquant simplement la banalité du quotidien. Ce quotidien où tout le monde se croise mais où le héros se demande aussi comment Maria et lui ont réussi à vivre toutes ces années dans une aussi petite ville sans s'être jamais revus. Il y a parfois comme cela des choses mystérieuses, inexplicables et qui pourtant ont un sens.

Je ne peux que vous recommander, si ce n'est déjà fait, lors de vos résolutions de rentrée, de découvrir l'oeuvre de Russo.

Prix Pullitzer 2002.


Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Mercredi 5 août 3 05 /08 /Août 00:05

"Je me rappelle cet instant comme l'un des plus heureux de ma vie"


Franck a délaissé une carrière littéraire pour devenir journaliste sportif.

Lorsque ce roman commence, il retrouve son ex femme dans le cimetière où est enterré leur fils Ralph, mort des suites d'une maladie. Le jour de son anniversaire, ils ont en effet l'habitude de se recueillir sur sa tombe et de lui rendre hommage.

Après avoir vécu quelque temps seul, -"Tout le monde devrait vivre seul à un moment ou un autre de l'existence",  lorsque sa femme l'a quitté après avoir trouvé dans leur maison les lettres d'une de ses maîtresses, il partage maintenant sa vie avec Vicky, une jeune femme âgée de 30 ans alors qu'il en a 38. 
On se retrouve très vite plongé dans la vie de cet homme divorcé, et un peu  torturé, ou du moins qui se pose beaucoup de questions. Nous suivons donc ces pensées qui en font quelqu'un de très fragile mais aussi d'infiniment  sympathique. Comme il le dit si bien "quelque chose a fait de nous ce que nous sommes, mais les événements vécus par un individu donné n'auraient certes pas les mêmes répercussions sur Pierre, Jean ou Paul."

On s'attache à la vie de cet homme et à ses pérégrinations, à ses nombreuses masturbations intellectuelles, qui nous le rendent sympathiques, d'autant que les réflexions philosophiques qu'il nous propose sonnent comme un écho sur nos propres vies. Une façon très attachante de décrire les choses : la mort de son père lorqu'il est encore jeune, ses rapports avec sa mère, le remariage rapide de son beau-père après la mort de cette dernière, etc...

Ce livre est à la fois touchant, grave -la mort est omniprésente dans la vie de cet homme, qu'elle soit réelle ou virtuelle, mais aussi léger. Ce week-end dans le Michigan fait donc passer un agréable moment et on se dit qu'on aimerait bien avoir cet homme dans son cercle d'amis.

Ce livre est le premier d'une trilogie, j'ai commencé par le tome 3 -L'état des lieux- avant d'entamer celui ci. Me reste à découvrir le tome 2 -Indépendance. Je me réjouis à l'avance de retrouver Frank et ses états d'âme. Une vraie gonzesse si j'ose dire et c'est sans doute pour cela qu'il me plait !

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Samedi 25 juillet 6 25 /07 /Juil 00:09

1940, Berlin.


La vie d'un petit immeuble berlinois pendant la seconde guerre mondiale. Y cohabitent des personnes très différentes et tout d'abord une vieille femme juive à l'étage supérieur, privé de tous ses biens, martyrisée par ses voisins et essayant de vivre sans son mari, déporté. La famille Persicke à l'étage en dessous, dont le fils, redoutable, s'est engagé derrière Hitler comme SS et terrorise tout le monde. Un couple, enfin, les Quengel, désespéré d'avoir perdu leur fils à la guerre et qui occupent clandestinement leurs journées à écrire des mots dénonçant les exactions du Führer, mots qu'ils déposent discrètement dans les escaliers des immeubles environnants, moyen ingénieux qu'ils ont trouvé pour diffuser l'information et organiser une forme de résistance passive. Ces missives seront d'ailleurs le fil conducteur de ce texte.

 
Ce roman est un formidable témoignage de la vie en Allemagne pendant la guerre, l'auteur étant mort en 1947 après avoir été victime du régime nazi et avoir vu ses livres  brûlés. Il est extrêmement bien écrit et m'a emportée dès les premières pages. A travers la vie de familles modestes, il décrit la répression organisée au coeur de l'Allemagne  sous le troisième Reich.


De très beaux portraits de personnages émaillent ce récit, à commencer par  celui de Eva Klugue, la postière, qui débute ce magnifique livre en amenant une lettre qui annonce une bien mauvaise nouvelle aux Quengel. Mais aussi le discret mais efficace et généreux conseiller Fromm qui oeuvre dans l'ombre en aidant ses compatriotes, ou d'autres personnages plus ambigus comme le commissaire Escherisch.

Ce livre est un roman extrêmement bien construit qui décrit la vie de simples citoyens pris dans l'horreur de la guerre, et de la dictature. L'auteur en fait un récit poignant et bouleversant.  Il est paru en poche chez Folio.

Primo Levi a dit de ce livre qu'il est le meilleur témoignage qui existe sur cette période de l'histoire.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Lundi 25 mai 1 25 /05 /Mai 02:40



Tous les 20 livres , on tombe sur un petit bijou, un livre surprenant, passionnant, bourré de talent, original, qu'on déguste à la fois vite et lentement.

Celui là je suis tombée dessus par le plus grand des hasards car je n'en avais jamais entendu parler.  Mêlant merveilleux, fantastique, science fiction, aventure, il met en scène des personnages tous plus extravagants et décalés les uns que les autres.

Un livre délirant, qui vous fait voyager sans avoir besoin de prendre l'avion, c'est-y pas génial ? Dans des contrées imaginaires et avec des personnages sortis de l'imagination foisonnante de ce talenteux auteur espagnol que je viens de découvrir.

Mais revenons à ce récit qui m'a véritablement épatée :

Monsieur Aguanopulos a un métier pour le moins déconcertant : il est gérant de la lune. Mais ne vous y trompez pas : la lune n'est pas dans ce roman merveilleux cet astre sur lequel Armstrong a mis le pied dans les années 60 mais "le nom amical et plaisant qu'on a coutume de donner, dans la cité de Floria, à ce qu'ailleurs on appelle "folie" "aliénation" ou, plus techniquement encore, "maladie mentale". C'est donc un médecin des âmes et il est à la tête d'une des cliniques de santé mentale les plus importantes de la ville. Pour se déplacer, il utilise un vélocipède. Sa fille préférée Ana Sofia (il en a 5) a fugué pour travailler dans une radio plus ou moins clandestine au grand désespoir de son père, éminent membre du gouvernement, qui ne peut se permettre une telle chose. C'est donc avec sa famille et en cachette qu'il l'écoute animer l'émission  Radio psyché, occasion pour lui de ne pas perdre le contact avec elle dans cette émission dont le but est de renverser l'ordre établi, en inondant la ville de Floria d'idées neuves.

Un de ses patients est un des personnages principal de ce roman, un jeune garçon singulier prénommé Adenar, qui dispose à la fois d'une mémoire formidable tout en souffrant  d'amnésie. Au début de l'histoire, il est âgé de 16 ans bien que "Il n'y avait pas moyen de savoir  s'il avait exactement cet âge car, en Amaule, personne ne prend la peine de compter le temps, ni les heures, ni les jours, ni les années. Disons qu'Adenar se sentait comme s'il avait 16 ans". Il vit dans le palais de Yöl, où son père, Léopold,  est un roi de la mer. Adenar souffre d'une grave maladie, une maladie dégénérative  très dangereuse qui a pour conséquence l'ennui. Sa vie est rythmée par ses discussions avec sonc  chat Marasquin. Ses deux meilleurs amis Erable et Marigot ne le reconnaissent plus. "Etait ce bien leur ami Adénar, ce garçon craintif et plein d'idées noires ?" De plus Adenar ne ressent plus d'amour pour son amie Malie. Il est bien mal en point et semble souffrir de ce que notre siècle moderne appelle la dépression. Malie s'inquiète d'ailleurs pour lui et pense qu'il a été piqué par un insecte. Et elle confie au roi qu'elle pense qu'il est en train de devenir fou, il tient en effet des propos étranges  "Il m'a raconté qu'il y avait des créatures qui rentraient dans ses salons et mettaient le désordre dans ses coffres d'images, des ombres étranges qui changeaient les statues de place, qui effaçaient les symboles et les couleurs de portes... Il m'a dit qu'il les avait vus faire plus d'une fois, et que c'étaient des créatures horribles, dont le seul propos était de détruire sa mémoire, de faire en sorte qu'il s'oublie lui même".

Le prince a avec lui un objet qu'il ne quitte pas : un livre que lui a offert sa mère, morte. Mais il ne sait pas si ce qui est le plus important dans ce livre constitue le texte ou les images.

Le mage Sansnom est chargé par le roi de s'occuper d'Adenar. Il va essayer de discuter avec lui pour comprendre ce qui lui arrive. Il pense qu'Adenar a perdu son âme et lui recommande donc de partir à sa recherche.  Mais ce n'est pas sur un tapis volant comme il a l'habitude de le faire qu'il devra se déplacer mais sur un cheval.  Et Adenar quitte ainsi sa planète pour partir à la recherche de lui même...

Magie, réflexion pleine d'allégories sur le monde qui nous entoure et dans lequel on vit : la famille, la vie, les relations parents-enfants, les enfants rebelles, les enfants tristes, l'amour, l'amitié, l'aventure. Ce livre est une pure merveille, ne passez surtout pas à côté. C'est aussi un merveilleux hommage aux absents, ceux qui nous ont quittés ou ceux que la vie a éloignés de nous,  et à la littérature de l'imaginaire.

Je ne l'avais pas fini que je commandais  un autre roman de cet auteur "Le monde selon Varick" que j'ai réussi à trouver d'occasion sur internet.

Mon plus gros coup de coeur depuis "La voleuse de livres".

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Samedi 1 novembre 6 01 /11 /Nov 06:50

"Ainsi que l'a dit un jour Oscar Wilde, à partir de 25 ans, tout le monde a le même âge"

Nathan cherche un endroit tranquille où mourir. Un divorce en instance, un cancer en rémission, une retraite tout juste fêtée, il est séduit par Brooklyn et ses habitants, et y établit ses quartiers en passant une grande partie de son temps à écrire un livre de souvenirs. N'aimant pas cuisiner, il prend ses repas dans un restaurant où la cuisine est médiocre mais la serveuse adorable, bien que trop jeune pour lui et de plus mariée !

Un jour, il tombe par hasard sur son neveu Tom, qu'il n'a pas vu depuis 7 ans. Ils se retrouvent miraculeusement dans une librairie où celui ci est employé. Ils tombent dans les bras l'un de l'autre ! Les deux hommes ont de nombreux points communs : ils vivent seuls, sans femme dans leurs vies et sans beaucoup d'amis. Entre eux, la complicité est forte et ils prennent très vite l'habitude de se retrouver. Alors qu'ils sortent tous les deux d'un passage à vide et qu'ils ne croient plus à grand chose, leur rencontre va être l'occasion d'un nouveau départ, d'une re-naissance.

Ce roman est un formidable hymne à la vie, vous savez ces moments où on pense que tout est fini, et que le bonheur vient frapper à votre porte par le hasard  d'une rencontre, sans même que vous vous en rendiez bien compte.  Et bien c'est un peu cela "Brooklyn Follies". Une façon d'accrocher le lecteur avec très peu d'action mais la vie tout simplement, ou plutôt le rêve d'une autre vie ou d'une grande maison à la campagne qui pourrait prendre le nom de 'l'hôtel existence". Avec de très beaux portraits de personnages, aussi bien principaux que secondaires,  une réflexion sur la solitude et la mort et une large part faite aux valeurs de l'amitié, de la solidarité et de la famille.  On en ressort plus heureux et comme apaisé.

Alors même si ce n'est pas le meilleur livre de Paul Auster, j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir son univers et ce livre vaut malgré tout plus qu'un détour. Si vous découvrez Auster, vous serez séduit, si vous êtes une inconditionnelle, vous aimerez. Si vous aimez les livres d'action et d'aventures -comme Clotilde qui s'est mortellement ennuyé à la lecture du Livre des illusions que j'ai plus qu'adoré-, passez votre chemin. Et surtout si vous êtes une participante du blogoclub, laissez moi un com que je clique sur votre lien pour aller voir votre billet.

Et rdv en 2009 (déjà !) pour le polar historique (tout un programme !)

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Jeudi 30 octobre 4 30 /10 /Oct 00:52

"Mon grand-père m'avait dit un jour, après son veuvage, qu'il n'y avait plus de joie. Le bonheur revient, m'avait-il dit, on retrouve le rire, on apprécie les bonnes choses que le monde vous offre et on sourit de nouveau. Mais la vraie joie a disparu. On a un sentiment de manque permanent."


Eve a 7 ans lorsque sa mère meurt brutalement. Élevée par ses grands parents au pays de Galles, elle est à la recherche de ses origines. Elle ne sait en effet pas qui est son père, cet "irlandais" dont sa grand mère lui interdit de parler.

Elle est aujourd'hui agée de 29 ans, et enceinte de Daniel, de 16 ans son aîné, qu'elle a rencontré lorsqu'elle était encore cette enfant solitaire à la recherche de ses origines. Elle retrouve dans la boîte à chaussures de sa mère les lettres et mots que cette dernière a laissés et par ce biais des traces de son père.

J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman et je n'ai pas été déçue. A peine ouvert, je n'ai plus pu le lâcher. Tout m'a subjugué :  la description de sa mère,  femme mystérieuse que l'héroïne apprend à connaître après sa mort,  ses relations pleines de tendresse avec ses grands parents,  la vie dans ce village dont les habitants cultivent les mystères, l'enquête policière. Ce  récit initiatique m'a littéralement tenue en haleine . C' est aussi un très beau roman d'amour, à plus d'un titre.  C'est un livre sur le deuil enfin. Bref, une belle surprise et la découverte d'une talentueuse romancière. Je m'en vais maintenant lire son Avis de tempête. 

Démarré en Hollande, j'ai refermé ce livre un dimanche d'août dans le train Paris-Amsterdam.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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Lundi 27 octobre 1 27 /10 /Oct 03:04

"Je sais pourquoi nous essayons de garder les morts en vie : nous essayons de les garder en vie afin de les garder auprès de nous. Je sais aussi que, si nous voulons vivre nous mêmes, vient un moment où nous devons nous défaire de nos morts, les laisser partir."

Le 30 décembre 2003, vers neuf heures du soir, John, le mari de la narratrice, un écrivain américain réputé, est victime d'une attaque subite et foudroyante, alors qu'ils s'apprêtaient à  diner chez eux, à New-York, revenant de l'hopital où leur fille unique est  dans le coma. Ce  livre revient sur les événements qui ont suivi cet instant dramatique en détruisant  toutes les convictions que la narratrice, romancière elle même, avait pu avoir "sur la mort, sur la maladie,  sur la probabilité et le hasard, sur les bonheurs et les revers du sort, sur le couple, les enfants, la mémoire, sur la douleur du deuil, sur la façon dont les gens se font et ne se font pas à l'idée que la vie a une fin, sur la précarité de la santé mentale, sur la vie même".

La narratrice commence à écrire ce récit 9 mois après cette dramatique soirée, qui a commencé comme elle se plait à le rappeler comme une banale journée. Elle était mariée depuis 40 ans à cet homme, elle avait vécu avec lui presque 24 heures sur 24, dans la mesure où ils travaillaient ensemble. Il était son guide, son compagnon, son ami, son conseiller artistique, celui avec qui elle partageait tout. Elle revient sur l'année qui a suivi son décès, la manière dont elle l'a  appréhendée, jusque dans les détails du quotidien -trier les vêtements du défunt- ,  en analysant et en décrivant  ce qui se passe à l'intérieur d'une personne confrontée au deuil, et notamment en quoi il modifie les relations avec autrui.

De façon implacable, elle revient sur l'instant qui a fait basculer sa vie, sur les souvenirs de ces années de vie commune qui affluent, sur son quotidien sans lui auprès de sa fille qui est hospitalisée dans un état très critique,  sur ses relations avec le monde médical,  sur sa façon d'appréhender le présent seule. Elle cherche à comprendre ce qu'elle vit, explique en quoi ce deuil est différent de la mort de ses parents dans la mesure où il bouleverse son quotidien. Elle cite les lectures sur lesquelles elle s'est appuyée et qui l'ont sans doute aidée : "Deuil et Mélancolie" de Freud ou "Essais sur l'histoire de la mort en Occident" de Philippe Ariès. Elle revient sur son manque d'empathie et de compréhension par rapport à certaines veuves   : "Je me souviens du mépris que m'avait inspiré le livre écrit par la veuve de Dylan Thomas, Caitlin, après la mort de son mari, Leftover Life to Kill ("Un reste de vie à tuer"). Je me souviens de mon dédain, de ma sévérité envers sa façon de "s'apitoyer", de "geindre" de "s"apesantir". Lefthover to kill est paru en 1957. J'avais ving-deux ans. Le temps est l'école où nous apprenons".

Des passages particulièrement touchants émaillent ce témoignage. Elle montre en quoi le chagrin du deuil est "un état qu'aucun de nous ne connait avant de l'avoir atteint" et que ce qu'on peut en imaginer est loin de ce qu'il est vraiment.  Un livre intelligent, qui analyse et dissèque le deuil, sans complaisance mais aussi sans pathos. Un livre d'une grande force et qui montre notre impuissance. Un livre qui philosophe sur la vie et sur la mort. Un livre qui témoigne de la solitude d'une femme qui se retrouve seule après avoir passé toute sa vie auprès d'un homme qui la protégeait avec les souvenirs qui rôdent et les discussions qui restent sans réponse faute  d'interlocuteur.

Un livre très fort, que je vous recommande.

D'autres bloggeuses ont aimé : Les routes de l'imaginaire, Les lectures de Sophie

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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