"Mammifères" de Pierre MEROT ****

Publié le par clochette

"L'oncle a quarante ans et vit dans un studio de 30 m2". Pas d'enfant, pas de maison non plus si ce n'est la maison d'édition qu'il fréquente.

 Ce personnage haut en couleur, qui ressemble étrangement à l'auteur, dépressif, alcoolique, est un anti-héros.

Mais derrière l'homme cynique et désabusé, qui ne croit plus en rien, figure du "raté" si l'on s'en tient aux normes de notre société conformiste, se cache non une banale auto-fiction mettant en scène un homme égocentrique passant son temps à se regarder le nombril mais une critique certes acerbe mais lucide de notre société et de ses institutions : le mariage, l'éducation nationale, les maisons d'édition mais aussi les relations familiales, les femmes, la vie quoi...

Et malgré le pessimisme du propos, on se prend à rire ou du moins à sourire devant certaines descriptions qui ne manquent pas d'humour et de clairvoyance : "La salle d'attente du psychiatre est un endroit très rassurant. Il suffit d'y rester cinq minutes pour connaître un début de guérison. Une femme prostrée sur le canapé ne répond pas à votre salut amical et joyeux. Elle a les yeux cernés et les ongles rongés. Elle va visiblement très mal. Vous vous sentez en pleine forme par rapport à elle. Vous pouvez repartir. Vous n'aurez rien payé."

Si l'oncle a "raté" sa vie, il n'a pas raté ce livre qui a obtenu en 2003 le prix de Flore qui récompense une oeuvre qui "allie jeunesse, originalité et modernité".

Publié chez Flammarion, sorti en poche

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bingetnicobingo 12/05/2010 16:38



Un livre un peu brouillon sans réél fil conducteur, pourtant le sujet du livre semblait plaisant Il est difficile à lire. Je n'ai pas vraiment accroché


 



Anne-Sophie 03/10/2006 12:10

Bonjour,
je découvre ton blog avec grand plaisir et m\\\'arrête sur ce billet... J\\\'ai lu l\\\'an dernier ce roman qui a fait beaucoup de bruit à sa sortie. Contrairement à l\\\'enthousiasme général, je n\\\'ai pas réussi à rire, à pénéter dans ce livre beaucoup trop déjanté...
Au plaisir de te relire

rotko 04/07/2006 09:01


 Mammifères est un livre sarcastique et désopilant.
L'existence de l'Oncle, personnage de raté social, alcoolique permanent et chômeur occasionnel, fournit à l'auteur l'occasion de tirer à boulets rouges sur les valeurs bourgeoises établies.  Les "naufragés de la vie" ont trouvé en Pierre Mérot leur chantre fraternel et hilare.
C'est l'occasion de maximes et d'aphorismes pittoresques sur "l'escalier, premier ennemi du buveur", ou des exemples utiles de phrases de rupture - "tu trouveras bientôt quelqu'un qui t'aime", ou de conseils pratiques pour les courses de l'alcoolique - "quand tu vas acheter de l'alcool, il faut toujours acheter le maximum parce que tu bois toujours plus que ce que tu as prévu".
 
Mérot donne toute sa mesure avec l'Oncle dans l'enseignement :
Description burlesque, avec shémas, d'une journée de formation pédagogique, définition des "pré-requis", "évaluations" intermédiaires et programmation des "séquences pédagogiques". Puis c'est la vie au collège Walt Disney (sic):
Le principal inonde les nouveaux de très beaux conseils pédagogiques. Il leur rappelle les bases du métier, lequel consiste à ne pas faire de vagues.
- "Que cela soit bien clair, chers collègues, conclut le principal, l'administration ne vous soutiendra pas : sachez vous faire respecter".
Mérot dégraisse le Mammifère !
 

Valérie Pasdeloup 15/05/2006 18:36

Je n'ai pas trouvé de plaisir à lire ce roman. Le héros est trop éloigné de mes préoccupations actuelles... Merci pour ce blog.

Olivier 05/05/2006 18:13

Je n'ai encore jamais fréquenté les salles d'attentes des Psychiatres, je préfère m'aérer la tête sur mon vélo en traversant de superbes paysages, ensuite je me sens en pleine forme, et en prime je perd quelques calories (pas encore assez malgré tout!).
Bisous
et encore bravo pour tes critiques