En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Crée ton Blog

Littérature Française

Mercredi 15 mars 2006 3 15 03 2006 10:12

L'action se déroule en Afrique dans des temps très anciens.

Une intense activité règne au palais de Massamba, en raison du futur mariage de Samilia, la fille du roi Tsongor, avec le prince des terres du ciel Kouame. Tout le monde s'agite et s'occupe des derniers préparatifs.

C'est alors qu'un cavalier arrive aux portes du palais et demande audience au roi. Il s'agit de Sango Kerim, que le roi a toujours chéri comme son fils et qu'il reconnaît à peine car il était enfant lorsqu'il est parti. Il vient d'apprendre le mariage de Samilia. Or celle ci lui a fait une promesse dont il a la preuve lorsqu'ils étaient enfants : l'épouser.

Face à ces deux prétendants légitimes, le roi doit choisir. Il demande alors une nuit de réflexion pour trancher "Demain vous saurez tous avec qui se marie ma fille et celui qui n'aura pas été choisi n'aura plus qu'à disparaître ou à pleurer face à ma colère".

Samilia est à Massamba ce qu'Hélène est à Troie. Ce livre est magnifique : à la fois roman contemporain et tragédie antique. C'est une lecture à ne manquer sous aucun prétexte.

Prix Goncourt des Lycéens 2002.

Prix des Libraires 2003.

Publié chez Actes Sud.


L'avis d'Annette : "Ce n'est pas mon genre de lecture habituel. Mais j'ai apprécié le "code" de ces guerriers, où la famille n'est pas exclue" 

 

 

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:54

Quoi de plus déconcertant que de trouver devant sa porte un soir un manuscrit qui raconte votre propre vie, et qui fait référence, entre autres, aux hommes qui l'ont traversé.

Jane, universitaire américaine de trente ans, ne peut s'empêcher d'en commencer la lecture à peine l'enveloppe ouverte car une question la taraude : qui a écrit ce livre ? Et pourquoi ? Chapître après chapître, elle échafaude de nouvelles théories sur l'auteur anonyme qui se cache derrière ses pages. Mais dès qu'elle croit avoir reconnu cet écrivain mystère, un nouvel élément lui indique qu'elle s'est trompée et que la personne qu'elle soupçonnait ne peut pas être au courant de ce qu'elle décrit.

A travers la lecture de ces pages, vous l'aurez compris, c'est la vie de Jane que nous allons découvrir, parsemée de ses propres analyses et de son regard actuel sur ce passé qui défile devant elle. C'est d'ailleurs toute l'originalité du livre dont le récit est entrecoupé par les réflexions de Jane sur ce qu'elle lit du récit de sa vie, doublée du suspens de savoir qui en est l'auteur.

Même si la fin décevra peut-être certains, ce livre vous tiendra en haleine et vous permettra de découvrir la personnalité d'une femme complexe.

Grand prix littéraire des lectrices de Elle 2000.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:56
Louise est entrée pour la première fois chez Phillies, bar où elle a pris l'habitude d'aller, le jour où Ben y entamait sa carrière de serveur, il y a neuf ans.
Ce soir, elle y attend Norman, un homme marié, avec qui elle a une liaison depuis cinq ans et qui doit la rejoindre après avoir annoncé à sa femme qu'il la quitte.

Mais ce n'est pas Norman qui rentre dans le bar à 18 heures, heure à laquelle ils ont rendez-vous mais Stephen, son grand amour, qu'elle n'a pas vu depuis cinq ans et qui l'a quitté à cette époque pour sa meilleure amie Rachel.

Alors entre les deux anciens amants s'engage un dialogue, sous les yeux et le regard de Ben, le barman plein de compassion qui les a bien connus à l'époque où ils se fréquentaient.

Huit-clos entre trois personnages sur la difficulté d'aimer et de se séparer, les amours perdus et jamais vraiment oubliés, la douleur et le bonheur d'aimer, le temps qui passe et en même temps parfois l'impossibilité d'effacer le passé.

Ce livre, qui se lit en une soirée, est un modèle de sobriété et de justesse dans l'analyse des sentiments.

L'arrière saison/Philippe BESSON, Pocket, 2002, 191 p.

Ce livre a reçu le Grand Prix RTL-Lire

Je ne suis pas la seule à avoir aimé :  Gouli et  Lhisbei aussi !


Extrait :

"Stephen a régulièrement pensé à Louise. Même marié à Rachel, même père de deux merveilleux garçonnets, même occupé par un métier harassant, il n'a jamais cessé de se souvenir d'elle. Dans les mois qui ont suivi leur séparation, il continuait d'essayer de deviner ce qu'elle devenait, qui elle fréquentait, où elle se trouvait. Le hasard, aussi, lui envoyait des signes :la télé diffusait un film qu'ils avaient vu ensemble, le théâtre de Boston devant lequel il passe tous les matins pour se rendre à son bureau proposait une pièce de Louise, il croisait sur un trottoir d'anciens amis qui auraient pu lui fournir de ses nouvelles s'il n'avait pas renoncé à en demander. Avec le temps, ça s'est estompé bien sûr, les signaux se sont espacés mais ça n'est jamais parti tout à fait. On ne partage pas sa vie avec quelqu'un pendant cinq ans sans qu'il en reste des traces. Louise dirait sans doute la même chose. Il aimerait beaucoup qu'elle dise la même chose. "

L'avis d'Annette :
"Style toujours aussi agréable, où j'apprécie "l'élégance" des sentiments"


Du même auteur, à lire aussi :
- "Un instant d'abandon"
- "Un garçon d'italie"



Si vous avez aimé ce livre, vous aimerez aussi :

"
Je l'aimais" d'Anna Gavalda

 

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:57

 

 

Chloé se retrouve pour la première fois seule avec son beau-père, Pierre, dont elle ne s'est jamais sentie très proche. Elle n'arrête pas de pleurer car elle vient d'apprendre que son mari, avec qui elle a eu deux filles, a une liaison et la quitte. C'est d'ailleurs pour cette raison et contre toute attente que son beau-père, dont elle n'est pas spécialement proche, l'emmène dans sa maison de campagne avec les enfants.
S'engage alors un dialogue entre eux. Peu à peu son beau-père va se confier à elle, lui raconter sa propre histoire et lui montrer que le courage n'est pas toujours du côté qu'on croit.

De belles phrases, une réflexion sur le bonheur, des dialogues émouvants, ce livre plein d'émotion et de vérité se lit d'une traite, en une soirée.

Extraits :

"On parle toujours du chagrin de ceux qui restent mais as tu songé à celui de ceux qui partent ?"

"J'avais envie d'une cigarette. C'était idiot, je ne fumais plus depuis des années. Oui mais voilà, c'est comme ça la vie...Vous faites preuve d'une volonté formidable et puis un matin d'hiver, vous décidez de marcher quatre kilomètres dans le froid pour racheter un paquet de cigarettes ou alors, vous aimez un homme, avec lui vous fabriquez deux enfants et un matin d'hiver, vous apprenez qu'il s'en va parce qu'il en aime une autre."

"Le piège c'est de penser qu'on a le droit d'être heureux. Nigauds que nous sommes. Assez naïfs pour croire une seconde que nous maîtrisons le cours de nos vies. Le cours de nos vies nous échappe mais ce n'est pas grave. Il n'a pas grand intérêt. L'idéal ce serait de le savoir plus tôt."
Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Dimanche 19 mars 2006 7 19 03 2006 16:57

 GLOBALIA est un monde qui ressemble étrangement au nôtre ou à ce à quoi il pourrait ressembler : un espace sécurisé, protégé par de grandes parois en verre, où il fait toujours beau et d'où le tabac a disparu. Les individus, qui n'hésitent pas à recourir à la chirurgie esthétique afin de rester éternellement jeunes, y sont heureux grâce aux "centres de promotion du bonheur" et leur armada de psychologues.


A cette société "parfaite" où la richesse et la puissance dominent s'oppose un autre monde : celui des non-zones où la pauvreté est partout visible et où sévissent les vestiges de notre monde actuel : guerres, famines, pollution, individus vieillissants et ridés, etc.


C'est pourtant cet univers inconnu que Baïkal souhaite rejoindre afin de connaître cet "ailleurs" diabolisé. Exilé avec l'accord des autorités qui voient en lui l'homme idéal pour incarner l'autre, 'le nouvel ennemi" dont a besoin Globalia, il s'aventurera dans ce monde dangereux mais où les individus sont encore libres de leur destin.

Malgré ces presque 500 pages, ce grand roman d'aventures, mais aussi d'amour et d'amitié, "1984" du 21ème siècle, se lit d'une traite. Par sa portée philosophique et une réflexion sur les relations nord sud et la répartition des richesses dans le monde, ce récit, mené avec beaucoup d'habileté, à la fois extrêmement bien écrit et d'abord facile, proche des préoccupations et des inquiétudes du monde actuel, devrait toucher de nombreux lecteurs et pas seulement les amateurs de science-fiction.

Globalia de Jean-Christophe Rufin, Gallimard, 2004, 495 p., 21 Euros.

Jean-Christophe Rufin a reçu le Prix Goncourt en 2001 pour "Rouge Brésil", que je vous recommande également ainsi que "L'abyssin". J'ai moins aimé son dernier livre "La salamandre" qui pourtant a passionné certaines de mes amies. En tout cas c'est un auteur français qui écrit extrêmement bien et qui est très sympathique.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 2 avril 2006 7 02 04 2006 11:44

Ulik est un jeune esquimau qui vient d'arriver en France comme ambassadeur de l'Unesco, sa tribu ayant été inscrite au Patrimoine mondial de l'humanité.

Habitué à vivre en communauté avec les siens dans un igloo ou en bande lorqu'il part chasser, il se retrouve pour la première fois de sa vie seul dans une chambre d'hôtel. Confiant à Marie-Alix, qui est chargée de s'occuper de lui en France, qu'il souffre d'ennui et de solitude, celle ci lui propose de l'héberger chez elle. C'est alors qu'il découvre avec stupeur qu'elle vit seule avec ses deux enfants, chose impensable chez lui. Mais il n'est pas au bout de ses surprises et son regard naïf sur les choses va nous permettre de nous interroger sur des modes de vie qui ne nous étonnent même plus.

Ulik, c'est Candide au XXIème siècle, qui observe les yeux grands ouverts et ébahi nos comportement amoureux.

Etude sociologique, analyse psychologique et regard plein d'humour sont un cocktail détonant qui font de ce livre accessible à tous un petit bijou de lecture.

Ulik au pays du désordre amoureux/Francis LELORD. Pocket, 2003, 265 pages
.

Extraits :

" Quel étonnement de se sentir l'unique homme dans ce foyer endormi ! Sans lui, ils auraient passé la soirée ainsi, comme toutes les autres soirées avant son arrivée, sans un homme qui revient raconter sa journée de chasse, qui montre aux petits garçons comment devenir un vrai Inuk, qui vient plus tard retrouver sa femme dans la chaleur de sa couche. D'une certaine manière, Marie-Alix se retrouvait aussi seule que lui-même la veille dans sa chambre d'hôtel. Il l'admira de pourvoir supporter cela sans peur apparente, et même en se montrant toujours gaie dans la journée."

"-Ulik, comment trouvez vous les femmes occidentales ?
- Très jolies
- Merci. Mais les femmes Inuits ne sont-elles pas jolies ?
- Si bien sûr. Mais deux paysages différents peuvent être également beaux"

"Croyez vous que les femmes d'ici sont aussi courageuses que les femmes Inuits ?
- Ce n'est pas le même courage. Les femmes inuits doivent affronter le froid, la faim, souvent la mort de leurs nouveaux-nés, et, bien sûr, le risque de croiser un ours quand elles s'éloignent du camp.
- Et les femmes d'ici ?
- Je peux dire ce que je pense ?
- Mais bien sûr Ulik
- - Je pense qu'elles sont très courageuses pour affronter la solitude. Même moi au début il m'était très difficile de rester seul dans une chambre : cela n'arrive presque jamais dans mon pays. Mais j'ai compris qu'ici beaucoup de femmes vivent seules, sans homme.
- Mais elles l'ont peut-être choisi
- Peut-être, mais choisi ou pas, affronter la solitude demande beaucoup de courage."

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 2 avril 2006 7 02 04 2006 12:04

L'Amazing Diet est un produit miracle qui permet de manger n'importe quoi sans grossir ! C'est formidable ! Mais il a de curieux effets secondaires : il rend les dents noires, on ne peut plus s'en passer et on devient euphorique. De plus certains personnes prenant ce produit sont mortes.

David Sarella se retrouve à donner des cours de création littéraire à des gens qui prennent cette substance. Son inventeur, Marvin Horroway, travaille pour un laboratoire qui, n'ayant pas réussi à en annuler les effets secondaires, arrête sa commercialisation ce qui rend furieux Marvin. Pour se venger, il s'enfuit avec les secrets de fabrication et le distribue gratuitement aux personnes influentes du pays. Il se trouve que David et Marvin, bien qu'ils se soient perdus de vue, ont été étudiants ensemble. Pour obliger David à le retrouver, on lui injecte de force du produit. Il n'a alors plus qu'une solution : retrouver Marvin sinon il mourra.

Du rythme, du suspens, une idée originale font de ce roman un bon thriller surfant entre fantastique, science-fiction et polar.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 1 mai 2006 1 01 05 2006 18:27

 

 

Un fait divers sordide secoue une petit ville de Province dans le nord est de la France : une fillette âgée de 10 ans, aimée de tous, troisième et dernière enfant de l'aubergiste du village, est retrouvée morte dans le canal.

Nous sommes en 1917 et l'usine emploie tous les hommes du village qui échappent ainsi à la guerre. Mais si les hommes sont épargnés par le conflit mondial, ils sont accablés par la vie : Pierre-Ange Destinat, procureur en retraite, qui vit dans la solitude de son château, ne s'est jamais remis de la mort de sa femme ; le juge Mierk, ennemi juré de Destinat, est un goujat qui réclame des oeufs mollets devant le cadavre de l'enfant. Le narrateur enfin, Matziev, un policier venu exprès de la ville voisine pour l'enquête, n'épargne personne pas même lui même dans ce récit où il nous délivre petit à petit les secrets et les blessures de chacun des personnages du livre.

 A la fois roman historique, enquête policière mais aussi roman d'amour, ce magnifique livre dresse le portrait de personnages tragiques dont les âmes ne sont ni tout à fait noires ni tout à fait blanches.

Grande leçon d'humilité, ce récit à l'écriture sobre, concise, sensible est un des plus beaux que j'ai lus ces dernières années.

"A l'aube nous sommes partis. Clémence s'était levée, nous avait préparé une pleine cafetière brûlante et du vin chaud roulé dans un litron. Sur la porte, elle nous a fait un petit signe, et à moi, à moi seul, un sourire. J'ai fait quelques pas vers elle. J'avais tant envie de l'embrasser, mais je n'ai pas osé, devant Joséphine. Alors je lui ai rendu son signe. Et c'est tout.

Depuis, il n'y a pas un jour où je n'ai regretté ce baiser que je ne lui ai pas donné."

"Les âmes grises" de Philippe CLAUDEL, Stock, 2003, 284 p.

Sorti en Poche

Adapté au cinéma

Prix Renaudot 2003

Livre de l'année 2003 "Livres Hebdo"

Prix des Lectrices de Elle 2004

L'avis de Papillon

Note du 28/12/2006 : Mon fiancé est en train de le lire et... il adore ! 150 pages lues en 2 jours. Bon d'accord il est en vacances mais quand même...

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Vendredi 5 mai 2006 5 05 05 2006 12:08

"L'oncle a quarante ans et vit dans un studio de 30 m2". Pas d'enfant, pas de maison non plus si ce n'est la maison d'édition qu'il fréquente.

 Ce personnage haut en couleur, qui ressemble étrangement à l'auteur, dépressif, alcoolique, est un anti-héros.

Mais derrière l'homme cynique et désabusé, qui ne croit plus en rien, figure du "raté" si l'on s'en tient aux normes de notre société conformiste, se cache non une banale auto-fiction mettant en scène un homme égocentrique passant son temps à se regarder le nombril mais une critique certes acerbe mais lucide de notre société et de ses institutions : le mariage, l'éducation nationale, les maisons d'édition mais aussi les relations familiales, les femmes, la vie quoi...

Et malgré le pessimisme du propos, on se prend à rire ou du moins à sourire devant certaines descriptions qui ne manquent pas d'humour et de clairvoyance : "La salle d'attente du psychiatre est un endroit très rassurant. Il suffit d'y rester cinq minutes pour connaître un début de guérison. Une femme prostrée sur le canapé ne répond pas à votre salut amical et joyeux. Elle a les yeux cernés et les ongles rongés. Elle va visiblement très mal. Vous vous sentez en pleine forme par rapport à elle. Vous pouvez repartir. Vous n'aurez rien payé."

Si l'oncle a "raté" sa vie, il n'a pas raté ce livre qui a obtenu en 2003 le prix de Flore qui récompense une oeuvre qui "allie jeunesse, originalité et modernité".

Publié chez Flammarion, sorti en poche

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 28 octobre 2006 6 28 10 2006 17:51

 

 

 

 

 

                                                                                                                                      

Niels offre à son frère Théo  pour ses 20 ans un jeu de société qui est en fait un jeu de psychologie intitulé "Personnages et Caractères". Ils vont l'inaugurer le soir même avec Moussia, leur mère, âgée de 58 ans, et des convives invités pour fêter l'anniversaire de Théo : Estelle, sa fiancée  et des amis de la famille : Claude et sa petite amie Fleur, Marina et son fils Arthur. 

 

Sorte de jeu de la vérité avec des questions comme "D'après vous, qui ici aime le plus l'argent ?" ou "A qui autour de cette table feriez vous le plus confiance pour garder un secret ?", ce jeu va les amener à se révéler aux autres mais aussi à entendre l'idée que les autres se font d'eux. Autrement dit, comme l'indique la règle du jeu "Personnes susceptibles s'abstenir". 

 

Ce roman polyphonique, où chacun livre ses pensées intérieures avant que nous assistions aux échanges proprement dits, montre la fragilité des relations entre les êtres et surtout le décalage entre ce qu'on pense être et la vision que les autres ont de nous. Car si certains se réjouissent a priori de découvrir ce que les autres pensent d'eux, il n'en reste pas moins que cela peut se révéler une opération dangereuse. En effet, "Qui a déjà imaginé les opinions sévères que portent sur lui même les compagnons qu'il se croyait acquis ?".

 

J'ai adoré ce livre, rempli de si beaux passages qu'il me faudrait plusieurs pages pour en citer les meilleurs extraits et ses réflexions pleines de justesse et de tendresse sur la vieillesse, la mort (à travers le personnage de Nina, la mère de Moussia, qui ne joue pas avec les autres mais dont la présence est pourtant omniprésente tout au long de la partie), la famille, l'amour, l'amitié mais aussi et surtout les autres et le regard qu'ils portent sur nous : "Je m'inflige et subis la tyrannie du regard des autres, ils croient nous connaître, ils nous imposent ce qu'ils s'imaginent, ignorant résolument qu'ils ne sauraient tout découvrir. Les autres, ils prétendraient pour peu nous dire qui nous sommes, sous ce vieux prétexte existentialiste que seuls nos actes écrivent notre identité".

 

Je ne sais si ce livre peut aider à accepter le regard souvent faux, pas toujours bienveillant mais inévitable que les autres portent sur nous, en tout cas c'est un vrai bonheur de lecture. Merci à Alice Ferney pour toutes ces belles phrases qui résonnent et sonnent si justement à mon oreille. Bref, ce fut pour moi un vrai régal et mon coup de coeur de la rentrée littéraire 2006.

 

"Ceux que nous choyons, protégeons et éduquons, nous laissent isolés au dessus d'eux, dans ce territoire du contrôle et de la maîtrise où ils nous croient. Et jamais nous ne les détrompons, jamais nous n'avouons que nous ne savons pas, que nous avons peur, que nous sommes parfois dans l'indifférence et la stupeur et que nous leur tenons la main non pas seulement pour eux mais aussi pour nous."

D'Alice Ferney, j'ai aussi lu et aimé "La conversation amoureuse"   

 

Nota Bene : Ce jeu n'est pas une fiction, il existe vraiment mais... ne me l'offrez pas !

Un autre article sur le blog de Essel

Et l'avis de Praline


Rencontre avec Alice Ferney

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
- Voir les 15 commentaires - Recommander

News et Incontournables

Ce blog ne regroupe que les romans
que j'ai aimés, à la folie (5 étoiles),
passionnément (4 *)
 ou tout simplement beaucoup (3 ***)


Coup de coeur de la décennie :
La voleuse de livres


Mes sept derniers coups de coeur

D'autres vies que la mienne
Le pont des soupirs
Le cercle littéraire des amateurs...
Va chercher : une enquête de Chet et Bernie
L'année brouillard
Le club des incorrigibles optimistes (billet à venir)
Cristallisation secrète de Ogawa (billet à venir)


Derniers coups de coeur Jeunesse :

Miss Charity
Qui es tu Alaska ?
La déclaration l'histoire d'Anna
La résistance l'histoire de Peter
Le chagrin du roi mort

Derniers coups de coeur manga/bd

Gemma Bovery
Death Note
I's
Persepolis
Ma maman est en Amérique...
Tamara Drewe
Rosalie Blume


undefined 
Ma bibliothèque sur Babelio




undefined


  

Rechercher

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés