Framboise Dartigen retourne vivre dans son village natal à l'âge de 65 ans. Elle rachète la ferme de sa mère abandonnée
depuis longtemps.
Mais personne ne sait qu'elle est la fille de Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l'exécution de onze villageoix pendant l'occupation allemande. Pour l'instant elle est la veuve Simon et d'ailleurs personne ne la reconnaît : "Quand je revins aux Laveuses, j'étais presque certaine de n'être reconuue par personne. Sans faire le moindre effort pour me cacher, je me montrais dans le village avec une sorte d'imprudence délibérée car si quelqu'un me reconnaissait, s'ils réussissaient à retrouver en moi les traits de ma mère, je voulais en être immédiatement consciente."
Il lui faudra d'ailleurs un certain temps pour être adoptée mais elle le sera grâce à une crêperie qu'elle ouvre après son retour au pays et qui aura beaucoup de succès grâce aux recettes qu'elle tire de l'album que sa mère lui a légué à sa mort : Em mourant, ma mère légua la ferme à mon frère Cassis, à ma soeur Reine-Claude elle laissa le contenu de notre cave -une fortune sous forme de vins fins- et à moi la cadette elle donna son album".
Le récit de sa vie dans ce village - ses problèmes de famille, la jalousie que suscite sa réussite actuelle- est entrecoupé par la lecture de l'album de sa mère qui permet de nous faire revivre l'enfance de cette famille pendant l'occupation. Que s'est-il réellement passé à cette époque ? C'est tout le suspens de ce récit dont l'intrigue est très bien ficelée et la forme (alternance passé/présent) originale font de ce roman une lecture captivante.
Pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que sa mère Mirabelle était allergique aux oranges, denrée extrêmement rare sous l'Occupation. Ne serait ce que l'odeur d'une orange la rend malade et l'oblige à rester au lit. Framboise use donc de ce tratagème et cache le cinquième quartier de l'orange sous l'oreiller de sa mère afin de la rendre malade et de pouvoir de ce fait sortir librement. C'est toute la cruauté du monde de l'enfance qui est montré dans ce livre mais l'insouciance et l'innocence aussi car pas plus qu'elle ne réalise la cruauté de son geste, Framboise, son frère et sa soeur ne se rendent pas compte des événements et des conséquences dramatiques de leurs actes pendant cette période de guerre.
Du même auteur on peut lire "Chocolat", une fois de plus un livre dont la cuisine est le fil
conducteur. L'héroïne arrive avec sa fille dans un village. Excentrique, anticonformiste au grand coeur, elle ouvre une confiserie aux vertus thérapeutiques. Mais ce n'est pas de l'avis du curé
du village qui voit en elle une rivale... et la part du diable. Ce livre a été adapté au cinéma avec Juliette Binoche.
L'avis d'Annette : "Le style est agréable. J'ai aimé les descriptions des mentalités campagnardes, qui sont toujours d'actualité, et la personnalité de cette mère, fière, digne, ne se coulant
pas dans le paysage, offrant à ses enfants tout son amour à sa façon".
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"Professeur, arrivé de Berlin 1933, enfants 3-14, recherche aide, réinstallation NY. Répondre Mitwisser, 22 Westerley". C'est en répondant à cette petite annonce que Rosie, âgée de 18 ans, entre au service des Mitwisser, une famille de juifs allemands qui a fui son pays face au nazisme. Nous sommes en 1935, dans le Bronx.
"Cette histoire ne m'appartient pas, elle raconte celle d'un autre". Ainsi débute le récit de la vie d'Ossyane Ketabar, que le narrateur suit pendant quatre jours dans les rues de Paris en 1976 après l'avoir reconnu d'après une photographie dans son livre d'histoire.

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