En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Rentrée littéraire 2009

Mercredi 17 juin 2009 3 17 06 2009 00:18

"L a nuit d'avant la vague, je me rappelle qu'Hélène et moi avons parlé de nous séparer. Ce n'était pas compliqué : nous n'habitions pas sous le même toit, n'avions pas d'enfant ensemble, nous pouvions même envisager de rester amis ; pourtant c'était triste. Nous gardions en mémoire une autre nuit, juste après notre rencontre, passée toute entière à nous répéter que nous nous étions trouvés, que nous allions vivre le reste de notre vie ensemble, vieillir ensemble, et même que nous aurions une petite fille". 

"D'autres vies que la mienne" n'a rien à voir avec "Un roman russe" et c'est heureux car je n'avais pas du tout aimé ce précédent roman d'Emmanuel Carrère. Cette dernière parution s'apparente d'ailleurs plus à un récit dans la mesure où elle relate des histoires qui se sont réellement passées, dont l'auteur a été témoin et parfois acteur, et dont il fait un roman émouvant et prenant.

L'histoire démarre en 2004 alors qu'Emmanuel et Hélène, sa compagne -une journaliste bien connue de LCI- sont en vacances au Sri Lanka au moment du Tsunami. Épargnés par la catastrophe, ils sont néanmoins touchés par ce drame à travers la mort de Juliette, la fillette âgée de 4 ans, d'un couple d'amis.

Juliette, c'est aussi le prénom de la soeur de la compagne d'Emmanuel Carrère. Elle marche avec des béquilles suite à un cancer dans son adolescence et est juge d'instruction. Mariée et heureuse avec Patrice, mère de trois jeunes enfants, elle succombera à la rechute de son cancer à l'âge de 33 ans, laissant son entourage démuni mais plein de courage et de vie.

Dans cet entourage, Etienne, juge également, collègue et ami très proche de Juliette, en raison d'un point commun : comme elle, il boite suite à un cancer contracté pendant l'adolescence. C'est lui qu'Emmanuel Carrère ira voir, pour qu'il lui parle de Juliette et de sa maladie.

L'auteur fait de ces vies, d'autres vies que la sienne, un récit bouleversant. Il va nous faire découvrir et vivre la détresse de ces personnages, qui vont vivre ce qui peut arriver de pire à un être humain : la mort d'un enfant et la mort d'un compagnon en pleine jeunesse.

La première partie du livre, qui suit la découverte de la catastrophe au Sri Lanka et les premiers instants qui l'ont suivie, est bouleversante et nous plonge d'emblée dans la vie de ces êtres. Tout aussi passionnante, le récit de la vie de juge dans une petite ville de Province, et qui ne me réconciliera pas avec l'image que j'ai du monde de la justice, de ses avocats, mais aussi sur les organismes de crédit, qui achèvent de broyer des vies déjà difficiles.

L'occasion aussi pour l'auteur de faire un retour sur soi lucide et absolument pas nombriliste, de montrer comme la vie des autres peut retentir sur la nôtre, quand on sait se montrer empathique et humain.

Emmanuel Carrère nous raconte des histoires vraies, des vies belles, courageuses, dignes mais cruelles. Les personnages décrits sont magnifiques d'humanité, de sobriété et de vérité.  Témoin discret de ces vies, il en fait un roman bouleversant, sans complaisance, criant de vérité, sobre et  talentueux.

Un récit qui rend silencieux et qui force le respect.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 06 2009 00:23

La lecture n'est pas la première préoccupation de la reine d'Angleterere. Jusqu'au jour où elle se rend compte qu'un bibliobus vient une fois par semaine devant le palais. S'y retrouvant par le plus grand des hasards la première fois, elle emprunte un roman presque par politesse. Un livre plutôt ardu mais qu'elle lit jusqu'au bout car quand on est reine d'Angleterre, on a de l'éducation : et comme on finit ce qu'il y a dans son assiette,  on finit aussi ses lectures. Le second emprunt sera le bon et la voilà plongée dans une histoire d'amour qui lui tire des larmes... Mais que va devenir le palais si la reine devient une LCA, c'est-à-dire une lectrice compulsive qui fait passer la lecture avant tout. Certes, contrairement à nous, elle n'a pas de tâches ménagères, il n'en reste pas moins que de nombreuses obligations l'attendent et sont incompatibles avec des heures plongées dans un bouquin.

Pour le choix des romans, pas de problème, elle délègue son cuisinier passionné de littérature et promu pour l'occasion page de la reine, mais pour le reste....

Un petit livre léger et néanmoins très drôle, qui vous détendra bien. Mine de rien un bel hymne à la lecture.

Merci à Marie qui me l'a gentiment offert et à Daphné, qui m'a rappelé qu'il était sur ma PAL en nous le présentant au dernier club lecture ! Et pour faire concurrence à Françoise, je l'ai lu dans le tram !

Clarabel comme moi a  beaucoup aimé !

Cuné aussi !

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Mardi 30 juin 2009 2 30 06 2009 02:08

Grâce à Martine qui a eu l'extrême gentillesse de me prêter ce livre avant même qu'elle le lise, j'ai pu le découvrir rapidement. Il faut dire qu'Essel m'avait mis l'eau à la bouche. Et en un tout petit week-end j'ai donc lu ce charmant roman.

Gabriel a 17 ans, lorsqu'il se fait renvoyer de l'établissement où il est pensionnaire. Son père étant mort l'année précédnte et en souvenir des liens qui l'avait uni à l'établissement, on était passé sur pas mal de ses incartades. Mais cette fois ci c'en est trop et le voilà exclu définitivement, après avoir été surpris à fumer un cigare dans la chapelle après l'extinction des feux.  Il se retrouve donc à New York, chez son frère Spencer. Il a beaucoup d'admiration pour ce frère, de 10 ans son aîné. Les deux garçons se vouent une mutuelle affection et vivent une vie de quasi bohème grâce à l'héritage de leurs parents.

Mais "il y a presque toujours dans la vie un moment clé, un point divisant le temps entre un avant et un après - un accident ou une histoire d'amour, un voyage ou peut-être un décès". Dans le cas de Spencer et de Gabriel, ce sera Lillian Dawes, cette femme séduisante mais surtout mystérieuse qui semble posséder plusieurs identités et qui fascine Gabriel qui ne pense plus qu'à elle et provoque mille occasions de la rencontrer ou d'en savoir plus sur elle.


Un livre délicieux comme beaucoup chez Quai Voltaire, intimiste, qui se lit avec plaisir. L'écriture coule et on tourne les pages curieux de savoir comment cela va finir. Quelques jolis portraits de personnages que je vous laisse découvrir: la cousine, la tante qui se promène  avec son chien , et les nombreux amis.

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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 07 2009 00:15

"La plupart des membres du cercle se rendaient aux réunions juste après avoir dîné d'une soupe de navets. ...Je crois qu'ils s'ennuyaient tellement avec ce couvre feu et les autres vilaines lois nazies que ce cercle n'était qu'un prétexte pour passer une soirée dehors. Ils ont choisi la lecture comme ils auraient pu choisir autre chose"


1946. Angleterre

Savez vous que 30% des livres achetés le sont pour être offerts ?

Juliette a écrit un roman "Izzy Bickerstaff s'en va t'en guerre" qui se vend super bien. Elle voyage de salon en librairie pour rencontrer ses lecteurs et lire des extraits de son livre. Elle entretient des liens de grande amitié avec son éditeur Sidney, à qui elle écrit régulièrement, ainsi qu'à la soeur de celui ci Sophie, qui a un fils dont elle est la marraine.

Elle reçoit un jour un courrier d'un dénommé Dawsey Adams, qui habite Guernesey et qui a entre ses mains un livre ayant appartenu autrefois à Juliet, intitulé  "Morceaux choisis" de Charles Lamb. Il y retrouve en effet son nom et son adresse inscrits au verso de la couverture. Comme il adore cet auteur et qu'il aimerait se procurer un autre de ses livres, il lui demande si elle connait l'adresse d'une librairie à Londres pouvant répondre à sa demande. Sur l'île, les librairies sont en effet pour ainsi dire inexistantes. Il lui confie qu'il a créé un cercle littéraire pendant la guerre pour se protéger des occupants.  Juliet va répondre favorablement à sa demande et entretenir une correspondance avec cet homme. Et peu à peu, chaque membre du cercle va écrire à Juliet, jusqu'à ce que cette dernière vienne les rejoindre sur
l'île.

Comme le dit si bien Anna Gavalda, ce roman est "absolument délicieux". Écrit d'un bout à l'autre sous forme de lettres, ce qui rend la lecture très agréable,  il offre des portraits savoureux et l'intrigue se déroule au fil de ces nombreuses correspondances. A la fois profond et léger, il revient sur la vie des habitants de cette île anglo-normande pendant la guerre  et noue des liens entre les différents protagonistes de ce récit, on se demande notamment qui est l'heureux élu qui va finir par épouser Juliet !

J'ai passé une grande partie de mon adolescence à écrire à mes amis et je me rends compte que nous avons perdu l'habitude de recevoir du courrier dans nos boîtes aux lettres, d'entendre le facteur déposer et faire tomber les lettres par la fente de la porte des maisons. La faute à internet, dont je vante pourtant les nombreux avantages. Ces lettres, quand on les relit, permettent de revivre certains moments inestimables du passé, qui seraient tombés aux oubliettes autrement. Dommage finalement que nous ayons perdu cette habitude d'écrire. Ces lettres donnent en tous cas un côté à la fois charmant et désuet à ce roman. D'apparence légère, certains épisodes relatés sont malgré tout dramatiques car il revient sur la guerre et l'occupation allemande dans l'île.

J'ai dégusté ce livre en un temps record et  je vous le recommande chaudement. La première de couverture est super jolie et le titre vraiment original et bien choisi. C'est une nouveauté à mettre en tête de gondole (ou de LAL) !

Publié chez Nils Éditions.

Pour Clarabel, c'est aussi un coup de coeur.

 

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 07 2009 00:17

"Leur union n'était pas fondée sur l'amour ou le désir, mais sur un sentiment plus doux, et peut-être plus durable : l'amitié"

Le grand père d'Agnès est en fait un remplaçant, un homme que sa grand mère a épousé après la mort de son père. Si cette guerre ne l'avait pas privé d'une descendance, il aurait surement eu des enfants. Oui mais voilà la guerre lui fit perdre sa femme et se remarier avec celle du couple d'amis qu'il fréquentait à l'époque. Les deux veufs ne firent plus q'un et Agnès se retrouva avec un grand père qui n'était pas le sien !


Déstabilisée par la minceur du livre, je l'ai ouvert sans conviction. Il se révélera être une agréable surprise. Certes ce n'est pas un chef d'oeuvre mais il se lit bien et pose des questions qui m'ont interpellée. Plus un récit qu'un roman, il fait le portrait d'un homme attachant, mais auquel bien peu de gens prêtent attention. Les remplaçants sont en effet souvent mal aimés et vite oubliés. Il est difficile de se fare une place  quand on prend celle de quelqu'un d'autre.

J'ai aimé aussi les réflexions sur le monde de l'enfance, pleines de justesse, sur ces gens qui ont eu "des parents avant eux", c'est-à-dire des gens dont ils ont hérité, et qui leur ont permis une vie confortable sans qu'ils s'en rendent toujours compte. Un livre qui aborde les thèmes de la transmission, et de la vieillesse aussi à travers le portrait de ce grand père en fin de vie.

S'y superpose celui tout aussi intéressant de l' homme qui a dirigé l'orphelinat du ghetto de Varsovie et s'est occupé ainsi d'enfants qui n'étaient pas les siens. Un regard sur la guerre et ses drames.

En lice pour le festival de Brive.


"Les enfants sont forcément ingrats. C'est important qu'ils le soient. C'est naturel et souhaitable. On s'en console, sans s'en rendre compte, en songeant qu'à travers eux nous subsistons."

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 3 août 2009 1 03 08 2009 00:10


"Un roman familial sans enterrement, ai je pensé en l'écrivant, ce n'est pas un vrai roman familial".

Cela faisait un moment que je voulais découvrir Tanguy Viel, depuis qu'une copine m'avait dit qu'elle l'avait eu comme camarade de classe et qu'elle avait été soufflée de découvrir son nom sur un bouquin, un jour en se balladant à la Fnac. Certes elle savait qu'à l'époque du lycée déjà il écrivait mais cela lui a tout de même fait un drôle d'effet de le voir sur la couverture d'un livre.

Plutôt que de partir dans le Languedoc Roussillon avec ses parents, le narrateur de ce récit a préféré rester à Brest, où il habite en dessous de chez sa grand mère, dans cette ville détruite par la guerre mais avec "vue sur la rade". Cette femme  est contre toute attente devenue riche, grâce à un homme rencontré au cercle marin où elle avait l'habitude de prendre ses repas. Après qu'elle l'ait aidé à descendre les marches du perron, il lui a proposé de devenir non seulement son héritière mais aussi sa légataire universelle. Après de longues nuits d'hésitation, elle finira par accepter ce leg en contrepartie de quoi elle doit s'occuper de lui jusqu'à sa mort. Mais en prenant cet héritage, elle s'engage aussi à continuer d'employer la femme de ménage d'Albert, madame Kermeur. Or le fils Kermeur est un très bon copain du narrateur : "Mais si on m'avait dit qu'un jour ta grand mère habiterait ici, si on m'avait dit qu'un jour ma mère ferait le ménage chez ta grand mère".

Ce fils Kermeur, que sa mère déteste depuis toujours,  sera le héros du livre ou plus exactement du roman familial qu'il est en train d'écrire. Il sera aussi son bon et son mauvais génie...

Je suppose que les écrivains n'aiment pas qu'on les compare à d'autres, et pourtant en lisant ce livre je n'ai cessé de penser à Laurent Mauvignier, cet autre jeune auteur français. Je trouve que leurs écritures sans souffle, avec de longues phrases laissant de rares moments de respiration mais donnant aussi du rythme au récit,  se ressemblent. Ce n'est sans doute pas un hasard s'ils publient l'un et l'autre  aux éditions de minuit. 

Tanguy Viel nous propose des personnages tous plus crapuleux les uns que les autres, à commencer par le narrateur, escroc aussi à ces heures. Famille, je te hais, pourrait-il dire, et entre le roman qu'il écrit, et le roman de sa vie, il nous propose une tragi-comédie familiale plutôt réussie.

En lice pour le festival de Brive.

Ps : Tanguy, c'est un prénom bien breton, et celui de mon frère. Et si j'avais été un garçon c'est celui que je porterais !

L'avis de Sibylline, plus qu'enthousiaste !

La pertinente revue de presse sur le site des éditions de minuit.

Une critique très pertinente trouvée sur Mediapart

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Dimanche 9 août 2009 7 09 08 2009 00:04

Quelle bonne surprise que ce roman que j'ai failli ne pas emprunter à la bibliothèque tant je pensais qu'il ne devait pas être terrible. Bien sûr j'avais déjà été enthousiasmée par certains livre de Paasilinna, notamment "Le lièvre de Vatanen" mais d'autres m'avaient moins emballée et celui ci, à la magnifique première de couverture (un père Noël out) me semblait par trop commercial. Mais bon, ayant profité des vacances pour faire une razzia à la bibliothèque, je l'ai ajouté à mon "caddie" pensant être confortée dès les premières pages par le fait que je n'irais pas jusqu'au bout ! Grave erreur ! J'ai été emballée, emballée, par ce roman drôle et léger, j'avais bien besoin de me détendre et il est donc venu à point nommé !

Mais que raconte ce livre ?  L'industriel et ingénieur Rauno Rämekorpi fête ses 60 ans, en se disant qu'il lui reste au moins 20 bonnes années à vivre. Il fête dignement cet anniversaire avec sa seconde épouse, Annikki, dont il se sent toujours aussi amoureux.

Le directeur général adjoint de sa société profite de cette réception pour lui remettre le titre de conseiller  à l'industrie. Une bien belle journée d'anniversaire donc. Une fois les derniers visiteurs partis, et après que le traiteur eut rangé les derniers aliments, il décide d'aller mettre à la déchetterie la tonne de fleurs qu'on lui a offert, sa femme ne supportant pas de les respirer en raison de son asthme. Il en  profite aussi  pour prendre les meilleurs restes du buffet qu'il compte déposer à l'usine,  afin que ses ouvriers en profitent. 

Le voilà donc parti, laissant sa femme se reposer et montant dans un taxi dans le but de se débarrasser des bouquets et des victuailles. Mais le sympathique chauffeur sur lequel il tombe trouve dommage de jeter ces magnifiques compositions florales à la décharge et le convainc d'en faire profiter des proches.  Séduit par l'idée, Rauno va donc rendre visite à  diverses femmes, toutes d'anciennes ou actuelles maîtresses, avec la complicité du chauffeur. Mais après un premier moment d'euphorie, il commence à déchanter, d'autant que lorsqu'il rentre chez lui, sa femme bien aimée a disparu, sans laisser un seul mot.

Voilà, on est en plein vaudeville. Je me suis vraiment bien amusée à suivre les pérégrinations de cet homme, pour ne pas dire ce goujat, qui sera pris à son propre piège. C'est sympa, drôle, détendant, très bien écrit et ça se lit vite, très vite. Une très bonne surprise de cette rentrée littéraire, et déjà un cadeau à prévoir pour Noël, la première de couverture s'y prête en tout cas !

Publié chez Denoël & d'ailleurs.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Dimanche 16 août 2009 7 16 08 2009 00:56




"Mon grand-père m'a laissé bien davantage, la passion de la littérature, et quelque chose en plus, de fondamental, la conviction que la littérature est importante. Il en parlait souvent. La littérature est source de plaisir, disait-il, c'est une des rares joies inépuisables mais pas seulement. Il ne faut pas la dissocier de la réalité. Tout y est. C'est pourquoi je n'emploie jamais le mot fiction. Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Il insistait : tu notes bien que je parle du roman ? Il n'y a pas que les situations d'exception, dans les romans, les choix de vie ou de mort, les grandes épreuves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banales ; et en réponse, toutes les attitudes humaines, tous les comportements, des plus beaux aux plus misérables. Lisant cela, on se demande : Et moi, qu'est ce que j'aurais fait ? Il faut se le demander. Écoute moi bien : c'est une façon d'apprendre à vivre. Des adultes vont te dire que non, que la littérature n'est pas la vie, que les romans n'enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne."



Paul Néon est retrouvé après avoir disparu pendant presque deux jours, émergeant tel un zombie de la forêt près de son village.

Anne-Marie Montbrun, mère de famille sans histoire, fait une sortie de route après avoir déposé ses enfants à l'école. Elle certifie avoir vu une voiture vide, raison pour laquelle elle s'est déportée. Mais elle a du mal à faire admettre sa vision des faits. En effet, une voiture sans conducteur en plein tournant n'est pas plausible, surtout si cette automobile se volatilise aussitôt et n'est vue par personne !

Armel ne veut plus sortir de chez lui car il prétend être suivi par deux personnes qui lui font peur.

Tous les trois ont une chose en commun : faire partie du comité institué par Van et Francesca suite à l'ouverture de leur librairie "Au bon roman". Cette librairie a pour principe de ne proposer que de "bons" romans  et pour les sélectionner elle s'appuie sur huit membres ,  ayant tous un nom d'emprunt, et aucun de ces membres ne se connaissent les uns les autres. Bien sûr cette librairie a suscité des polémiques, mais jusqu'à présent, personne ne s'était attaquée au coeur de sa création. Alors Van et Francesca sont obligés d'en référer à la police, pour savoir qui leur veut du mal et surtout pour éviter que les autres membres soient également agressés.

496 pages de pur bonheur, j'ai dévoré ce livre dont je découvrais l'auteur grâce à Marie, qui le citait dans les livres embarqués dans ses valises pour l'été. Cette librairie a en fait un peu le principe que j'ai adopté chez moi et sur ce blog : ne garder que les livres que j'ai vraiment aimés. Je me suis souvent demandée en effet pourquoi la rentrée littéraire propose tant de romans alors que sur la masse il n'y en a pas plus de 40 qui valent le coup. Oui mais voilà, ce n'est pas l'avis des auteurs, des éditeurs et cette librairie en fera les frais. En même temps l'auteur pose une question essentielle : quelle légitimité ont les propriétaires du "Bon roman" pour se targuer de choisir et de décider de la valeur d'un livre. Quid à ce propos de la valeur des critiques littéraires et de leur totale objectivité ?

Bref une idée qui m'a emballée, et un récit qui va  loin, en posant des questions "philosophiques" particulièrement intéressantes.

Génial, génial, génial, ce livre est tout simplement génial et je vous le recommande chaudement.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 09 2009 00:26

Après le génial 44 Scotland Street suivi du tout aussi sublime "Edimbourg Express", je n'ai pu résister à l'achat de ce tome 3 des aventures de Pat, Matthew, Bertie, Big Lou, etc... les colocataires du fameux 44 Scotland Street. Une chronique de San Francisco revisitée à la mode écossaise et qui m'a fait passer un excellent moment.

Nous retrouvons Pat qui suit des cours d'histoire de l'art à la faculté. Dès le premier jour, elle remarque Wolf et tombe très vite sous le charme de cet étudiant, avec qui elle s'empresse d'aller déjeuner. Mais les choses se compliquent quand elle se rend compte que l'immeuble où elle vient d'emménager est aussi celui où réside Tessie, la petite amie de Wolf... Le décor est planté !

Pas une seule seconde je n'ai été déçue par cette suite, que j'ai trouvée très drôle : l'épisode de la voiture qu'on ne sait plus où on gare, du chien qu'on se fait voler... Les personnages sont savoureux, gentiment caricaturés, les histoires d'amour s'emmêlent entre A qui aime B qui est fou d'amour pour C.

J'avoue un faible pour Matthew, ce jeune garçon qui vit sur le dos de la fortune de son père, fou amoureux de Pat, et qui occupe son temps en gérant -le moins mal possible- une galerie d'art.

Bref un roman délicieux, que j'ai dévoré.  J'espère bien qu'il y aura un tome 4 et je pressens que oui : en effet, on quitte la possessive et excentrique maman de Bertie enceinte de son psychiatre...

Mon billet sur le tome 1 de la série

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 10 2009 00:15








"Dans trois mois, j'épouserais son père. Nous ne lui avions pas encore expliqué que j'allais m'installer définitivement chez eux. Que je lui préparerais son petit déjeuner, que je l'emmènerais à l'école et que j'assisterais à ses spectacles de danse, comme le faisait sa mère. Ou plutôt, comme sa mère aurait dû le faire. "Tu as une bonne relation avec Emma, aimait à dire Jake. Tu seras une bien meilleure mère que mon ex-femme ne l'a jamais été." Qu'en savait-il ? D'où tenait-il cette certitude ?"

Encore un roman magnifique découvert grâce à Marie.

Jake élève seul sa petite fille Emma depuis que sa femme les a abandonnés soudainement, sans jamais donner de nouvelles. Quand il rencontre Abby, il lui demande tout de suite si elle aime les enfants.  Mais il n'a pas à s'inquiéter, sa fille et celle qui doit devenir sa future femme s'apprivoisent rapidement.

Un week-end où il est parti réconforter un copain en instance de divorce, Abby et Emma se promènent sur une plage de San Francisco, nappée d'un profond brouillard. La petite fille tient Abby par la main, main qu'elle lâche car elle cherche des coquillages. Au même moment, Abby, photographe professionnelle, est intriguée par un phoque  éventré et elle détourne son regard un instant d'Emma pour le prendre en photo. Quand elle repose son regard sur elle, la petite fille a disparu...L'horreur commence alors, la culpabilité, les questions sans réponse : noyade, enlèvement, disparition... Abby rejoue la scène 100 fois dans sa tête, repense à tout ce qui était autour de cette plage... une camionnette blanche entrevue un moment, les voitures sur la route, la mer et ses immenses vagues, et puis toujours cet épais brouillard. Elle cherche de l'aide, auprès de sa soeur, d'autres parents de disparus, auprès des policiers chargés de l'enquête mais rien n'apaise son angoisse, d'autant que Jake, rongé par la souffrance, s'éloigne d'elle.

"Combien de temps me faudra-t-il pour oublier cette journée à Océan Beach ? Combien d'années devront passer avant que le bruit des vagues ne me rappelle plus cette chose terrible que j'ai faite ? J'ai tellement essayé de me souvenir du moindre détail de cette matinée, et, pourtant, je voudrais croire qu'un jour viendra où je ne serai plus hantée par l'image d'Emma, son seau jaune à la main, s'éloignant de moi sur la plage".

Ce livre est une petite merveille. Une fois ouvert, dès les premières lignes, vous ne le lâcherez pas. Roman psychologique, roman à suspens, il est servi par une écriture magnifique, un scénario somptueux. Il est émaillé de magnifiques passages, et aborde des thèmes comme la maternité et la solidarité. Un livre aussi qui parle de  la mémoire, des souvenirs et de l'oubli. Je l'ai lu d'une traite, d'un souffle et ne peux que vous inciter à le rajouter d'urgence sur votre PAL. Toute la blogosphère est d'ailleurs unanime.

"Nous autres, nous retenons les hauts et les bas -les moments de grand bonheur, comme les événements qui nous ont fait extrêmement souffrir. Alors que le quotidien s'efface, que les visages deviennent flous et que les endroits  où nous avons vécu perdent leur forme et leurs couleurs, nous ne pouvons échapper à nos pires souvenirs".

Le billet de Marie.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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