"L'excuse" de Julie Wolkenstein *****

Publié le par clochette

"Peu de moments dans la vie approchent la perfection autant que l'heure de l'apéritif"


L'excuse, c'est cette carte maîtresse qui vous permet de vous défausser au tarot.  C'est aussi le titre du dernier roman de Julie Wolkenstein que j'ai repéré -bien m'en a pris- mis en valeur sur la table d'une des bibliothèques que je fréquente. Un livre original, et superbement construit, qui m'a fait passer un excellent moment.

Lise,  "une vieille personne" comme elle se décrit elle même , retourne dans la maison de la première femme de son père, dont elle vient d'hériter, sur une île au large de Cape Cod. Dernière rescapée d'un groupe lié autrefois par toutes sortes de sentiments, cette maison est un lieu où elle a passé beaucoup de temps au cours de sa vie.  Dans la lettre que lui a laissée celle qu'elle appelle sa tante, elle lui précise qu'elle y trouvera les affaires de Nick, son cousin. Ces affaires se résument à des boîtes où sont rangées notamment une soixantaine de feuilles dactylographiées,  dans une chemise cartonnée intitulée "Déjà vu".

"Déjà vu" parce que Nick est persuadé que toute la vie de Lise est calquée sur celle de l'héroïne d'un roman de Henry James "Portrait de femme",  les péripéties romanesques d'une jeune "américaine de 23 ans, cultivée, originale et volontaire, qui est adoptée au début des années 1870, par ses cousins, les Touchett, richissimes banquiers implantés en Angleterre. Curieuse, éprise de liberté, elle a l'arrogance de refuser l'amour et la main d'un séduisant aristocrate briatnnique... Son cousin Ralph Touchett, amoureux d'elle lui aussi, mais à qui sa tuberculose chronique permet de justifier un goût profond pour l'observation désengagée, persuade son père mourant de léguer à Isabel la moitié de sa propre part, afin de donner à la jeune fille les moyens financiers de son indépendance morale.". Ce qu'il tente de prouver dans ce texte en revenant sur les différents moments de la vie de Lise.


Chassé croisé entre passé et présent, ce roman donne une grande place à la lecture de ce manuscrit qui retrace en quelque sorte l'histoire de la vie de Lise, du point de vue de Nick, qui tente d'y démontrer qu'il a joué dans cette affaire le rôle de de Ralph, le cousin amoureux. Mais il laisse une belle place aussi à  sa vie actuelle, où les souvenirs  du passé à l'ombre de cette famille d'adoption affleurent. Avec l'existence de nombreuses coïncidences, qui rendent ce récit passionnant et Lise dubitative.

Livre sur la mémoire, cette mémoire qui permet  de faire revivre les amis disparus et les bonheurs passés, livre sur les non dits aussi,  prodigieux excercice littéraire enfin pour cette femme professeur de littérature comparée et spécialiste d'Henry James.  Un récit extrêmement brillant, non exempt de mélancolie, et qui offre de magnifiques réflexions. Il donne envie de lire le roman de Henry James,  dont il n'est pas une pâle copie mais au contraire un brillant exercice de style. Bref, c'est une réussite totale.

La très fine critique de Nathalie Crom sur Télérama.fr

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Commenter cet article

Deux cent cinquante israélites... 04/01/2015 11:58

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liliba 04/03/2009 09:15

Clochette, tu fais donc exprès de mettre des coeurs partout et de ne lire que des bouquins qui ont l'air passionnants et qui, bien sûr, vont rallonger ma LAL !!!

Karine :) 01/03/2009 03:49

Ca donne envie de lire ce roman!!!  Mais je crois que je commencerai par le livre d'Henry James pour en profiter pleinement!

Marie 23/02/2009 14:45

Super article pour un roman qui va me plaire, j'en suis certaine ! Je n'ai pas lu Portrait de femme d'Henry James mais j'avais vu son adaptation ciné avec Nicole Kidman et John Malkovich et j'avais beaucoup aimé !

Mary 23/02/2009 12:57

Ton boillet me donne vraiment envie de découvrir ce livre ! j'en ai pris bonne note.Merci Clochette et bonne semaine !