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Auto portrait

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Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Crée ton Blog

Lundi 30 novembre 1 30 /11 /Nov 00:03




Le dernier roman de Yoko Ogawa est une vraie réussite : elle y conjugue récit intimiste et poétique, tout en faisant la part belle à la science fiction, à travers une allégorie d'un régime totalitaire qui vous prive de tout.

Au départ, ce sont des objets sans importance qui disparaissent, comme ces rubans ou cette odeur de parfum que la mère de la narratrice, alors enfant, conserve en cachette dans un tiroir. Puis les oiseaux, symboles sans doute d’une liberté perdue, un drame que n’aura pas vu son père, ornithologue, mort avant. Et jusqu’à des propres parties de votre corps.

Impossible de se soustraire à ces disparitions successives, dans un premier temps physiques, avant qu’elles ne disparaissent de votre mémoire. Seules quelques personnes sont capables d’en garder la trace dans leurs pensées. Mais les traqueurs de souvenirs veillent et il est difficile d’échapper à la police secrète, qui procède à des arrestations sans appel.

Dans cette île où l’auteure a choisi d’exposer l’action,  l’étau se resserre donc d’autant qu’il n’est plus possible de la quitter, les ferrys ayant disparu. De même, la narratrice, romancière, doit renoncer à l’écriture le jour où les livres disparaissent. C’est compter sans l’appui de son fidèle éditeur, qui  tient aux mots plus qu’à tout et qui l’enjoint de continuer à écrire pour ne pas oublier.

Un roman très réussi, avec en filigrane une impression d’étrangeté comme le mettent si souvent et si brillamment en scène les auteurs japonais. Une ambiance particulière et  oppressante habite ces pages, qui offrent une belle métaphore des régimes totalitaires, tout au long d’un huit clos mettant en scène quelques  personnages éblouissants.


A travers ce roman particulièrement brillant se dessine un hommage à peine voilé à l’écriture et à la lecture, dernier rempart contre le totalitarisme et contre l’oubli.

C'est mon dernier gros coup de coeur.

 

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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