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En deux mots...

Auto portrait

Ce que j'aime par dessus tout : mes enfants, mon travail, la littérature, danser le rock et le madison, buller dans mon appart, aller à un cours de step

Ce que je n'aime pas : devoir prendre l'avion, croiser un chat, être en panne (de voiture, d'ordinateur...)

Ce qui me rend agressive : être dérangée au téléphone par des gens qui veulent me vendre une cuisine, une assurance vie, un nouveau forfait téléphonique...

J'aime les gens : chaleureux, qui me font rire, qui me protègent, qui ne se prennent pas au sérieux, les gens tendres et gentils, spontanés


Ce qui m'épate : la technique (le téléphone qui sonne, la lumière qui s'allume...)

Ce qui me déconcerte : la nature humaine
  

Au fil du temps

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Crée ton Blog

Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 00:22

Lire une nouvelle de Maupassant, c'est comme se plonger sous sa couette, on est bien, au chaud, sûre de ne pas être déçue et on ronronne en savourant chaque ligne.  Phénomène d'autant plus appréciable qu'en temps normal, je ne suis pas fan des nouvelles mais celles de Maupassant j'adore !

Au ministère de la Marine, les employés sont tous zélés, surtout au moment de l'avancement. Parmi eux Cachelin, veuf ayant le secret espoir de marier sa fille à un de ses collègues, auquel il voue une admiration sans borne. Et cela lui semble d'autant plus réalisable que sa fille est en passe de devenir riche car elle est l'unique héritière de sa tante. "La chose était connue dans l'administration et les prétendants ne manquaient pas." Ayant eu la faveur d'un avancement grâce à Lesable, il s'empresse de l'inviter à dîner pour le remercier et surtout pour le présenter à sa fille. L'affaire est rondement menée et les deux tourtereaux convolent bientôt en juste noce... Mais lorsque la vieille tante meurt, ils apprennent avec stupéfaction qu'elle a rajouté une clause à son testament : il faut que le jeune couple ait un enfant pour pouvoir prétendre toucher l'héritage, faute de quoi au bout de trois ans l'argent devra être versé à des oeuvres. Or, malgré leurs ébats, les deux jeunes mariés n'ont toujours pas d'enfant...

Du Maupassant pur jus : des fonctionnaires mesquins et méchants, une ambiance de bureau où chacun se gausse du malheur des autres, la cupidité des êtres humains face à l'argent, le triomphe du vice et de la malhonnêteté. Et pourtant quel réalisme dans ces portraits d'hommes et de femmes !

J'ai d'autant plus apprécié cette nouvelle qu'elle n'était pas perdue au milieu de plein d'autres dans un recueil mais au contraire mise en valeur dans un seul livre, un livre du format de votre sac à main, et que j'ai donc glissé dans le mien. Avec en prime une  magnifique première de couverture, à la fois sobre et recherchée.   "A s'offrir en partage" est  une toute jeune collection qui propose de mettre en valeur de superbes récits, et qui a déjà plus d'une dizaine de titres à son catalogue. Je vous recommande bien évidemment de commencer par celui ci, préfacé par Pierre Assouline.

Pour en savoir plus sur cette jeune maison d'édition belge, c'est ici.


"Plus que des classiques, la collection À s’offrir en partage publiée par la maison d’édition André Versaille permet de découvrir ou redécouvrir les œuvres que l’on a aimées, présentées par de grands auteurs, à tout petit prix. Une façon de partager son émotion de lecture en offrant un cadeau à ses proches ! "

Par clochette - Publié dans : Littérature Française
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Vendredi 23 octobre 5 23 /10 /Oct 00:12

"Pendant un moment, le frère et la soeur se dévisagèrent dans l'embrasure de la porte. Murdo avait l'impression que Bessie avait rétréci au cours des douze années pendant lesquelles il ne l'avait pas vue. Elle avait les épaules arrondies et se tenait légèrement voûtée, presque comme si elle venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Elle avait les cheveux entièrement gris et tous ses traits étaient devenus mous et relâchés, la peau de son visage ayant perdu son élasticité. Debout sur le seuil, sa mâchoire trembla, ses lèvres se serrèrent et ses yeux devinrent vitreux. Murdo eut honte de lui".

 

Le jour du mariage de sa fille, Murdo quitte la cérémonie, met le feu à la maison qu'il habite depuis de nombreuses années avec une compagne qu'il n'aime plus et quitte son village. Après avoir erré dans la forêt, il décide de se rendre chez sa soeur Bessie, mise au courant du drame par un courrier du pasteur du village. Il explique à Bessie que cela faisait longtemps que les choses n'allaient plus entre Margaret, sa femme, et lui, qu'il ne se sentait pas capable de rester avec elle après le départ de leur fille Flora. Il lui dit qu'il n'envisage pas d'y retourner et il lui demande donc de l'héberger quelque temps. Cela ne gêne pas Bessie, par contre cela n'a pas l'air d'emballer le couple qui vit dans la même ferme qu'elle.

 

Ce qui frappe dans ce roman c'est tout de suite la superbe écriture  qui porte ce récit de bout en bout. Sobre, majesteux, "Dominic Cooper écrit un livre magnifique sur l'errance, sur la difficulté d'être soi quand les autres ne vous connaissent pas tel que vous êtes et vous font exister à l'inverse de ce que vous voudriez vivre" .

 J'ai tout de suite eu beaucoup d'empathie et d'amitié pour Murdo, cet homme solitaire, qui décide de tout quitter pour réussir à être lui même et tenter d'être heureux. Et qui va vers une figure maternelle, sa soeur, se réfugier en espérant y trouver la force nécessaire pour essayer de renaître.

J'ai  aimé tourner les pages de ce livre, à la fois rude et tendre, âpre et sauvage comme la nature au milieu de laquelle vivent et se ressourcent ces êtres. Il est maintenant sur la PAL de Marie, mon alter ego du net, à qui j'en ai fait cadeau, en remerciement de  tous les livres qu'elle m'a offerts ou faits découvrir. En attendant de pouvoir partager avec elle cette découverte.

L'avis de Keisha

Un très beau billet sur Tournez les pages's blog

J'ai reçu et lu ce livre grâce à Obiwi.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Mardi 20 octobre 2 20 /10 /Oct 00:30

"Nous informons notre aimable clientèle que le magasin ferme ses portes dans quinze minutes. Merci de vous diriger vers les caisses. Nous vous souhaitons une agréable soirée"


Comme tout le monde, j'avais entendu parler de ce livre qui avait fait beaucoup de bruit à sa sortie ... Donc quand je l'ai vu à la bibliothèque, je l'ai emprunté, pensant le feuilleter rapidement, en tombant sur un livre banal. Et je me suis retrouvée face à une analyse quasi sociologique et ma foi très pertinente du comportement humain.

Quoi de mieux qu'un boulot de caissière pour analyser la nature humaine et les comportements étranges et souvent irrespecteux des gens ? J'avoue bien platement et très humblement que je me suis souvent reconnue dans le portrait (à charge !) qui est fait des clients et qu'après avoir lu ce livre, je crois que je ne ferai plus jamais les courses de la même façon !

Pas franchement étonnant que les employées soient ravies de se retrouver aux caisses "moins de dix articles", beaucoup moins fatigantes, même s'il leur faut batailler avec un nombre impressionnant de clients qui essaient de resquiller en en passant 1, 2 voire 3 de plus ; ou en passant 20 articles en deux fois !  Sans compter ceux qui mettent leur caddie devant une caisse et repartent tranquillement chercher d'autres articles, en vous repassant devant sans avoir fait véritablement la queue. Tout ceci  sans aucun scrupule. Eh oui le Français moyen est réputé pour être indiscipliné et volontiers grossier. C'est chacun pour sa pomme et le self control et la bonne éducation anglaise ne sont pas de mise dans l'hexagone !

Ajoutez à cela le mépris dont les caissières sont parfois victimes (client au téléphone portable sans même un regard ou un bonjour), ou des parents disant à leurs enfants "Tu vois, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu finiras caissière comme la dame". Sauf qu'au 21ème siècle, on peut très bien travailler à l'école et se retrouver caissière ou l'être le temps de ses études. Ainsi, pendant huit ans, Anna, 28 ans, titulaire d'un diplôme universitaire, a officié dans un hyper où elle a découvert sur ses fameux tapis de caisse des objets dont elle ne soupçonnait pas l'existence. Mais aussi un emploi de temps de 30 heures à trou, permettant difficilement de finir ses fins de mois, et encore plus difficilement de trouver un travail en complément quand on fait 9-12 puis 16-20h dans la même journée.


Ceci étant dit, travailler à la chaîne ce n'est pas mieux et au moins on voit du monde : les clients qui font systématiquement l'ouverture et tapent du pied 20 mn avant l'heure, ceux qui font systématiquement la fermeture et même au delà, ceux qui achètent des produits gênants : capotes (ah bon ça gêne encore quelqu'un ?), dvd porno ou serviettes hygiéniques, ceux qui essaient de voler quelques produits, en simulant une dispute en passant devant la caissière pour tromper sa vigilance, les spécialistes des bonnes affaires... Et puis bien sûr ceux qui vous draguent... Et toujours ces mêmes mots prononcés : "bonjour", "vous avez  la carte de fidélité ?", "vous payez en carte bleue ?", et puis remettre le ticket en attendant qu'au moins trois tonnes de papiers avec des promotions bidons ne sortent avec,  sourire et souhaiter une bonne journée. Sans compter qu'il n'est pas exclu que vous portiez un bonnet de père Noël le 24 décembre.

Bref j'ai trouvé ce livre bien séduisant, pertinent et j'ai pris plaisir à le lire. Ceci étant dit, dans quelques années, les caissières ne seront plus qu'un lointain souvenir, nous ferons tous nos courses par internet et les clients se transformeront en internautes anonymes. Pour l'instant, certains passent déjà aux caisses automatiques pendant que d'autres utilisent un appareil leur permettant de scanner leurs produits eux-mêmes. Voilà de quoi résoudre les problèmes existentiels mais bien réels de ces employées.

Quant à moi je vais faire mes courses en semaine pour éviter la foule, je choisis scrupuleusement ma caisse dans le supermarché où je vais depuis 10 ans, évitant les caissières que je trouve franchement antipathiques (eh oui il y en a aussi !) et puis, quand j'ai un peu de temps et beaucoup de choses dans mon caddie, je laisse passer les gens qui ont trois fois rien devant moi. Vous ne pouvez pas savoir comme cela met du baume au coeur, ces gens qui vous regardaient à peine et parfois de haut se mettent alors à vous remercier chaleureusement, ayant du mal à croire qu'il existe encore des gens aussi sympathiques sur terre !  Et cela fait du bien de distribuer si facilement un peu de bonheur, et d'en recevoir en retour !

Le billet de Liliba, qui a été beaucoup moins séduite que moi !

Par clochette - Publié dans : J'ai bien rigolé !
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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 01:00

Jean-Philippe Blondel, je le connaissais surtout pour ses romans adultes et son si émouvant Passage du gué. Jusqu'à ce que je découvre une publication dans une édition jeunesse, un petit livre lu très vite dans lequel je me suis glissée avec bonheur et où j'ai retrouvé la sensibilité de cet auteur.

Le narrateur fait du basket, et vit avec sa mère, qui passe son temps à critiquer son père, parti alors qu'il n'était même pas né. Son seul grand copain est Christian, dont le père est "plein de fric" et la mère limite dépressive. Une vie en quelque sorte banale jusqu'au jour où Christian ne revient pas au lycée.

Alors notre narrateur s'interroge. Que faire et qu'est devenu son copain ?

Un petit livre qui devrait plaire aux adolescents, où ils  devraient se retrouver. Il aborde avec pudeur et sensibilité les drames de la vie de tous les jours, et les secrets qu'on veut cacher ou qu'on ne s'avoue pas. Un beau portrait de la famille et des indispensables amis. Bref, un livre à rajouter à la liste des romans que je vais prochainement commander pour le lycée.

Si vous voulez en savoir plus sur Jean-Philippe Blondel, c'est ici.

Par clochette - Publié dans : Jeunesse 13 ans et plus
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Mardi 13 octobre 2 13 /10 /Oct 00:10

"Courir présente toute sorte d'avantages. Le premier, vous n'avez besoin de personne, aucun équipement spécialisé n'est indispensable. Inutile de vous rendre dans un lieu particulier. Du moment que vous avez des chaussures de sport aux pieds et une bonne route, vous pouvez courir tout votre content. Ce n'est pas comme le tennis. Il vous faut rejoindre un cours de tennis et avoir un partenaire. Vous pouvez certes nager seul, encore faut-il aller à la piscine".


Haruki Murakami est mon auteur fétiche ! J'adore ses romans dans lesquels il met en scène des événements magiques,  sortant de l'ordinaire, des héros solitaires et bizarres. Je lui ai même consacré un  billet rien que pour lui tant je suis fascinée par cet écrivain talentueux, à la vie peu banale. En effet, après avoir longtemps travaillé la nuit puisqu'il a tenu un bar pendant des années, en ayant une vie avec énormément de relations et de contacts sociaux, il se lève maintenant de très bonne heure pour écrire, et a une vie plutôt solitaire. Il parait qu'il a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de Littérature et ce ne dépendrait que de moi, je lui aurais décerné depuis longtemps.

Ce que je ne savais pas c'est qu'il court dix kilomètres par jour, six jours sur sept. Et qu'il a fait de cette habitude une sorte de réflexion autobiographique sur ce qui le pousse à courir, en nous faisant des confidences inédites.

Que dire de cet essai déconcertant dans lequel l'homme se livre, parle de cette addiction à la course, de lui même, de son travail d'écrivain, de sa façon de vivre. Certains passages m'ont enthousiasmée, d'autres laissée plus dubitative, et j'avoue que je préfère l'écrivain que le biographe même si j'ai été heureuse par le biais de ce livre de cerner mieux ce personnage, qui m'a si souvent envoutée par la grâce de ses brillants récits.

Je partage avec lui le plaisir de la sieste et sa réflexion à ce sujet  m'ôte les quelques scrupules que j'ai parfois à me laisser gagner par le sommeil alors que j'aurais tant de choses à faire : "Une autre façon de rester en forme est la sieste. Pour ma part, je la pratique volontiers. D'habitude j'ai sommeil tout de suite après le déjeuner, je m'allonge sur le canapé et je m'assoupis. Une demi-heure plus tard, je me réveille. Dès que j'ai ouvert les yeux, mon corps ne ressent aucun engourdissement, j'ai l'esprit clair. C'est ce qu'on appelle la "siesta" en Europe du Sud. Il se peut que j'ai pris cette habitude lorsque je vivais en Italie, mais je m'embrouille peut-être dans mes souvenirs. De toute façon, par tempérament, j'ai toujours aimé la sieste. En tout cas, dès que j'ai sommeil, je suis quelqu'un qui peut dormir profondément, n'importe où. Sans aucun doute, il s'agit là d'une habitude appréciable pour se maintenir en bonne santé."

Un livre en forme de testament aussi.  Il y parle beaucoup de la vieillesse et y évoque même sa propre mort. Même si j'ai pris  plaisir à le lire, je pense plus prudent de le réserver aux fans de l'écrivain  ou de la course à pied ! Et si vous n'avez jamais rien lu de lui, commencez plutôt par un de ses magnifiques romans.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Samedi 10 octobre 6 10 /10 /Oct 09:30

Quelle bonne surprise que ce roman jeunesse proposé par Anne lors de notre dernier comité et qui m'a fait passer un excellent moment.

Nous sommes tout de suite embarqués dans la vie d'une famille pas comme les autres : le père est un original qui n'épargne pas les autres membres de sa famille, obligés de le suivre dans ses délires, à commencer par son fils, le narrateur de ce génial récit,  et sa soeur jumelle, moche et grincheuse, la mère étant la seule personne à peu près normale de cette famille néanmoins sympathique.

Renvoyé de son travail, le père végète de petit boulot en petit boulot jusqu'à ce qu'un de ses collègues lui refile un tuyau génial : émigrer vers un nouveau pays que personne ne connait. Comment ne pas résister à cette solution miracle qui va sortir la famille de la panade, et lui permettre de se retrouver dans une île quasi paradisiaque, sans habitant, pour y créer avec d'autres migrants une société nouvelle, égalitaire et écologique.

Pour cela encore faut-il réussir l'examen de passage auprès des employés de l'ambassade de ce futur pays. Non sans mal la famille réussit finalement à être sélectionnée et se retrouve donc embarquée ou plutôt débarquée sur ce lieu riche de promesses : "Toutes nos félicitations. Vous et votre famille avez été choisis pour être citoyen de ce pays. Pangée est un endroit nouveau, jamais exploité, qui n'a connu aucun épisode honteux  ni aucune guerre dans le passé, de sorte que notre histoire commence précisément aujourd'hui, avec vous et votre famille, vous les fondateurs". Au cours  de la fête de bienvenue, on leur visionne un documentaire sur le président de cet état  soit disant miracle don Augusto Barnaby, dont le rêve est de réaliser un pays parfait. Ça sent l'arnaque à plein nez mais c'est drôle et on les suit bien volontiers dans leur rocambolesque équipée.

Ici point de problème de logement, on leur octroie en effet dès leur arrivée une maison  ainsi qu'une invitation dès le premier soir à un dîner de luxe. Trop beau pour être vrai. Effectivement....

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture. C'est vif, alerte, enlevé, original, bien écrit, bref j'ai passé un très bon moment. Humour garanti, derrière lequel se cache bien sûr une critique acerbe des fausses valeurs refuges et des solutions miracle.

Par clochette - Publié dans : Jeunesse 13 ans et plus
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Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 00:09

Lors de la dernière rencontre de notre club lecture, Françoise nous a fait une petite sélection "pas prise de tête" comme elle l'a annoncé elle-même, avec des livres ayant tous comme point commun de se lire d'une traite. C'est donc avec celui ci que je suis repartie dans ma besace, et à la fin du week-end, je l'avais déjà fini après m'être vraiment régalée.

Comme le titre l'indique, cette histoire met en scène un maître et son chien. Mais pas n'importe quel maître et surtout pas n'importe quel chien. Bernie est un ancien flic à la vie médiocre. Il est divorcé, voit son fils Charlie un week end sur deux, et se débat avec des problèmes d'argent. Il tient une agence spécialisée dans la recherche de personnes disparues. Chet est son fidèle clébard, et le génial narrateur de cette histoire.

Cynthia Chambliss les contacte car sa fille Madison a disparu. Mais fausse alerte, Madison réapparait rapidement pour finalement se volatiliser à nouveau de façon beaucoup plus inquiétante quelques temps plus tard. Voilà donc nos deux héros partis à sa recherche...

Tout le charme de ce récit vient de la narration de ce chien et on rentre de plein fouet dans cette histoire qui rend un bel hommage à la race canine et en fait  une description à la fois décoiffante et criante de vérité. Jugez plutôt : "Je me suis lancé à la poursuite de la balle qui rebondissait au milieu de la route : au vu et au su de tous. J'ai pris de l'élan sur mes pattes arrière, et j'ai sauté. Je me suis pratiquement envolé, et j'ai piégé la balle au rebond. Je l'ai prise au dépourvu, comme j'aime. Là, j'ai freiné, dérapage contrôlé avant de repartir à fond de train, tête baissée, oreilles aplaties du fait de ma vitesse hallucinante. J'ai laissé tomber la balle aux pieds de Bernie en freinant au tout dernier moment. Si vous connaissez une activité plus marrante que ça, n'hésitez pas à m'en parler".

 

Ce livre m'a presque donné envie d'avoir un chien, et pour ceux qui me connaissent, c'est dire si c'est un exploit. Il paraît qu'il fait un tabac aux États-Unis, ce qui ne m'étonne pas. Il m'a fait passer un super bon moment et j'incite tout le monde à le lire, y compris les faibles lecteurs car il est d'un abord facile, à la fois simple et prenant, détendant, et malgré tout consistant, bref tout simplement excellent. 

Par clochette - Publié dans : Polar
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Lundi 5 octobre 1 05 /10 /Oct 00:15








"Dans trois mois, j'épouserais son père. Nous ne lui avions pas encore expliqué que j'allais m'installer définitivement chez eux. Que je lui préparerais son petit déjeuner, que je l'emmènerais à l'école et que j'assisterais à ses spectacles de danse, comme le faisait sa mère. Ou plutôt, comme sa mère aurait dû le faire. "Tu as une bonne relation avec Emma, aimait à dire Jake. Tu seras une bien meilleure mère que mon ex-femme ne l'a jamais été." Qu'en savait-il ? D'où tenait-il cette certitude ?"

Encore un roman magnifique découvert grâce à Marie.

Jake élève seul sa petite fille Emma depuis que sa femme les a abandonnés soudainement, sans jamais donner de nouvelles. Quand il rencontre Abby, il lui demande tout de suite si elle aime les enfants.  Mais il n'a pas à s'inquiéter, sa fille et celle qui doit devenir sa future femme s'apprivoisent rapidement.

Un week-end où il est parti réconforter un copain en instance de divorce, Abby et Emma se promènent sur une plage de San Francisco, nappée d'un profond brouillard. La petite fille tient Abby par la main, main qu'elle lâche car elle cherche des coquillages. Au même moment, Abby, photographe professionnelle, est intriguée par un phoque  éventré et elle détourne son regard un instant d'Emma pour le prendre en photo. Quand elle repose son regard sur elle, la petite fille a disparu...L'horreur commence alors, la culpabilité, les questions sans réponse : noyade, enlèvement, disparition... Abby rejoue la scène 100 fois dans sa tête, repense à tout ce qui était autour de cette plage... une camionnette blanche entrevue un moment, les voitures sur la route, la mer et ses immenses vagues, et puis toujours cet épais brouillard. Elle cherche de l'aide, auprès de sa soeur, d'autres parents de disparus, auprès des policiers chargés de l'enquête mais rien n'apaise son angoisse, d'autant que Jake, rongé par la souffrance, s'éloigne d'elle.

"Combien de temps me faudra-t-il pour oublier cette journée à Océan Beach ? Combien d'années devront passer avant que le bruit des vagues ne me rappelle plus cette chose terrible que j'ai faite ? J'ai tellement essayé de me souvenir du moindre détail de cette matinée, et, pourtant, je voudrais croire qu'un jour viendra où je ne serai plus hantée par l'image d'Emma, son seau jaune à la main, s'éloignant de moi sur la plage".

Ce livre est une petite merveille. Une fois ouvert, dès les premières lignes, vous ne le lâcherez pas. Roman psychologique, roman à suspens, il est servi par une écriture magnifique, un scénario somptueux. Il est émaillé de magnifiques passages, et aborde des thèmes comme la maternité et la solidarité. Un livre aussi qui parle de  la mémoire, des souvenirs et de l'oubli. Je l'ai lu d'une traite, d'un souffle et ne peux que vous inciter à le rajouter d'urgence sur votre PAL. Toute la blogosphère est d'ailleurs unanime.

"Nous autres, nous retenons les hauts et les bas -les moments de grand bonheur, comme les événements qui nous ont fait extrêmement souffrir. Alors que le quotidien s'efface, que les visages deviennent flous et que les endroits  où nous avons vécu perdent leur forme et leurs couleurs, nous ne pouvons échapper à nos pires souvenirs".

Le billet de Marie.

Par clochette - Publié dans : Rentrée littéraire 2009
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Samedi 3 octobre 6 03 /10 /Oct 15:10

La lecture rend heureux, preuve en est cette photo à l'occasion des dix ans de la bibliothèque que je fréquente pour mon travail depuis bientôt 4 ans, mais aussi parce que j'aime ces lieux de lecture et celui ci plus particulièrement. J'y croise des bibliothécaires toutes plus charmantes les unes que les autres,  compétentes et passionnées par leur métier, et deux hommes : le sympathique directeur et le précieux spécialiste de l'informatique.

Et depuis deux ans j'ai rejoint le club lecture qui avait ce matin une séance "spécial 10 ans", au cours de laquelle chacun et chacune d'entre nous a pu présenter son coup de coeur de la décennie.

La gazette spécial 10 ans.

La gazette de notre séance de septembre 2009, des retrouvailles après la pause estivale placées bien évidemment sous le signe de la lecture.

Par clochette - Publié dans : La lecture et moi
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Jeudi 1 octobre 4 01 /10 /Oct 00:04


"Nous sommes génétiquement enclins aux accidents, l'accident de la circulation et l'explosion étant les plus fréquents"

Cette histoire débute le jour de la conception de Ruby Lennox, dans le lit conjugal de ses parents. L'héroïne s'adresse à nous du ventre de sa mère, alors que personne ne sait qu'elle a été conçue ! Elle assiste ainsi aux premières nausées dûes à sa grossesse.

 Née en 1952, c'est un des premiers bébés qui voit le jour sous le règne de la nouvelle reine. Début pour le moins original et qui nous plonge d'emblée dans une ambiance un brin sordide- ce n'est pas une enfance de princesse que l'héroïne va vivre- loin s'en faut. Voilà donc un livre féroce et cruel, qui démarre tambour battant et dont l'originalité est bien sûr cette petite voix du ventre de sa mère.

Une fois quittée le corps maternel, elle ne peut plus connaître les pensées de sa mère ni ses rêves. Et voilà qu'elle nous raconte l'histoire de ses parents : sa mère Bunty, déçue par le mariage et confrontée aux misères de la vie domestique, et de son père Georges, qui a 10 ans de plus. Ils tiennent une boutique d'animaux et ils habitent avec leurs enfants au dessus : Gillian, sa soeur de 3 ans son aînée, qui mourra d'un accident de la route, et Patricia son autre soeur.

Mais elle remonte aussi à ses ancêtres, et à la vie de sa grand mère, ce qui nous permet de revenir sur la totalité du 20ème siècle, et notamment la guerre 1914-1918, avec les hommes partis au front.

Un style alerte et décapant, l'originalité du récit tient en grande partie à sa forme et à ce point de vue particulier qui nous permet de suivre la vie de cette famille sous l'oeil perfide de la benjamine.

Par clochette - Publié dans : Littérature Etrangère
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