Quantcast

En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

Juin 2013
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Crée ton Blog

Littérature Française

Jeudi 19 novembre 4 19 /11 /Nov 00:03

" Quelque chose a changé"

Mon frère doit lire trois livres dans l'année... Le dernier était celui de Charlotte Valandrey... Vous voyez le style... Sauf qu'il a croisé la dénommée Charlotte dans sa jeunesse sur les plages du Val André justement... Ceci expliquant peut-être cela. Bref ! Cette fois ci il s'est retrouvé par je ne sais quel hasard plongé dans la lecture de ce récit de Philippe Labro, qu'il m'a immédiatement acheté et posté, tellement il a été emballé par ce livre lu en trois jours (un record pour lui !). Certes, j'étais un peu surprise qu'il pense à moi après avoir lu un récit sur la dépression... Quoique... Mais j'ai un principe, quand on m'offre un livre, j'en ouvre les pages très rapidement. Et comme c'est sa fête aujourd'hui j'en profite pour le mettre à l'honneur en publiant un billet sur ce paquet cadeau. Ce sera l'occasion pour lui d'aller faire un tour sur le net, qui n'est pas son terrain de prédilection...


La dépression, c'est une maladie invisible et pour cette raison, difficile à (re)connaître, difficile à faire admettre (il a tout pour être heureux) et difficile à comprendre quand on ne l'a pas vécu. Elle vous prend comme par surprise, sans qu'on s'y attende. Et Philippe Labro décrit simplement et sobrement, mieux qu'un documentaire ne le ferait, sans narcissisme, ni complaisance,  ce moment douloureux pour soi et son entourage.

"Je vais tâcher de dissimuler ce que j'ai pris pour un phénomène passager, dû à je ne sais quelle fatigue ou quel virus, mais dont je vois bien, désormais, qu'il s'agit de quelque chose de plus grave à quoi je ne sais faire face" 

Le talent dont fait preuve Philippe Labro est de réussir à nous faire vivre sa dépression de l'intérieur, il arrive à contourner  cette difficulté qui consiste à partager une douleur qui ne se voit pas. Car ce grand patron de presse ne sait pas ce qu'il a mais il sent bien que ça ne va pas, sans parvenir à en dire plus. "J'essaie de déterminer le moment où les choses se sont détériorées, mais je ne trouve pas" car la dépression se manifeste le plus souvent en douce, subrepticement, sournoisement. Avec comme seul projet : chercher le sommeil et s'y réfugier, et surtout plus aucune envie. Philippe Labro va donc rejoindre la secrète famille de ceux qui ont désespéré, de ceux frappés par ce que les Anglo-Saxons appellent un "nervous break down", littéralement une brisure nerveuse, une chute, une fêlure.

La grande force de ce journaliste c'est de faire oeuvre de pédagogie, en nous faisant partager ce moment de brisure, en nous le faisant comprendre, et en nous obligeant à le respecter. Il montre aussi le rôle de l'entourage, sans concession pour  les rumeurs parfois blessantes dans les couloirs de RTL.

Je n'aurais pas lu ce livre si on ne me l'avait pas offert et j'avoue que je l'ai refermé en me félicitant d'y avoir consacré quelques heures. Il m'a permis de confirmer beaucoup de choses que je pensais, tout en me permettant de  mieux les appréhender. Grâce à un récit fort et sobre. Qui nous dit que personne n'est à l'abri.


"Il avait retrouvé l'étincelle perdue, la petite paillette de gaieté qui révèle la différence entre celui qui plonge dans le noir et celui ou celle qui a sorti sa tête de l'eau sombre et redécouvre la simple et irrésistible pulsion de vie."

     Tanguy d'avoir partagé cette lecture avec moi

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 9 novembre 1 09 /11 /Nov 00:08

"Mais pourquoi ils ne me disent pas tout simplement que je vais mourir ?"


Oscar a dix ans et une leucémie.  Bien qu'il ait horreur d'écrire, il passe une grande partie de son temps à envoyer des lettres à Dieu. Pourtant il n'est pas particulièrement croyant mais il a du temps bien que son temps soit compté.

Oscar va mourir, il le sait, il a entendu le médecin qui s'occupe de lui à l'hôpital le dire à ses parents.  "L'hôpital c'est un endroit super sympa avec plein d'adultes de bonne humeur qui parlent fort, avec plein de jouets et de dames roses qui veulent s'amuser avec les enfants" Mamie-Rose, la seule qui n'a pas changé depuis qu'on le sait condamné, lui conseille d'écrire à Dieu afin qu'il se sente moins seul :  "Livre lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent". Car dans un hôpital, personne n'ose parler de la mort, et surtout pas à un enfant qui est sur le point de la rencontrer. Même les copains d'Oscar deviennent sourds et muets quand il s'agit d'aborder le sujet.  Alors Oscar écrit, il s'invente la vie qu'il n'aura pas, les premiers amours adolescents, le mariage et l'entrée dans la vie adulte "C'est dure la trentaine c'est l'âge des soucis et des responsabilités", la maturité,   la vieillesse "J'ai soixante ans passés et je paie l'addition pour tous les abus que j'ai faits",  sans avoir peur de dire que "c'est moche de vieillir" et enfin l'inéluctable mort qui, sans vouloir plomber l'ambiance, nous attend tous.

Un petit livre par la forme, grand par l'émotion qu'il suscite. Comme l'entourage d'Oscar, il m'est difficile de parler de la mort, de la mienne mais aussi de celle de mes proches, surtout lorsqu'on se retrouve face à un malade en phase terminale. Comment envisager l'inenvisageable et dire l'indicible ? Un livre plein d'émotions, un hymne à la vie dont il faut profiter avant qu'elle ne nous prenne, comme elle a pris Oscar qui a fini par s'endormir bien trop jeune en nous laissant un petit livre bouleversant.

Un billet double pour la peine puisque Valérie publie sa chronique aujourd'hui, en souvenir du swap de rentrée au cours duquel elle m'a glissé ce petit bijou dans le colis qu'elle me destinait. Si vous voulez savoir ce qu'elle en pense, c'est ici.

Un film adapté de ce roman sort dans un mois, avec Michèle Laroque dans le rôle de Mamie Rose. Mais je crois que je n'irai pas le voir ! Pourtant j'aime le septième art et j'apprécie toujours une bonne séance de cinéma. Mais j'ai souvent été déçue par les adaptations des livres que j'ai été voir . Et puis, j'ai  peur d'être vraiment trop bouleversée.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 00:22

Lire une nouvelle de Maupassant, c'est comme se plonger sous sa couette, on est bien, au chaud, sûre de ne pas être déçue et on ronronne en savourant chaque ligne.  Phénomène d'autant plus appréciable qu'en temps normal, je ne suis pas fan des nouvelles mais celles de Maupassant j'adore !

Au ministère de la Marine, les employés sont tous zélés, surtout au moment de l'avancement. Parmi eux Cachelin, veuf ayant le secret espoir de marier sa fille à un de ses collègues, auquel il voue une admiration sans borne. Et cela lui semble d'autant plus réalisable que sa fille est en passe de devenir riche car elle est l'unique héritière de sa tante. "La chose était connue dans l'administration et les prétendants ne manquaient pas." Ayant eu la faveur d'un avancement grâce à Lesable, il s'empresse de l'inviter à dîner pour le remercier et surtout pour le présenter à sa fille. L'affaire est rondement menée et les deux tourtereaux convolent bientôt en juste noce... Mais lorsque la vieille tante meurt, ils apprennent avec stupéfaction qu'elle a rajouté une clause à son testament : il faut que le jeune couple ait un enfant pour pouvoir prétendre toucher l'héritage, faute de quoi au bout de trois ans l'argent devra être versé à des oeuvres. Or, malgré leurs ébats, les deux jeunes mariés n'ont toujours pas d'enfant...

Du Maupassant pur jus : des fonctionnaires mesquins et méchants, une ambiance de bureau où chacun se gausse du malheur des autres, la cupidité des êtres humains face à l'argent, le triomphe du vice et de la malhonnêteté. Et pourtant quel réalisme dans ces portraits d'hommes et de femmes !

J'ai d'autant plus apprécié cette nouvelle qu'elle n'était pas perdue au milieu de plein d'autres dans un recueil mais au contraire mise en valeur dans un seul livre, un livre du format de votre sac à main, et que j'ai donc glissé dans le mien. Avec en prime une  magnifique première de couverture, à la fois sobre et recherchée.   "A s'offrir en partage" est  une toute jeune collection qui propose de mettre en valeur de superbes récits, et qui a déjà plus d'une dizaine de titres à son catalogue. Je vous recommande bien évidemment de commencer par celui ci, préfacé par Pierre Assouline.

Pour en savoir plus sur cette jeune maison d'édition belge, c'est ici.


"Plus que des classiques, la collection À s’offrir en partage publiée par la maison d’édition André Versaille permet de découvrir ou redécouvrir les œuvres que l’on a aimées, présentées par de grands auteurs, à tout petit prix. Une façon de partager son émotion de lecture en offrant un cadeau à ses proches ! "

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 22 septembre 2 22 /09 /Sep 00:02

"C'est la sensation épouvantable que l'on éprouve en prenant conscience que tant de choses sont à conjuguer au passé, et qu'on ne sait plus exactement quand on s'est mis à changer de temps. C'est la sensation déprimante que même si les gens que l'on a aimés ne sont pas morts,  ce que nous avons partagé avec eux, hier ou avant-hier, est devenu imaginaire, car le souvenir lui même s'estompe, se transforme, se dilue".

 

De Martin Winckler, j'avais beaucoup aimé "La maladie de Sachs", le récit du quotidien d'un médecin généraliste. Et j'avais depuis longtemps sur ma PAL ces 750 pages, sur lesquelles je ne me serai pas arrêtée, si Marie ne les avait pas mises dans ses coups de coeur.

Ce récit raconte -mais pas seulement- la formation de Bruno Sachs -alias Martin Wincker- pendant ces longues années d'études de médecine dans les années 1974, alors que la loi Veil sur l'IVG n'est pas encore votée. Années de formation au cours desquelles il se fait des amis pour former un quatuor -les quatre mousquetaires- qui sera omniprésent tout au long de ce roman passionnant, écrit en s'inspirant de la trame  du célèbre roman d'aventures,  dont on retrouve avec bonheur les personnages principaux : Bruno Sachs sous les traits de d'Artagnan, André Solal Aramis, Basile Bloom Portos et Christophe Gray Athos. Mais aussi de nombreux personnages féminins du roman :  la femme aimée, la cousine,  la calculatrice...

Ce livre est bien plus que la banale histoire de quatre étudiants en médecine. C'est un roman  brillant, volontiers cynique, et toujours pertinent, une immersion au coeur de la médecine, et de ses étudiants : ceux qui sont médecins de père en fils par obligation, les fils à papa, celles qui viennent là pour se trouver un mari, la dure sélection, l'esprit concours,  la rivalité entre les généralistes et les spécialistes, le pouvoir des laboratoires... Mais bien plus qu'un simple documentaire, c'est aussi un véritable roman à tiroirs qui met en scène l'auteur lui même : la relation de ce fils unique avec ses parents, ses amours, ses amitiés, ses luttes aussi pour l'évolution de la prise en charge des "patients", et l'avènement d'une médecine  plus juste.

Roman de formation, d'amitié, d'amour, roman profondément humain dans la description de ces hommes et de ces femmes qui sans cessent côtoient la maladie, la souffrance et la mort. Pourquoi choisit-on de devenir médecin ? Quelles sont les raisons qui poussent tant de jeunes à faire ce métier difficile ? En sort-on indemne ?

Roman polyphonique, la parole est aussi donnée aux gens qui oeuvrent autour des médecins, les infirmières et aide soignantes bien sûr mais aussi des gens "banals"  comme monsieur Nestor qui s'occupe d'ouvrir et de fermer l'amphithéâtre de la faculté, ou madame Moreno,  la femme qui fait le ménage dans le foyer des étudiants. Un livre sur le féminisme aussi et les luttes pour l'IVG ou la reconnaissance des femmes comme médecins...

Bref un roman passionnant, qui se lit d'une traite, et que je vous recommande chaudement.

"Tu es l'homme des livres, Diego. Tu as toujours été là quand il le fallait, pour écouter ceux qui avaient besoin de parler. Celui qui reçoit et transmet les histoires des autres... et qui les met à l'abri quand il le faut".


Martin Wincker vient de publier un nouveau roman "Le choeur des femmes", sorti en librairie le 27 août.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 16 mars 1 16 /03 /Mars 02:57

Ann Hellbrown est une écrivaine assez peu connue, morte en 1912, sur laquelle travaille Janet, une universitaire américaine. Cette romancière a la particularité de n'avoir plus écrit une ligne après la mort tragique de son mari.

Janet est invité par Bernard, un jeune maître de conférences qui tient un site sur Anne Hellbrown, à rejoindre la France pour participer à un colloque que ce dernier organise et dont le sujet d'études n'est autre qu'Anne Hellbrown. Janet, malgré son aversion pour l'avion, ne peut faire autrement que d'accepter l'invitation ce qui ne l'enchante guère. Bien qu'une spécialiste de littérature française comme elle l'est est censée passer ses vacances en Europe, ce n'est  guère le cas de  Janet qui est on ne peut plus sédentaire. Pourtant, poussée par son éditrice, elle se sent obligée de contribuer à cette conférence. Dejanire Mulot, qui travaille quant à elle sur l'évolution de la maternité, est aussi invitée au colloque comme conférencière. S'y retrouve encore Mikaël Walter, un jeune homme d'origine suisse. Tous ont un lien avec Anne et surtout Nathalie, dite Lili, jeune étudiante passionnée depuis toujours par son oeuvre et qui envisage de faire une maîtrise sur elle. Elle s'occupe par ailleurs du manoir dans lequel a vécu Anne Hellbrown, et qui fait office aujourd'hui de gite.

Mais le trouble est semé par la révélation d'un inédit qu'Anne Hellbrown, contrairement à la légende, aurait écrit après la mort de son mari...

Après avoir eu un coup de coeur pour  Julie Wolkenstein que je ne connaissais pas, en lisant  son dernier roman, "L'excuse," j'ai voulu découvrir d'autres livres de cette femme. Mon choix s'est donc porté sur "Colloque sentimental", au titre séduisant. Je n'ai pas regretté cette lecture car ce roman m'a beaucoup plu.  L'écriture est fluide, l'histoire captivante, les personnages attachants. Le suspens est là, juste ce qu'il faut et les intrigues sentimentales se nouent au gré de l'intrigue centrale. Ce roman intimiste me donne envie de lire d'autres livres de Julie Wolkenstein. Charmant, se passant dans un cadre idyllique, en bord de mer dans une petite île retirée du monde, il m'a fait passer un très bon moment.

Du même auteur "L'excuse", dont vous pouvez découvrir mon billet ici

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 19 novembre 3 19 /11 /Nov 06:41

"Quand un éléphant sent que la mort va venir, il quitte le troupeau. Il rejoint un endroit secret, un arbre ou un coin d'eau. Les autres le regardent, s'éloignent et ils poursuivent leur route."


Le narrateur vit avec Anna et leurs deux jumelles de sept ans à Montreuil. L'été ils vont au bord de la mer en Normandie dans leur maison "La Téméraire, face à la mer, à quelques kilomètres seulement du sud de Dieppe."

Alors qu'il vient d'acheter des fraises pour mettre dans le gateau d'anniversaire que sa compagne prépare pour leurs filles, il croise une vieille femme, Alice. Il l'aide à porter jusqu'à chez elle un panier trop lourd pour elle, remplie de poires pour faire des confitures. Alice Berthier vit avec sa soeur Clémence et  leur chat Voltaire , dans une curieuse demeure au bout d'une allée. Perturbé par cette rencontre et surtout par les kachinas qu'il aperçoit au dessus d'une de ses armoires, ces statuettes fétiches du peuple Hopi, une tribu indienne vivant en Arizona.  Mu par il ne sait pas quoi, il retournera à la rencontre d'Alice, délaissant sa compagne et ses deux filles...

"Les déferlantes", son dernier ouvrage, n'étant pas disponible à la bibliothèque, j'ai fini par emprunter cet autre roman de Claudie Gallay. Je me suis vite glissée dans cette écriture lente et intimiste comme je les aime, avec de nombreuses références aux vacances estivales : les préparatifs du départ avec les maillots, les bottes, les bouées et les rateaux à emporter, les petits déjeuners avec du pain grillé, les vieux livres qu'on trouve dans le grenier de la maison de vacances, les siestes, les mouettes, les glaces qu'on déguste, la promenade le long de la digue, les couteaux cachés dans le sable qu'on fait ressortir avec du sel. Ces descriptions de vacances au bord de la mer ont ravivé avec bonheur mes souvenirs d'enfance. Mais ce livre est aussi un texte magnifique sur la vieillesse, sur la mort , sur le couple, sur tous ces non dits ou ces choses qu'on subit. Et puis toute cette découverte de la tradition indienne "là bas le besoin d'argent vient juste après le besoin de pluie"  avec cette passion commune qu'ont ces deux êtres  pour  ces statuettes, les références à la vie d'André Breton et l'épitaphe figurant sur sa tombe qui explique le titre de ce roman, les références enfin à Honfleur ou Etretat. Un récit avec de très beaux passages, très touchants : "Tous ces rêves que l'on fait. Qui nous portent et parfois nous tuent. Et s'ils ne nous tuent pas, ils nous amenuisent. Comme autant de déceptions. D'amours déçus."

Un texte magnifique, une écriture superbe. Il me tarde de découvrir son dernier roman, qui finira bien par se libérer à la bibliothèque et dont Marie parle si bien ici.


Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 10 novembre 1 10 /11 /Nov 00:01

"Chaumière typique du Vexin, parfait état. R.d.c. : cuisine, salon, bureau. Étage : deux chambres, sdb. Agrandissement poss. Jardin bucolique. Vue imprenable, charme. N'attendez pas trop longtemps".

Jacques Verniot est agent immobilier. Ce qu'il aime dans son travail, ce sont les maisons alors que sa femme Michèle préfère les transactions. Elle s'est donc spécialisée dans la vente d'appartements en ville alors que lui tient une agence à la campagne.

François Delbreuve le contacte car il souhaite vendre une maison à Vaillancourt, qui est un petit village perdu. Mais il met des conditions à leur collaboration. En effet, il ne veut pas vendre cette maison à n'importe qui, respectant en cela la mémoire de sa femme qui l'occupait avant sa mort. Il exige donc d'être là lors des visites pour avoir le choix de la personne qui en fera l'acquisition.

Deux femmes sont intéressées par l'annonce : Clara, une romancière, qui a élevé seule son fils Antonin. Ce dernier a aujourd'hui 25 ans et il forme un gentil petit couple avec sa femme et son fils au grand désespoir de sa mère. Mais elle se révèle vite plus intéressée par l'agent immobilier que par la maison !  L'autre personne est Nathalie, mariée à un avocat, mère de deux enfants. Travaillant dans l'événementiel, elle est  à la recherche de "poésie". Dès la première visite, elle tombe raide dingue de cette maison. Mais cette femme ne plaît pas à François Delbreuve...

Entre ces quatre personnes, fracturées, fissurées, solitaires et blessées par la vie, vont se tisser des liens qui iront bien au delà de la simple transaction de biens immobiliers. Rares sont les livres qui mettent en scène un agent immobilier et l'idée est originale et plaisante. Ce qui m'a séduit aussi dans ce roman c'est l'idée d'attacher une maison à un personnage. Ces individus sont par ailleurs attachants, et la maison  donne l'impression d'être pleine de charme. Bref,  un roman sensible et délicat, dont la lecture est très agréable. A découvrir, sans attendre ! 

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Samedi 18 octobre 6 18 /10 /Oct 06:48

Jacques n'en peut plus. Il est épuisé et tellement miné par son travail qu'il finit, sur les conseils de son épouse, par prendre rendez vous chez son médecin qui lui prescrit un arrêt de travail. Il faut dire que Jacques exerce un métier qui n'est pas de tout repos : il est éducateur dans un foyer et prend en charge des jeunes au parcours particulièrement difficile. Cotoyer ces adolescents en grande difficulté fragilise le narrateur, qui en perd même parfois le sommeil. Insultes, rebellions, désobéissances, utilisation d'un vocabulaire particulièrement ordurier sont le lot quotidien de sa vie professionnelle. Lui et ses collègues sont toujours  à la merci  d'une situation qui peut devenir explosive et ingérable. Il finit donc par appréhender ses journées de travail. Et savourer les jours de repos, où il va faire de longues ballades avec sa chienne qui lui permettent de prendre du recul, de savourer un peu de tranquillité. Mais la vie n'est jamais aussi calme qu'on peut l'espérer...

Ce livre est un roman. Pourtant on sent que l'auteur, lui même éducateur spécialisé, a  mis beaucoup de lui même dans ce texte. Témoignage amer sur la quasi impossibilité d'exercer un métier auquel on croyait beaucoup, je pense qu'il pourra tout particulièrement intéresser le milieu éducatif et les personnes qui exercent cette profession particulièrement difficile et ingrate, qui emmène sans doute à se poser beaucoup de questions sur le bien fondé de son action. Comme le dit si bien le titre, Jacques se retrouve "meurtri" et parfois impuissant dans ce milieu en vase clos, où il faut gérer au jour le jour et parfois même la nuit des situations difficiles, avec de rares moments de reconnaissance...

Un premier roman qui fait un état des lieux du statut finalement peu reconnu d'éducateur spécialisé et dresse un portrait sans concession de jeunes en rupture.

Du même auteur je m'apprête à lire un recueil de nouvelles "La mécanique du destin" qui vient de sortir.

Publiés aux édition Thélès.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 06:04

Pour la deuxième fois -mais je l'espère pas la dernière-  j'ouvre les portes de ce blog à mon cher et tendre. Je suis heureuse qu'il ait accepté de faire la chronique d'un livre dont j'ai beaucoup entendu parler, mais que je n'ai pas encore lu. Par bonheur il a aimé -que dis je adoré- et il partage avec nous ce moment de lecture, merci merci Magiclilive !


Vous me reconnaissez ? Non ? Vous m’avez découvert à travers une chronique époustouflante et peut-être plus du roman de Mo HAYDER  « TOKYO ». N’étant pas rancunier, j’ai décidé de sévir de nouveau sur le blog de Clochette avec le dernier roman de Jean TEULÉ  « Le Montespan ».

 

Pas besoin de te rappeler qui est Jean TEULÉ ? Si un peu ? Bien, je vais faire un effort puisque c’est toi et que je te trouve particulièrement sympathique. Notre romancier est né le 26 février 1953 à St Lô dans la Manche. Il s’oriente tout d’abord vers la BD, il dessine pour l’Écho des Savanes. Remarqué par Bernard RAPP il intègre le petit monde de la télévision et devient chroniqueur dans l’émission « L’Assiette Anglaise (te souviens-tu belle enfant ?). Il récidive sur Canal + avec « Nulle Part Ailleurs ». Notre homme est un touche à tout : comédien, scénariste, cinéaste et bien sûr écrivain. Son premier roman « Rainbow Pour Rimbaud » sort en 1991, c’est un énorme succès, plus de 45000 exemplaires vendus. Fils d’ouvrier du bâtiment et d’une concierge communiste (mon dieu !)  ses amis disent de lui qu’il n’a pas changé. Son cœur bat toujours à gauche -qu’est ce que tu veux personne n’est parfait- et il n’a jamais renié son passé.

Petite page people pour terminer -je sais tu adores-, la compagne de Jean n’est autre que l’actrice Miou-miou, ah bon tu le savais !

 

Dès les premières pages nous sommes immergés dans ce siècle où Louis XIV irradie de son aura l’Europe entière. Un mariage heureux où la dot et la rente annuelle sont dépensées en 5 mois, des besoins de plus en plus nombreux  et Mme De Montespan devient vite la favorite du roi. La cour l’étourdit, elle aime le luxe, le faste, l’éclat, la magnificence. Françoise, qui se rebaptise Athénaïs, oublie vite son mari, Louis Henri, fou d’amour, qui passera sa vie entière à tenter de récupérer son épouse volage. Malheureusement son obstination ne sera pas payante. Un livre, bien entendu décalé, original, parfois trivial mais surtout captivant du début à la fin. Grand prix du roman Palatine « Le Montespan » est également une peinture sociale très réussie du XVII siècle. Jean TEULÉ décrit avec bonheur cette époque où l’on masque ses caries avec du miel, de la cannelle et des clous de girofle, où le roi Soleil se vante de n’avoir pris qu’un seul bain durant sa vie. D’un coté le faste de la cour, de l’autre la misère du peuple. De l’humour, du sexe, de la tristesse, de la révolte et des ingrédients jubilatoires qui font mouche à toutes les pages.

Après « Je, François Villon » lu il y a quelques mois, je succombe de nouveau au charme de l’écriture de Jean TEULÉ. Un roman à laisser entre toutes les mains même si elles ne sont pas toujours propres.   

 

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Dimanche 22 juin 7 22 /06 /Juin 06:57

Beaucoup de candidats pour une trentaine de postes, voilà ce qui attend le narrateur qui veut devenir "agent de contact". Après avoir réussi brillamment l'écrit puis l'oral, il fait "ses premiers pas dans le merveilleux monde du contact, en compagnie d'une quinzaine de camarades rescapés du concours de Cachan". Agent de contact, cela veut dire gardien de musée, sauf que le terme gardien de musée n'existe plus car on a revalorisé le métier ! Alors une de ses missions essentielles va être de défendre ce fameux patrimoine, à savoir s'occuper de l'accueil et de la sécurité d'un musée. Jusqu'au jour où il disjoncte...

Premier roman pour Nicolas Beaujon, ce livre sympathique et drôle fait passer un super bon moment. L'humour nait de ce regard sur le monde du travail à travers le portrait de cet homme : l'utilisation du vocabulaire pompeux utilisé pour décrire ni plus ni moins un boulot pas vraiment marrant, les relations avec la hiérarchie et les rapports obligatoires pour décrire l'état du matériel,  la relation avec le public qui cherche désespérement les toilettes et s'extasie devant ce bien public qu'il faut protéger. De ces innombrables heures passées sur une chaise à s'assurer que personne n'abîme rien et à ... s'ennuyer ! Jusqu'au pétage de plombs final. Tout simplement génial.

Un petit roman burlesque et savoureux derrière lequel se cache une satire en bonne et due forme de notre société. Je vous le recommande chaudement.


Publié aux éditions Le Dilettante en 2006.

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

News et Incontournables

Ce blog ne regroupe que les romans
que j'ai aimés, à la folie (5 étoiles),
passionnément (4 *)
 ou tout simplement beaucoup (3 ***)


Coup de coeur de la décennie :
La voleuse de livres


Mes sept derniers coups de coeur

D'autres vies que la mienne
Le pont des soupirs
Le cercle littéraire des amateurs...
Va chercher : une enquête de Chet et Bernie
L'année brouillard
Cristallisation secrète


Derniers coups de coeur Jeunesse :

Miss Charity
Qui es tu Alaska ?
La déclaration l'histoire d'Anna
La résistance l'histoire de Peter
Le chagrin du roi mort

Derniers coups de coeur manga/bd

Gemma Bovery
Death Note
I's
Persepolis
Ma maman est en Amérique...
Tamara Drewe
Rosalie Blume


undefined 
Ma bibliothèque sur Babelio




undefined


  

Rechercher

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés