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En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Rentrée littéraire 2009

Jeudi 24 décembre 4 24 /12 /Déc 00:12


Quand on lui apprend qu'elle va mourir dans six mois, Véra Candida abandonne tout pour retourner à Vatapuna, d'où elle est partie il y a 24 ans, alors qu'elle était âgée de 15 ans et enceinte, consciente du chagrin qu'elle causerait à sa grand mère.  Lorsqu'elle arrive, une vieille femme qui semble avoir 110 ans l'apostrophe en lui disant "Ta grand-mère m'avait bien dit que tu reviendrais".

Véra a en effet été élevée par sa grand mère, une femme magnifique, prostituée jusqu'à l'âge de 40 ans avant qu''elle ne devienne la meilleure pêcheuse de poissons volants , en vivant une vie paisible dans sa cabane en bord de mer. C'était compter sans l'arrivée de Jeronimo, avec sa belle voiture, ses allures de jet setter, et son argent. Cet argent avec lequel il veut déloger Rose, cette grand mère admirable, en lui expliquant que sa maisonnette cache la vue de la colline où il a décidé de planter sa luxueuse villa.

Sorte de fable intemporelle, Véronique Ovaldé plante le décor dans une île imaginaire et nous entraîne dans un nouveau roman, aux personnages fantasques et universels. Elle dresse le destin de trois femmes, qui vont mettre  au monde une fille de façon inattendue et devoir l'élever seule en dissimulant l'identité du père, nous permettant de nous interroger sur la psychogénéalogie, ou cette façon de revivre souvent de façon inconsciente le destin de nos ancêtres. Car jamais rien n'est dit entre les mères et leurs filles pour expliquer ce qui s'est réellement passé dans leur vie, pour en faire des filles mères.

 
Marie  en parle beaucoup mieux que moi, en nous offrant en prime une passionnante interview de Véronique Ovaldé.

Ma critique du précédent roman de Véronique Ovaldé "Et mon coeur transparent"

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 14 décembre 1 14 /12 /Déc 00:14

Un soir de mars 1964, à New-York, une jeune femme de 30 ans, drôle et jolie, qui rentre du bar où elle travaille se fait agresser et meurt après avoir reçu 38 coups de couteau, faisant un banal entrefilet dans le journal "Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle".  Si ce fait divers a marqué les esprits et est encore baptisé du nom de "Syndrome Kitty Genovese", c'est parce que 38 personnes, toutes voisines,  ont été témoins de la scène du crime et aucune n'est intervenue. Seul un couple a finalement appelé la police, mais lorsque la patrouille est arrivée sur place deux minutes après, il était trop tard.

Didier Decoin met en scène dans ce roman les deux seuls voisins absents ce soir là et qui sont hantés par cette question : qu'aurions nous fait ?

Une étude a montré que plus le nombre de témoins est important lors d'une scène d'agression, moins les gens bougent. Autrement dit si nous n'hésitons pas à intervenir lorsque nous sommes seuls à être témoin d'un délit, nous nous sentons déresponsabilisés par la présence d'autres personnes, chacun pensant que quelqu'un d'autre va faire le nécessaire. Et c'est ainsi que personne ne fait rien et qu'un meurtre est commis malgré la présence d'individus qui étaient en capacité de réagir.

Ce roman met en scène un journaliste. Le New York Times décide en effet de confier l'enquête à un de ses reporters Martin Gansberg, Il se penche donc sur ce drame, en interrogeant  le chef de la police, les voisins absents et ceux qui étaient présents, afin d'essayer de comprendre.

Une enquête poignante sur un fait divers dramatique qui ne peut que nous interpeller sur le fonctionnement humain.

"D"après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient  pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. Pas même un coup de téléphone. Non, même pas ça. A 3h50 l'un d'eux s'est enfin décidé à appeler la police. Il y avait une voiture en patrouille pas très loin, il ne lui a fallu que deux minutes pour arriver sur les lieux. Il était trop tard."

Ce livre m'a fait penser au film "I comme Icare", où un des personnages n'hésite pas à programmer des décharges électriques sur un homme visiblement à bout de souffle, dans la mesure où un médecin censé compétent lui dit que l'expérience peut continuer. De même, face à une scène de violence, notre sentiment de responsabilité s'amoindrit en fonction du nombre de personnes présentes sur les lieux. Si personne ne bouge, pourquoi le ferions nous ? Ce livre fait réfléchir et froid dans le dos.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 7 décembre 1 07 /12 /Déc 00:13

Mais qui sont ces optimistes qui hantent les 750 pages de ce premier roman ? Tout simplement des immigrés fuyant l'Europe de l'Est au temps de la guerre froide, lorsque les écrivains -Camus, Sartre, Kessel- commençaient à se poser des questions face à la rigueur du communisme soviétique -une belle idée il est vrai-, et qu'ils se retrouvaient  dans l'arrière salle d'un café parisien  pour écrire ou jouer aux cartes.

C'est en suivant la vie de Michel, âgé de 12 ans en 1959, que nous savourons cette épopée d'un temps et d'un monde bel et bien révolu, l'époque du rock'n roll et de la guerre d'Algérie.

Lecteur compulsif et fan de baby-foot "le baby foot c'est comme le vélo, cela ne s'oublie pas", cet attachant jeune garçon, lycéen à Henri IV, rencontre des gens qui ont tous passé le rideau de fer  pour sauver leur vie, en abandonnant travail, famille, amis, patrie. Et à Paris c'est auprès des intellectuels, grâce à qui ils trouvent parfois des traductions à faire, de quoi gagner un peu d'argent pour pouvoir manger, que   ces réfugiés politiques vont tenter de survivre, en faisant de mémorables parties d'échecs et en gardant un optimisme à toute épreuve. L'heure n'est pas à l'amertume ni aux regrets mais plutôt aux regards tournés vers l'avenir et vers un monde meilleur.

Un premier livre très réussi, qui reconstitue bien cette époque, fait le portrait d'une génération bien différente de celle d'aujourd'hui et des préoccupations actuelles, tout en ayant un regard bienveillant sur la période de l'adolescence qui, elle, est universelle : les relations de Michel et son frère avec leurs parents aux milieux si différents, son incompréhention face aux choix politiques et amoureux de ce frère à la fois si proche et si lointain, son premier coup de coeur amoureux -superbe-, les conflits de génération, la découverte d'un monde qu'il essaie de comprendre. On s'y croirait, on aurait envie d'y être.

Livre politique qui ne fait  pourtant pas de politique, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, dont je trouve le titre  par ailleurs magnifique. Je l'ai savouré par petites touches, sans jamais perdre le fil des magniques personnages et moments qui le parcourent.

Une très bonne surprise de cette rentrée littéraire 2009.

L'avis d'Amanda Meyre, une de mes complices du prix Elle 2009

Celui de Laurence, du Bilioblog

Et celui d'Annabelle, très enthousiaste

 

Et j'ai appris par Marie, ma fidèle complice du net, qu'il avait remporté le Goncourt des lycéens. Super !

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 30 novembre 1 30 /11 /Nov 00:03




Le dernier roman de Yoko Ogawa est une vraie réussite : elle y conjugue récit intimiste et poétique, tout en faisant la part belle à la science fiction, à travers une allégorie d'un régime totalitaire qui vous prive de tout.

Au départ, ce sont des objets sans importance qui disparaissent, comme ces rubans ou cette odeur de parfum que la mère de la narratrice, alors enfant, conserve en cachette dans un tiroir. Puis les oiseaux, symboles sans doute d’une liberté perdue, un drame que n’aura pas vu son père, ornithologue, mort avant. Et jusqu’à des propres parties de votre corps.

Impossible de se soustraire à ces disparitions successives, dans un premier temps physiques, avant qu’elles ne disparaissent de votre mémoire. Seules quelques personnes sont capables d’en garder la trace dans leurs pensées. Mais les traqueurs de souvenirs veillent et il est difficile d’échapper à la police secrète, qui procède à des arrestations sans appel.

Dans cette île où l’auteure a choisi d’exposer l’action,  l’étau se resserre donc d’autant qu’il n’est plus possible de la quitter, les ferrys ayant disparu. De même, la narratrice, romancière, doit renoncer à l’écriture le jour où les livres disparaissent. C’est compter sans l’appui de son fidèle éditeur, qui  tient aux mots plus qu’à tout et qui l’enjoint de continuer à écrire pour ne pas oublier.

Un roman très réussi, avec en filigrane une impression d’étrangeté comme le mettent si souvent et si brillamment en scène les auteurs japonais. Une ambiance particulière et  oppressante habite ces pages, qui offrent une belle métaphore des régimes totalitaires, tout au long d’un huit clos mettant en scène quelques  personnages éblouissants.


A travers ce roman particulièrement brillant se dessine un hommage à peine voilé à l’écriture et à la lecture, dernier rempart contre le totalitarisme et contre l’oubli.

C'est mon dernier gros coup de coeur.

 

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Mardi 24 novembre 2 24 /11 /Nov 00:06


"Largués par nos parents qui disparaissent, par nos enfants qui quittent la  maison, c'est le plus souvent au même moment de la vie que nous sommes confrontés à ces séparations : nos parents meurent, nos enfants grandissent. Coincés entre deux générations, ceux à qui nous devons l'existence, ceux à qui nous l'avons donnée, qui sommes-nous désormais ?"

Lorsque l'enfant paraît, titre d'un très beau livre de Françoise Dolto, plein de bouleversements agitent la vie de ces nouveaux parents, souvent jeunes, inexpérimentés, en proie à un des plus grands changements de leurs vies. Lorsque l'enfant (dis)paraît, quelques 20 ans plus tard, prêt (ou du moins le croit-il) à s'envoler après avoir été le plus souvent très (trop ?) aimé et choyé, c'est un nouveau bouleversement pour les parents. Alors bien sûr, on ne fait pas des enfants pour les garder pour soi, bien sûr on sait qu'ils partiront un jour. Sauf que cela nous semble loin, si loin, sauf qu'on se croit préparé puisqu'ils sont déjà partis en vacances ou en week-end sans nous, sauf que... "Toute séparation est une forme de deuil. Se séparer, c'est toujours perdre quelque chose, quelqu'un, mais perdre, c'est aussi gagner, gagner une vitalité, une liberté, une identité neuves. Dans tous les rites d'initiation, la perte symbolise la renaissance".

Le départ de sa fille pour une année en Angleterre est l'occasion pour Lydia Flem de s'interroger sur ce moment particulier de la vie où les enfants s'en vont. Tout petit, comme elle le dit si bien, on leur consacre tant d'heures qu'on perd l'habitude d'en avoir pour soi. Puis un premier cap est franchi lorsqu'on n'a plus besoin de courir en sortant du travail pour les récupérer ou à s'organiser pour les faire garder les soirs de réunion.  Mais reste les "Maman, tu peux m'aider à faire mon travail" et les nombreux allers retours pour les déposer chez les copains ou au sport. Jusqu'au jour où il nous faut accueillir son enfant transformé en adulte, ce qui demande infiniment de patience et de savoir faire.

Après avoir écrit "Comment j'ai vidé la maison de mes parents", Lydia Flem nous offre ce savoureux petit livre, presque un recueil de philosophie,  sur ce que devient notre vie lorsque nos enfants s'en vont. De magnifiques réflexions traversent ce livre, qui n'est pas vraiment un journal, pas vraiment une autofiction, pas un roman mais plutôt une sorte comme elle le dit si bien elle même de "non-fiction novel", un roman qui ne serait pas une fiction,  avec en exergue des citations d'"Alice au Pays des merveilles" et des extraits d'un "journal à deux voix autour d'un berceau", retrouvé dans les pages d'un album photo, phrases saisies lors des premiers jours de la vie de leur fille "heures de bonheur sans nuages, sans conflits. Cette joyeuse plénitude l'avions nous vraiment vécue ou était ce l'image d'un paradis perdu ?"

C'est une très belle réflexion sur le lien parent-enfant, qui permet de s'interroger aussi sur la façon dont nous avons nous même quitté nos parents, un texte sur la filiation : que reçoit-on de ses parents, que transmet-on à ses enfants , bien plus de choses qu'on ne pense, des façons de dépenser, de bouger, de parler, de rire, de recevoir. Un certain rapport au monde aussi, aux choses, de façon implicite.

"Nous savions désormais que se séparer, ce n'était pas se perdre. D'autres complicités pourraient naître. Pourtant défilaient devant mes yeux, insistantes, des images d'adieux".

Un très beau livre, profond et sensible.

Lire, écrire, photographier : le blog de Lydia Flem


Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Jeudi 12 novembre 4 12 /11 /Nov 00:06

"Parfois, il faut se tromper pour trouver le bon chemin"

Celui ci autant vous le dire tout de suite, je l'ai dévoré dès les premières pages, et je le reprenais dès que j'avais 5 minutes. Pourtant je m'étais tâtée pour le lire car j'avais lu une très mauvaise critique. Mais aussi une très bonne. Alors je me suis dit que j'allais tenter ce nouveau livre paru en août 2009, d'autant que j'avais beaucoup aimé "La maladie de Sachs", récit du quotidien d'un médecin généraliste et Les trois médecins, passionnante incursion dans les longues années d'études de Bruno Sachs et de ses amis.

Nous voilà cette fois ci dans le service gynécologique d'un grand hôpital, dont le patron est un médecin généraliste qui a une réputation sulfureuse. Quand l'interne Jean Atwood est envoyée dans ce service, c'est donc à reculons qu'elle s'y rend, avec plein d'a priori. Elle écoute sans guère d'empathie les plaintes des femmes venant consulter ce médecin parce que, le plus souvent, elles ne supportent plus leur pilule. Elle, ce qui l'intéresse c'est le bloc opératoire, la chirurgie. Mais dès les premières consultations,  l'interne brillante et pleine de certitudes qu'elle est , est déstabilisés par les méthodes humaines voire humanistes de ce médecin, qui sait écouter ses patientes, bien loin de l'image qu'il véhicule.

Un drôle de face à face, entre deux personnes, un médecin et un homme comme on aimerait en rencontrer plus souvent, et une interne bardée de certitudes.  Martin Winckler rend hommage aux femmes, à leurs cycles, à leurs menstruations et à leur maternité parfois contrariée. Ce n'est pas le corps qu'il ausculte mais l'âme, les états d'âme de ce sexe dit faible, en s'interrogeant sur les douleurs et les souffrances qu'elles véhiculent, dans leur vie de femme.

Martin Winckler nous fait ainsi réfléchir sur nos rapports aux autres, l'attention et l'écoute qu'on leur prête.

Et pourtant j'ai été déçue et gênée par la fin du roman. J'aurais aimé un autre dénouement et aux cinq étoiles du début ne subsistent du coup plus que trois  étoiles pour ce livre. Sorte de traité de médecine vulgarisé et passionnant, roman captivant , il s'est révélé décevant pour moi dans sa seconde partie.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Vendredi 23 octobre 5 23 /10 /Oct 00:12

"Pendant un moment, le frère et la soeur se dévisagèrent dans l'embrasure de la porte. Murdo avait l'impression que Bessie avait rétréci au cours des douze années pendant lesquelles il ne l'avait pas vue. Elle avait les épaules arrondies et se tenait légèrement voûtée, presque comme si elle venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Elle avait les cheveux entièrement gris et tous ses traits étaient devenus mous et relâchés, la peau de son visage ayant perdu son élasticité. Debout sur le seuil, sa mâchoire trembla, ses lèvres se serrèrent et ses yeux devinrent vitreux. Murdo eut honte de lui".

 

Le jour du mariage de sa fille, Murdo quitte la cérémonie, met le feu à la maison qu'il habite depuis de nombreuses années avec une compagne qu'il n'aime plus et quitte son village. Après avoir erré dans la forêt, il décide de se rendre chez sa soeur Bessie, mise au courant du drame par un courrier du pasteur du village. Il explique à Bessie que cela faisait longtemps que les choses n'allaient plus entre Margaret, sa femme, et lui, qu'il ne se sentait pas capable de rester avec elle après le départ de leur fille Flora. Il lui dit qu'il n'envisage pas d'y retourner et il lui demande donc de l'héberger quelque temps. Cela ne gêne pas Bessie, par contre cela n'a pas l'air d'emballer le couple qui vit dans la même ferme qu'elle.

 

Ce qui frappe dans ce roman c'est tout de suite la superbe écriture  qui porte ce récit de bout en bout. Sobre, majesteux, "Dominic Cooper écrit un livre magnifique sur l'errance, sur la difficulté d'être soi quand les autres ne vous connaissent pas tel que vous êtes et vous font exister à l'inverse de ce que vous voudriez vivre" .

 J'ai tout de suite eu beaucoup d'empathie et d'amitié pour Murdo, cet homme solitaire, qui décide de tout quitter pour réussir à être lui même et tenter d'être heureux. Et qui va vers une figure maternelle, sa soeur, se réfugier en espérant y trouver la force nécessaire pour essayer de renaître.

J'ai  aimé tourner les pages de ce livre, à la fois rude et tendre, âpre et sauvage comme la nature au milieu de laquelle vivent et se ressourcent ces êtres. Il est maintenant sur la PAL de Marie, mon alter ego du net, à qui j'en ai fait cadeau, en remerciement de  tous les livres qu'elle m'a offerts ou faits découvrir. En attendant de pouvoir partager avec elle cette découverte.

L'avis de Keisha

Un très beau billet sur Tournez les pages's blog

J'ai reçu et lu ce livre grâce à Obiwi.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Mardi 13 octobre 2 13 /10 /Oct 00:10

"Courir présente toute sorte d'avantages. Le premier, vous n'avez besoin de personne, aucun équipement spécialisé n'est indispensable. Inutile de vous rendre dans un lieu particulier. Du moment que vous avez des chaussures de sport aux pieds et une bonne route, vous pouvez courir tout votre content. Ce n'est pas comme le tennis. Il vous faut rejoindre un cours de tennis et avoir un partenaire. Vous pouvez certes nager seul, encore faut-il aller à la piscine".


Haruki Murakami est mon auteur fétiche ! J'adore ses romans dans lesquels il met en scène des événements magiques,  sortant de l'ordinaire, des héros solitaires et bizarres. Je lui ai même consacré un  billet rien que pour lui tant je suis fascinée par cet écrivain talentueux, à la vie peu banale. En effet, après avoir longtemps travaillé la nuit puisqu'il a tenu un bar pendant des années, en ayant une vie avec énormément de relations et de contacts sociaux, il se lève maintenant de très bonne heure pour écrire, et a une vie plutôt solitaire. Il parait qu'il a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de Littérature et ce ne dépendrait que de moi, je lui aurais décerné depuis longtemps.

Ce que je ne savais pas c'est qu'il court dix kilomètres par jour, six jours sur sept. Et qu'il a fait de cette habitude une sorte de réflexion autobiographique sur ce qui le pousse à courir, en nous faisant des confidences inédites.

Que dire de cet essai déconcertant dans lequel l'homme se livre, parle de cette addiction à la course, de lui même, de son travail d'écrivain, de sa façon de vivre. Certains passages m'ont enthousiasmée, d'autres laissée plus dubitative, et j'avoue que je préfère l'écrivain que le biographe même si j'ai été heureuse par le biais de ce livre de cerner mieux ce personnage, qui m'a si souvent envoutée par la grâce de ses brillants récits.

Je partage avec lui le plaisir de la sieste et sa réflexion à ce sujet  m'ôte les quelques scrupules que j'ai parfois à me laisser gagner par le sommeil alors que j'aurais tant de choses à faire : "Une autre façon de rester en forme est la sieste. Pour ma part, je la pratique volontiers. D'habitude j'ai sommeil tout de suite après le déjeuner, je m'allonge sur le canapé et je m'assoupis. Une demi-heure plus tard, je me réveille. Dès que j'ai ouvert les yeux, mon corps ne ressent aucun engourdissement, j'ai l'esprit clair. C'est ce qu'on appelle la "siesta" en Europe du Sud. Il se peut que j'ai pris cette habitude lorsque je vivais en Italie, mais je m'embrouille peut-être dans mes souvenirs. De toute façon, par tempérament, j'ai toujours aimé la sieste. En tout cas, dès que j'ai sommeil, je suis quelqu'un qui peut dormir profondément, n'importe où. Sans aucun doute, il s'agit là d'une habitude appréciable pour se maintenir en bonne santé."

Un livre en forme de testament aussi.  Il y parle beaucoup de la vieillesse et y évoque même sa propre mort. Même si j'ai pris  plaisir à le lire, je pense plus prudent de le réserver aux fans de l'écrivain  ou de la course à pied ! Et si vous n'avez jamais rien lu de lui, commencez plutôt par un de ses magnifiques romans.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Lundi 5 octobre 1 05 /10 /Oct 00:15








"Dans trois mois, j'épouserais son père. Nous ne lui avions pas encore expliqué que j'allais m'installer définitivement chez eux. Que je lui préparerais son petit déjeuner, que je l'emmènerais à l'école et que j'assisterais à ses spectacles de danse, comme le faisait sa mère. Ou plutôt, comme sa mère aurait dû le faire. "Tu as une bonne relation avec Emma, aimait à dire Jake. Tu seras une bien meilleure mère que mon ex-femme ne l'a jamais été." Qu'en savait-il ? D'où tenait-il cette certitude ?"

Encore un roman magnifique découvert grâce à Marie.

Jake élève seul sa petite fille Emma depuis que sa femme les a abandonnés soudainement, sans jamais donner de nouvelles. Quand il rencontre Abby, il lui demande tout de suite si elle aime les enfants.  Mais il n'a pas à s'inquiéter, sa fille et celle qui doit devenir sa future femme s'apprivoisent rapidement.

Un week-end où il est parti réconforter un copain en instance de divorce, Abby et Emma se promènent sur une plage de San Francisco, nappée d'un profond brouillard. La petite fille tient Abby par la main, main qu'elle lâche car elle cherche des coquillages. Au même moment, Abby, photographe professionnelle, est intriguée par un phoque  éventré et elle détourne son regard un instant d'Emma pour le prendre en photo. Quand elle repose son regard sur elle, la petite fille a disparu...L'horreur commence alors, la culpabilité, les questions sans réponse : noyade, enlèvement, disparition... Abby rejoue la scène 100 fois dans sa tête, repense à tout ce qui était autour de cette plage... une camionnette blanche entrevue un moment, les voitures sur la route, la mer et ses immenses vagues, et puis toujours cet épais brouillard. Elle cherche de l'aide, auprès de sa soeur, d'autres parents de disparus, auprès des policiers chargés de l'enquête mais rien n'apaise son angoisse, d'autant que Jake, rongé par la souffrance, s'éloigne d'elle.

"Combien de temps me faudra-t-il pour oublier cette journée à Océan Beach ? Combien d'années devront passer avant que le bruit des vagues ne me rappelle plus cette chose terrible que j'ai faite ? J'ai tellement essayé de me souvenir du moindre détail de cette matinée, et, pourtant, je voudrais croire qu'un jour viendra où je ne serai plus hantée par l'image d'Emma, son seau jaune à la main, s'éloignant de moi sur la plage".

Ce livre est une petite merveille. Une fois ouvert, dès les premières lignes, vous ne le lâcherez pas. Roman psychologique, roman à suspens, il est servi par une écriture magnifique, un scénario somptueux. Il est émaillé de magnifiques passages, et aborde des thèmes comme la maternité et la solidarité. Un livre aussi qui parle de  la mémoire, des souvenirs et de l'oubli. Je l'ai lu d'une traite, d'un souffle et ne peux que vous inciter à le rajouter d'urgence sur votre PAL. Toute la blogosphère est d'ailleurs unanime.

"Nous autres, nous retenons les hauts et les bas -les moments de grand bonheur, comme les événements qui nous ont fait extrêmement souffrir. Alors que le quotidien s'efface, que les visages deviennent flous et que les endroits  où nous avons vécu perdent leur forme et leurs couleurs, nous ne pouvons échapper à nos pires souvenirs".

Le billet de Marie.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Dimanche 13 septembre 7 13 /09 /Sep 00:26

Après le génial 44 Scotland Street suivi du tout aussi sublime "Edimbourg Express", je n'ai pu résister à l'achat de ce tome 3 des aventures de Pat, Matthew, Bertie, Big Lou, etc... les colocataires du fameux 44 Scotland Street. Une chronique de San Francisco revisitée à la mode écossaise et qui m'a fait passer un excellent moment.

Nous retrouvons Pat qui suit des cours d'histoire de l'art à la faculté. Dès le premier jour, elle remarque Wolf et tombe très vite sous le charme de cet étudiant, avec qui elle s'empresse d'aller déjeuner. Mais les choses se compliquent quand elle se rend compte que l'immeuble où elle vient d'emménager est aussi celui où réside Tessie, la petite amie de Wolf... Le décor est planté !

Pas une seule seconde je n'ai été déçue par cette suite, que j'ai trouvée très drôle : l'épisode de la voiture qu'on ne sait plus où on gare, du chien qu'on se fait voler... Les personnages sont savoureux, gentiment caricaturés, les histoires d'amour s'emmêlent entre A qui aime B qui est fou d'amour pour C.

J'avoue un faible pour Matthew, ce jeune garçon qui vit sur le dos de la fortune de son père, fou amoureux de Pat, et qui occupe son temps en gérant -le moins mal possible- une galerie d'art.

Bref un roman délicieux, que j'ai dévoré.  J'espère bien qu'il y aura un tome 4 et je pressens que oui : en effet, on quitte la possessive et excentrique maman de Bertie enceinte de son psychiatre...

Mon billet sur le tome 1 de la série

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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News et Incontournables

Ce blog ne regroupe que les romans
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