"Il ne vous reste qu'une photo à prendre" de Laurent GRAFF ****

Publié le par clochette

images-photo-graff.jpgAlain Neigel a cessé de prendre des photos après la mort de son amie, survenue il y a plus de vingt ans.  A l'époque le numérique n'avait pas encore fait son apparition et sans doute vous souvenez vous à quel point il fallait faire attention aux nombres de photos qu'il nous restait à prendre, soit trop car nous étions pressés de faire développer la pellicule, parfois pas assez et il fallait alors faire attention aux dernières prises. Des photos, il en a pris beaucoup de M., sa compagne décédée, mais après sa mort il a préféré ranger son appareil.

Quelques années plus tard, il rencontre Clara alors qu'il fait ses courses au supermarché. Il la séduit à la caisse en essayant de la faire rire et ils deviennent amants deux jours plus tard. Ils ont en commun la passion du voyage et lorsqu'ils partent passer un week-end à Londres, Clara achète un appareil photo jetable. Il s'est promis de ne jamais reprendre de photos mais devant l'insistance de Clara, il ressort son ancien appareil à l'occasion d'un week-end prolongé à Rome.

Alors qu'ils se promènent dans la ville, un homme lui propose de les prendre en photo ensemble et il lui redonne l'appareil en disant : "Attention, il ne vous reste qu'une photo à prendre..." et en lui laissant sa carte de visite. Perplexe, le narrateur décide de recontacter cet homme qui l'entraînera dans un voyage où il lui faudra prendre une dernière photo.  Que va-t-il choisir d'immortaliser ? Et vous, que feriez vous s'il ne vous restait qu'une photo à prendre ?

C'est avec beaucoup d'émotion et de plaisir que j'ai retrouvé l'univers sensible de Laurent Graff découvert avec Le cri. Beaucoup de choses me plaisent dans ce livre : tout d'abord des phrases et des réflexions magnifiques et bouleversantes sur la mort, la perte d'un être cher, le deuil et la maladie. La mort était déjà au centre du précédent roman de Laurent Graff mais le cri poussé ici s'il est beaucoup moins bruyant que celui du précédent ouvrage -le temps a passé- est tout aussi douloureux. J'ai aussi aimé la réflexion et l'analyse quasi philosophique autour des photographies que nous prenons et le lien qu'on peut faire entre les photographies, la mort et le souvenir. Tout cela ajouté à une belle écriture. Bref, un auteur à découvrir très vite si ce n'est déjà fait.

Un grand merci à Marie -et son super site Lecture & Cie- grâce à qui j'ai lu ce roman, ce livre fut une jolie surprise à plus d'un titre.

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Claudine 17/10/2007 17:54

Moi aussi, j'ai aimé ce livre au rythme rapide et à l'univers si masculin, les hommes comme on les aime, de ceux qui savent apprécier les femmes et se moquer de leur travers. "Partir en week-end avec une femme, sans menstrues"... j'ai ri et adoré, si vrai... Du coup, je me suis permise de prêter ton bouquin à Sophie L, qui me le rend très vite. Bise et merci pour toutes ces belles lectures que tu nous proposes.

clochette 19/10/2007 20:23

Super contente de trouver ton message Claudine ! Tu as bien fait de le prêter à Sophie L., j'espère qu'elle aimera aussi !

Heri 04/10/2007 17:46

C'est un des livres qui me fais le plus envie en ce moment !!!

Hervé 03/10/2007 23:39

J'ai lu les romans de Laurent Graff et j'avais un peu déçu par le Cri. Mais ta critique de celui-ci me tente vraiment! Je pars à sa recherche chez mon bouquiniste...

Laurence 03/10/2007 20:27

J'ai commencé très fort avec "Le cri", hier j'ai fini "Les jours heureux", dans un tout autre registre, mais très agréable. dda avait fait un billet sur Biblioblog du roman dont tu parles et elle m'avait donné très envie. Je devrai donc le lire sous peu. Ton billet me conforte dans cet objectif, et je pressens que je ne serai pas déçue. :)

Marie 03/10/2007 18:32

Je suis très contente que tu aies aimé ce roman ! Et je suis tout à fait d'accord avec toi : Laurent Graff est un auteur à découvrir !BizMarie